Carnets 13 – La Nouvelle-Calédonie – West Coast

Nous sommes donc en train de traverser la Grande Terre par le nord en compagnie de nos sauveurs. La route est montagneuse et plutôt jolie bien que très aride à mesure que l’on s’approche de l’ouest. En chemin, nous avons tenté de réserver le camping de Poingam, mais il était plein et nous nous sommes rabattus sur un camping au doux nom de « Bora Bora » situé à Poum, peu avant Poingam. On y débarque en plein après-midi. 

Un rapide tour des lieux nous permet de constater qu’ici, il n’y a rien. Du sable, de la mer et une route, le reste est absolument désert. Un camping proche du nôtre est le seul signe de civilisation à des kilomètres à la ronde. Nous comptions aviser sur place pour savoir quand repartir, ce sera rapide. Nous avons en plus la malchance d’avoir un voisin de camping particulièrement pénible qui me semble être présent dans mon voyage uniquement pour me rappeler que ceux-ci n’ouvrent pas toujours l’esprit : grand voyageur plutôt âgé ayant visité la planète entière, sans cesse en train de s’en vanter ou de fourrer son nez dans nos affaires – « elle est pas bonne la ratatouille là hein ?« , bref … Pour éviter de le découper en morceaux au centième pays de son palmarès qu’il mentionne sans raison, je file me reposer sur la plage. Olivier et moi sommes d’accord pour décamper d’ici le plus vite possible et on envisage de replier la tente d’ores et déjà.

Nous en parlons à notre voisin préféré (avec l’espoir inconscient qu’il y perçoive un message ?). Puis nous sommes rejoints par le propriétaire du camping qui nous informe que le bus pour Koumac du lendemain matin passe pile devant le camping. Hum, entre tenter de faire du stop dans le no man’s land en plein cagnard et Mr Casse-Pieds, je préfère encore Mr Casse-Pieds. Cela me fera travailler ma tolérance …
On passe une après-midi tranquille au bord de la mer, je fais quelques longueurs dans l’eau turquoise. La petite péripétie ensuite est que j’ai chopé une écharde dans le pied, il fait presque nuit et Olivier arrive à me la dégager à la lumière de la frontale, c’est le meilleur !

La nuit tombée, la lune fait son apparition. Le plan de la soirée est de se cuisiner un plat de camping et de boire de l’eau désinfectée au moyen de pastilles car l’eau n’est pas potable ici, probablement avec quelques commentaires de Mr Casse-Pieds. Olivier suggère d’aller faire un tour du camping d’à côté, où il a « vu de la lumière » : ce n’est pas une blague, on voit des guirlandes lumineuses depuis la plage et cela a l’air sympa – bon, on a aussi aperçu que le camping faisait peut-être chambre d’hôte, mais notre vraie raison d’y aller aura été la lumière (ou peut-être inconsciemment que cela ne pouvait pas être pire qu’ici). Je pars dans un fou rire principalement dû au fait qu’ici, il n’y a rien ! Rien du tout, alors on peut bien faire un tour au camping d’à côté. Quand nous pensions qu’il n’y avait rien à Rangiroa alors qu’il y avait une demi-douzaine de snacks près de notre logement ! Bref, sur le moment j’ai trouvé cela très drôle et suis partie dans un fou rire irrésistible.

C’est donc parti pour le fameux camping d’à côté, le Kejaon, non sans intervention de Mr Casse-Pieds :  » ah ouais c’est cher là bas et il faut réserver blabla« . Nous débarquons et sommes tout heureux : c’est effectivement une table d’hôtes où la maîtresse de maison, vietnamienne il me semble, s’affaire aux fourneaux, on nous rajoute un couvert. On ne sait pas trop ce que l’on va manger mais cela a l’air bien bon et elle a bien compris que je souhaite plutôt des légumes et du riz. Son conjoint nous sert des bières fraîches qui nous semblent d’autant plus délicieuses qu’à la base nous devions nous contenter d’eau non potable désinfectée au goût de piscine, et je ne vous parle même pas de l’inespérée connexion wifi. Mr Casse-Pieds est vite oublié !
Le repas est délicieux, du riz, deux plats de légumes (enfin!!) cuisinés avec une touche asiatique, et des pancakes à la farine de riz même si je les soupçonne de contenir des oeufs. Nous avons même le droit à un dessert, un porridge au thé vert, lait de coco et perles du Japon, vraiment parfait.

A l’addition, il y a un petit souci : je peux régler le repas, mais réalise que cela va être juste pour payer le bus pour deux pour Koumac. Je n’avais pas fait trop attention au prix, et ils ne prennent pas la carte… je demande à tout hasard s’ils connaissent le prix du bus mais suis mortellement gênée à l’idée que c’est l’adresse en Calédonie où nous aurons été le plus chaleureusement accueillis (avec Martial bien sûr), de plus nous avions promis de passer prendre le petit-déjeuner le lendemain. Le couple nous rassure et nous fait payer un total un peu différent de ce que j’étais censée payer – je suis encore plus gênée … –, en nous proposant de passer prendre le café le lendemain, ce que nous acceptons de bon coeur. Je me promets de leur laisser un super avis sur Tripadvisor et nous rentrons au camping tout contents de notre soirée malgré le petit incident final.

La nuit qui s’ensuit restera gravée dans ma mémoire, je me lève au milieu de la nuit pour aller regarder les étoiles sur la plage. Je suis à la pointe Nord de la Calédonie, au bout du monde, et vis un très beau moment seule sous la voûte céleste en réfléchissant à mon voyage et à ma vie.

Le lendemain, nous retrouvons nos hôtes de la veille non sans les remercier, et destination Koumac. Nous levons le pouce mais finirons par attraper le bus, pour arriver à Koumac en début d’après-midi, et pique-niquer en étudiant ce que nous pourrions faire sur place.  Réponse : plein de choses, mais toutes impliquent de faire du stop (et de probablement galérer car nous sommes dimanche et il n’y a pas un chat dans la ville). On se démotive un peu et choisit de rentrer à Nouméa.

Le trajet est plutôt surprenant, la côte ouest est sèche et déserte, avec plusieurs troupeaux qui se promènent – je comprends pourquoi Elsa qui nous a pris en stop entre Bourail et Poindimié parlait du Texas -, tandis que de l’autre côté de la route, ce sont d’impressionnantes montagnes qui défilent pendant 5h30 sans s’arrêter ! Nous arrivons à l’auberge de jeunesse de Nouméa où a commencé notre aventure calédonienne : il est temps de se reposer un peu.

Après une journée à ne rien faire, on examine un peu les possibilités pour s’évader de Nouméa mais on a un peu trop de contraintes entre un rendez-vous tatouage pour Olivier et une nuit au Méridien que je nous ai offerte avec mes Miles Air France (une pensée pour mon ancien job qui m’a permis de les acquérir !) Finalement nous choisissons de rester sur la capitale et choisissons de visiter le centre culturel Tjibaou, sur les cultures de Mélanésie et du Pacifique. Je suis fascinée par les kanaks et ai très envie d’en apprendre plus sur eux. En chemin vers le bus, nous sommes guidés par un kanak qui nous fait la conversation, il n’est pas très à l’aise avec nous et s’excuse toutes les 2 minutes. Nous lui expliquons que nous avons fait le tour de la Grande Terre et avons vu Hienghène, et là, c’est un autre homme. Son visage s’éclaire entièrement et il nous demande avec un large sourire : « Hyehen ? Vous êtes allés à Hyehen ? vous avez vu la poule ? » C’est donc vrai que cet endroit est spécial dans le coeur des locaux !

Le centre culturel est fascinant : il est construit comme un village kanak avec ses cases et son jardin, lesdites cases étant inachevées pour montrer que la culture du Pacifique est toujours en devenir. Au début, je suis un peu déroutée car je voulais apprendre l’histoire de Calédonie, comment sont arrivés ses habitants … mais il n’y a pas vraiment de logique dans le musée, les cases traitent de sujets complètement différents. 

Je prends les choses comme elles viennent et c’est parti pour : l’histoire de Jean Marie Tjibaou, figure du nationalisme kanak, art contemporain ou traditionnel de Mélanésie, un topo sur la révolte kanak de 1917, qui me met particulièrement mal à l’aise (colons de Métropole enrôlant des Tahitiens et Kanaks pour endiguer la révolute …), me permet néanmoins de mieux connaître l’histoire du caillou, colonisé par les Français pendant une centaine d’années, et d’admirer le courage des rebelles.

Le musée se poursuit par « le chemin kanak » : dans le grand jardin qui entoure le bâtiment, nous suivons un itinéraire abordant la spiritualité kanak, ses mythes fondateurs, et ses liens avec les autres cultures du Pacifique (maoris, aborigènes …), les principales plantes du caillou et leur importance, les arbres, la nourriture … pour se terminer avec un village kanak reconstitué. Je suis enchantée et trouve (avec le peu de références que j’ai) qu’il n’y avait finalement pas meilleure manière de présenter cette culture que de l’aborder par son ancrage à la terre, comme elle me l’a été présentée en tribu.

Cette après-midi se termine avec un restaurant local sur lequel nous tombons complètement par hasard et où je peux à nouveau déguster de la bonne cuisine calédonienne, igname, coco … puis c’est soirée ciné (oui on est un peu en manque d’idées d’activités à Nouméa). Le lendemain, je file au Méridien tandis qu’Olivier passe sous les aiguilles, et nous fêtons le tatouage avec des bières et la vue sur les jardins de l’hôtel, dont de splendides pins colonnaires

La journée suivante, dernière d’Olivier dans le Pacifique, sera sous le signe de la piscine et d’un ciel bleu sans nuage. 

Lorsque nous rentrons du Méridien, nous tombons sur un festival où la Polynésie est à l’honneur : danses, ukulélés, nourriture … nous sommes tout heureux et en profitons pour acheter du poé, dessert à base de fruits cuits imprégnés de lait de coco que je n’avais pas eu l’occasion de tester là-bas.

Je dis au revoir à mon compagnon de voyage et passe une dernière journée tranquille avant de me diriger vers ma dernière soirée calédonienne : Romain, rencontré au Burning Man, m’invite à une soirée « guitare musique barbec » chez son frangin. Moi qui étais un peu triste d’avoir fini mon voyage avec Olivier, la soirée est un bonheur total : guitare, rencontres, bonne musique, discussions metal, on chante du Guns, Metallica, Pink Floyd, Doors (super Riders on the storm!)… je ressuscite avec une guitare à la main, cela fait du bien !

 Je ne dors qu’une heure cette nuit-là avant d’être déposée par la copine de Romain à l’arrêt de bus pour l’aéroport, je suis encore toute heureuse de cette dernière soirée en Calédonie.

Destination Bali, avec un stop d’une nuit à Sydney qui me rappelle de nombreux souvenirs car c’est un de mes premiers voyages seule (enfin sans ma famille), et me permet d’aller boire un verre avec Ludovic et Elsa qui font également le tour du monde. Et enfin, j’embarque pour l’Asie !

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Carnets 12 – La Nouvelle Calédonie – East Coast

Difficile de quitter la Polynésie. Je me suis déjà promis de revenir et j’échafaude des plans pour aller au Burning Man en 2018 puis à Tahiti refaire de la plongée et voir des baleines. Notre chance habituelle est toujours présente : à l’aéroport de Nouméa – situé à une bonne demi-heure du centre-ville – nous attend Laurent, rencontré à Rangiroa, qui nous avait proposé de profiter de son lift pour le centre-ville.

On passe notre première après-midi en Nouvelle-Calédonie avec l’impression que l’on aurait dû rester en Polynésie. Laurent et son ami nous préviennent que les Calédoniens ne sont pas aussi accueilllants que les Tahitiens (en même temps cela me semble impossible …) et qu’il n’a pas plu depuis trois mois donc des incendies ravagent le territoire et de nombreux sentiers de randonnée sont fermés. Nous arrivons à Nouméa où tout est globalement vide et désert (on est dimanche …) Nous trouvons à manger in extremis avant de se faire déloger de notre banc par un kanak … bref, nous avons tous les deux un a priori négatif assez fort et décidons de quitter la capitale pour partir en road trip le lendemain. Destination Bourail à 2h en direction du nord.

On attrape un bus à 2 minutes près et nous voilà à Bourail : le but est de rejoindre Poé où se trouvent campings, plages et auberges de jeunesse. C’est à 15 km, on lève le pouce et c’est parti pour Poé où on arrive après deux conducteurs différents et pas trop d’attente, même si après la Polynésie c’est quand même un peu plus compliqué !

Poé

Le camping en bord de la plage est très agréable et ombragé et la plage plutôt jolie, bordée au loin par des collines, et à peu près déserte. Nous nous installons et partons faire un tour avant de constater qu’à part la plage il n’y a pas grand chose à faire à Poé. Ainsi qu’un food truck très sympathique où on dîne sur fond d’un très beau coucher de soleil. Le ciel est bleu sans nuage depuis notre arrivée sur « le caillou ».

Le mardi matin, nous sommes motivés pour partir à Koumac, à environ trois heures au nord de Bourail, après un petit détour à la baie des Tortues sur le chemin – toujours en stop, cette fois-ci c’est une adorable famille qui nous lève les sièges du coffre ! – S’en suit une petite rando bien sympa dans un paysage de nature aride et de mer bleue qui m’évoque l’Australie.

Baie des Tortues

 Je suis surprise par l’environnement, en particulier les grands « pins colonnaires » qui partent dans toutes les directions. On ne voit hélas pas de tortues, mais la balade à elle seule valait le détour. Un Australien bien sympa nous emmène ensuite à Bourail. Nous déjeunons puis attendons le bus, pile à l’heure, fin prêts. Ce dernier débarque, et là, tabarnak : le bus est plein ! Bien sûr c’est le seul de la journée …On n’avait pas vraiment envisagé cette possibilité ; je dis alors à Olivier : « et ben on va faire une belle pancarte, et on va faire du stop ! » 

C’est le cagnard complet, il est 14h, tout va bien. Après quelques minutes le pouce en l’air, une dame qui était garée sur le parking nous aborde : « Vous allez où ? – A Koumac ! – Ah parce que je vais à Poindimié » On sort la carte : c’est sur la côte Est, rien à voir avec notre itinéraire initial, mais près de Hienghène qui figure sur notre liste. C’est parti pour Poindimié avec Elsa avec qui on discute un peu de la vie sur le caillou. La route traverse les montagnes du centre de l’île, qui ondulent paresseusement recouvertes de forêts denses et touffues.

Trajet entre Bourail et Poindimié

Je suis vraiment heureuse d’être là et passe le trajet à m’extasier sur la beauté du paysage. Le point noir toutefois est que l’on constate les effets de la sécheresse : tout est très aride et de nombreux feux ont ravagé la forêt. Cela s’atténue à mesure que l’on gagne la côte Est, plus verte et humide. A Poindimié, on tente sans succès le stop pour Hienghène puis on finit par dormir au camping en bord de mer, non sans admirer un magnifique coucher de soleil, et rencontrer une dizaine de bernard-lermites. On savoure des bières autour de notre beau feu de camp avant de manger un plat digne de « cuisine ponton » : polenta et ratatouille en boîte !

Poindimié

Le lendemain, nous sommes un peu dans l’incertitude : à la station-service où nous avons demandé l’horaire du bus pour Hienghène, on nous a répondu 8h ou 9h30 et le gérant du camping nous a dit 11h. On arrive néanmoins à remballer nos affaires et être à 9h32 au bord de la route (faisant confiance au grand-père de la station-service). Miracle, le bus débarque à 9h35, en route pour Hienghène !

Après un petit trajet d’1h30 le long de la côte, on est déjà émerveillés : peu avant d’arriver au village, nous commençons à apercevoir les grandes falaises caractéristiques de la région, qui m’évoquent le Viêt-nam. Nous filons à l’office du tourisme s’informer sur les campings et activités.

Nous sommes au coeur du « pays kanak », de très nombreuses tribus sont disséminées dans les montagnes alentour. J’ai très envie d’aller passer une nuit en tribu, ce qui est possible à condition de réserver à l’office du tourisme. Très bien, Martial le chef de la tribu Werap nous accueillera vendredi soir et nous préparera le dîner. Je tente de demander de quoi est fait le repas, et me voilà en train d’expliquer à la dame que je mange plutôt des légumes et du riz tandis qu’elle transmet tout en langage kanak au chef, qu’elle appelle « président ». La question « tu manges de la salade ? » m’indique que l’on est sur la bonne voie, j’avais vraiment peur d’offenser, ne connaissant pas très bien les usages locaux – au moins le chef est prévenu !

En parlant d’usages, notre interlocutrice nous informe qu’en arrivant à la tribu, nous allons devoir « faire la coutume ». Traduction : en arrivant chez notre hôte, pour le remercier de nous accueillir, lui faire un petit cadeau ou de l’argent disposé dans un tissu traditionnel. (Bon, on paie aussi la nuit et le repas, mais c’est normal !) Cependant je trouve super que les touristes soient fortement encouragés à respecter cette tradition – peu contraignante d’ailleurs – qui permet de rappeler qu’ils ne sont pas chez eux.

Notre camping à Hienghène

Cela fait, on se dirige vers notre camping (enfin celui que l’on vient de choisir en deux secondes à l’office), en stop en admirant à nouveau les rochers, il est en bord de mer. Le wifi ne fonctionne pas, mais l’hôtel à quelques minutes de marche en a. Après une petite bronzette à la plage du camping, je tente de trouver l’hôtel avant la nuit pour y rejoindre Olivier. Dès que je suis hors du camping, les surprises commencent : je suis en pleine tribu kanak, je rencontre quelques enfants sur mon chemin, puis un chien qui m’accompagnera jusqu’à l’hôtel. Ici pas de rues, béton ou trottoirs, les tribus sont organisées – d’après ce que j’ai pu voir – autour d’un bâtiment commun qui évoque une cour d’école, parfois d’une église (comme ici). Les maisons sont disséminées dans la forêt un peu plus loin et le seul goudron présent est celui de la route ou presque.

Tribu de Koulnoué 

Je suis également en pleine forêt tropicale, que dominent les falaises noires de Hienghène, dense, en désordre, les arbres sont immenses, touffus, envahis de lianes … tout mélangé ! Je me sens requinquée par cette balade (en compagnie de mon fidèle guide à 4 pattes). Arrivée à l’hôtel, je peux admirer un magnifique paysage de falaise calcaire devant laquelle se promènent quelques chevaux : ma pensée en arrivant est que je suis vraiment contente que le wifi du camping soit en panne !

Good Morning Hienghène

Le lendemain, on compte aller explorer un peu les rochers et paysages alentour. Nous nous rendons d’abord à la plage « du billet de 500 » où un énorme rocher noir semble s’être échoué sur la plage et est pris d’assaut par des plantes et fleurs multicolores.

Plage du billet de 500

Nous parvenons ensuite à un point de vue nous permettant d’observer « la poule couveuse », qui porte plutôt bien son nom et est chère au coeur de nombreux calédoniens (ou plutôt kanaks peut-être ?), ainsi que « le sphinx » – bon là, c’est un peu moins flagrant. La soirée se passe également au camping – on n’a pas vraiment le choix ... Un groupe débarque en face de nous pour manger un « bougna », le plat traditionnel kanak. Cuit dans des feuilles de bananier, il comporte de la viande ou du poisson ainsi que des légumes cuits à l’étouffée avec du lait de coco. Je discute un peu avec ma voisine et lui explique que l’on voudrait rejoindre la côte ouest depuis ici, mais galérons à trouver un bus, car le plus adapté est à une heure de route et sinon il faut repasser par Nouméa en faisant un détour de plusieurs heures. Réponse : « nous, on va à Poingam si vous voulez et on a deux places ! » Après vérification, c’est à la pointe nord de la Nouvelle-Calédonie, sur la côte ouest : parfait, on a trouvé notre transport !

La « poule couveuse »

Je suis limite sceptique devant un coup de bol pareil. Nous fêtons cela avec de la Hinano tahitienne et une soirée film dans la tente : Moana (Vaiana en France) qui se passe en Polynésie nous semble tout à fait convenir. Le plan du vendredi était à la base de faire de la randonnée, mais elle tombe à l’eau avec la météo capricieuse, et à la place nous nous faisons déposer au marché par nos sauveurs du camping. Je suis sidérée de voir qu’il n’y a rien au marché, les étals sont vides, à peine quelques bananes. J’apprendrai par la suite que les kanaks ont tout dans leur jardin ou tribu, mais c’est quand même un choc pour moi.

Petite parenthèse sur la nourriture : le voyage en Calédonie est éprouvant pour moi au niveau culinaire. En Polynésie, c’était limite mais entre les quelques fruits frais que l’on a pu trouver, les supérettes proposant quelques légumes, et les pizzerias plutôt fréquentes, je m’en suis sortie malgré quelques repas « riz blanc – frites » dans certains snacks ou roulottes. Ici, c’est différent : pour résumer grossièrement, il n’y a ni fruits (c’est l’hiver) ni légumes frais dans les supérettes où nous avons pu aller. Nous nous sommes donc nourris de boîtes de conserves, féculents et pain pendant une semaine, ce qui m’a pesé, je l’ai réalisé en quittant le caillou.

Après le marché, nous faisons un saut par un point de vue sur « le sphynx » pour constater qu’il est bien mieux sous cet angle, puis nous préparons nos sacs et partons tout heureux pour la nuit en tribu ! Bizarrement, alors qu’on aura déjà fait une demi-douzaine de trajets en stop à Hienghène, aujourd’hui il n’y a personne sur la route (on est vendredi 13, explication de notre malchance ?) On commence à avoir un peu chaud, enfin on est pris en stop par une voiture de Français qui sont également au camping, ils n’ont qu’une place mais se serrent ! Je leur suis reconnaissante, en un clin d’oeil nous voilà en bas du sentier de la tribu Werap. Plus que 7km … nous aurons plus de chance ici, le premier pick-up qui passe nous attrape. Je commençais à stresser un peu de devoir faire les 14km nous séparant de la tribu à pied… et bien nous serons en fin d’après-midi chez Martial, et avec un petit voyage à l’arrière du pick-up en prime, j’éclate de joie tandis qu’il longe la rivière pour s’enfoncer dans les montagnes, le paysage est entièrement vert, c’est magnifique !

Nos chauffeurs, deux jeunes kanaks, nous indiquent la case de notre hôte ; je me dépêche de préparer la « coutume » en enroulant le tissu autour d’un billet de 500 francs (je vous ai dit qu’ici et en Polynésie on payait en francs ?) et c’est parti : Martial est un kanak bon vivant qui nous accueille chaleureusement en nous remerciant plusieurs fois « du fond du coeur » (en le touchant de la main) et en détournant le regard, ce qui est une marque de respect. Il nous montre la case où nous allons dormir : elle est en briques et les murs ont été tendus de tissus colorés, Olivier et moi sommes enchantés !

La case des invités !

Le chef de tribu nous conseille d’aller nous promener un peu avant le dîner et on ne se fait pas prier. La tribu est organisée autour d’une école cette fois-ci et comporte également un espace commun, ainsi qu’un terrain de foot (la valeur universelle !) ainsi qu’un cerf attaché à un poteau, qui n’a des bois que d’un côté, et me brise un peu le coeur. Plus les habituels chiens qui se promènent partout en maîtres du domaine. On aperçoit également le cimetière, et juste derrière c’est la grande forêt, les arbres sont immenses et m’évoquent un mélange entre forêt tropicale et européenne (je ne suis pas une experte…)

On retraverse la tribu pour prendre un sentier conseillé par Martial. C’est le calme absolu, nous entendons juste les bruits de la nature, rencontrons à peine quelques personnes habitant près de chez notre hôte avant d’être seuls au monde, tout ébahis. Les arbres fruitiers, le vert intense, profond, tout autour du nous, pas de route, pas de voiture, rien du tout, le temps est suspendu. Juste cette nature incroyable et nous. 

Petit aperçu des couleurs calédoniennes

Nous revenons avant la tombée de la nuit et le chef de tribu nous présente ses terres, l’école, la place principale, et surtout les arbres fruitiers, à savoir avocats, mangues, bananes, papayes, litchis, jacquiers, et encore j’en ai oublié ! cela nous évoque le jardin d’Eden et doit être incroyable quand c’est la saison (pas en ce moment hélas). Il nous parle également de la chasse, principale source de nourriture en hiver, nous apercevons plusieurs fusils et bois de cerfs, je suis contente quand le sujet change pour les plantes présentes dans le « jardin » (en pot!). « On vit avec la nature », résume Martial. Je me sens bien ici, détendue, heureuse.

La tribu Werap

 » A table ! » Etant habituée à ne pas pouvoir manger grand chose, j’avais pris quelques crackers dans mon sac au cas où. Ils ne me seront d’aucune utilité ici : on est servis comme des rois. Du riz à la noix de coco, la fameuse salade dont il était question au téléphone, de l’igname nourriture sacrée en Calédonie, très importante dans la spiritualité kanak, tubercule plutôt sec, – du tarotubercule se rapprochant de la patate douce-, de la banane légume cuite – un délice à mi-chemin entre banane et pomme de terre –, de la papaye fraîche, et encore du maïs rôti un peu plus tard. C’est de loin mon meilleur repas dans le Pacifique, nous sommes aux anges.

Mon assiette, l’igname n’y est pas (encore..), au milieu c’est du taro et à droite une banane légume !

Pendant le dîner, nous papotons avec Martial, qui a vécu en France, et s’intéresse à notre métier, tandis que je suis beaucoup plus intéressée par la vie de la tribu mais essaie de ne pas être trop curieuse. Puis nous allons nous coucher dans la case des invités pour une bonne nuit de sommeil.

Avant de partir, nous avons droit à un petit déjeuner composé de gros beignets et de café (Martial adore le café), et on goûte du jacquier fraîchement coupé, puis nous nous mettons en route après quelques photos souvenir.

Je vous présente Martial !

On est très vite pris en stop par un Kanak très pro qui part pour une réunion et nous explique un tas de choses pendant le trajet : notamment, c’est la saison de la plantation d’ignames, pendant laquelle les habitants des tribus partent dans les champs plusieurs semaines et vivent sur place, ce qui explique qu’elles soient un peu désertes ! Il nous dépose à la fin du sentier et nous trouvons quasi instantanément un lift pour le camping : un Français et sa compagne calédonienne qui se rendent à un mariage et ont la voiture pleine de sculptures de feuilles et de fleurs, paniers … pour l’occasion : c’est particulièrement joli ! Ils nous expliquent que c’est la mère de la demoiselle qui a tout tressé à partir de feuilles de Pandanus (arbre du coin) qu’elle a cueillies et fait sécher elle-même !

Nous retrouvons nos sauveurs et c’est parti pour Poingam : le trajet sera vraiment agréable, nombreuses cascades, un petit arrêt chez un sculpteur, puis nous prenons l’unique bac de Calédonie. Les paysages sont splendides à cet endroit-là, car nous sommes proches du mont Panié, point culminant du caillou : 1600m. Les montagnes colorées malgré la sécheresse, le bleu de la mer … forment un très beau spectacle.

Le bac 

La West Coast dans le prochain carnet !


Quelques photos supplémentaires :

Nouméa :

Poé :

Le trajet entre Bourail et Poindimié :

Hienghène :

Le sphynx

La tribu Werap:

Le trajet après Hienghène :


Le bac


Cascade près du bac

Carnets 11 – La Polynésie – Rangiroa et Tahiti

J’ai du mal à accepter de ne pas pouvoir plonger à Rangiroa alors que je suis venue pour ça. Finalement, je parviens à me dire que je retournerai en Polynésie quand j’aurai une meilleure expérience de la plongée, j’ai le temps. Et cela me permettra d’aller à Fakarava, similaire à Rangiroa mais avec trois fois plus de requins dans la passe !
Après une journée farniente pendant qu’Olivier plonge, et une soirée où on fait trois quarts d’heure de vélo avant de trouver un snack ouvert, on part pour « l’île aux récifs« , conseillée par une Française qui avait l’air ravie que l’on passe dans sa boutique et a appelé pour réserver à notre place – il n’y a décidément pas tant de visiteurs à Rangiroa …  Nous faisons donc la connaissance de Léon, Tahitien particulièrement cool en tee-shirt Red Hot Chili Peppers et casquette de base-ball. Il nous faut une heure de bateau pour y arriver car on traverse tout le lagon, ce qui nous permet une nouvelle fois de constater son immensité. 

Une fois sur place, c’est la carte postale : sable fin, eau turquoise, cocotiers, poissons … Entre l’océan et le lagon, d’énormes rochers de corail noir bloquent les vagues, et derrière l’eau est claire comme une piscine, avec un léger courant. 

On fait un peu de snorkeling pour constater que la vie sous-marine est bien présente, puis dégustation de noix de coco fraîchement tombée de l’arbre. Je reçois mon nom tahitien de l’ami de Léon : Uo Uo (Uo signifiant « blonde » !). On se dirige ensuite vers les rochers de corail et c’est incroyable : ce n’est pas visible de loin, mais juste derrière les rochers, l’eau forme des piscines naturelles d’eau parfaitement claire. Il est possible de sauter des rochers et c’est parti pour une séance plongeon vraiment sympa.

Ensuite, on traverse la lagune avec de l’eau jusqu’à la taille avant de retrouver Léon qui s’affaire près du barbecue à côté d’une plage magnifique où se promènent une bonne vingtaine de petits requins à pointe noire. On nous offre une bonne Hinano bien fraîche et du pain coco : un pain à base de farine et de noix de coco râpée. J’en ai déjà testé plusieurs fois mais celui-ci est incomparable, il vient d’être cuit au feu de bois, est chaud et croustillant, un délice ! Je goûte également du riz préparé avec des fruits secs et du maïs. 

Session tressage de paniers à la fin du repas

Nous passons un super moment à discuter avec le groupe dont deux Lillois avec qui on sympathise. Tout le monde s’accorde à dire que la nourriture est exceptionnelle et les Tahitiens sont tout fiers !
Au moment de faire la vaisselle, les requins pointe noire débarquent tous près de la plage, visiblement habitués. Cela ne me plaît pas vraiment mais c’est assez drôle à voir. 

Nous faisons un dernier tour sur l’îlot, l’occasion d’apercevoir un surprenant « crabe coco » à la carapace bleue, capable de briser une noix de coco avec ses pinces, et de prendre plusieurs photos dignes d’une carte postale avant de partir.

Je pense que l’on rentre sur Rangiroa : pas du tout ! Après une heure de bateau, nous faisons une pause à la passe de Tiputa où nous sommes rapidement rejoints par des dauphins. Pas de sauts dans les vagues cette fois-ci, mais ils sont incroyablement joueurs et passent de bonnes minutes à s’approcher tout près du bateau, devant, en dessous, se retourner à la surface … 
Nous passons une bonne demi-heure en leur compagnie, je n’en ai jamais vu d’aussi près ! Je suis enchantée et laisse rapidement tomber la prise de photos pour profiter du moment et guetter leurs yeux rieurs.

Alors que j’imagine que la journée est finie, c’est encore faux : le bateau retourne dans le lagon et nous dépose à « l’aquarium » dont nous ne tardons pas à confirmer le nom : des bancs de poissons multicolores partout, une visibilité exceptionnelle : tous à l’eau ! Ce moment restera gravé dans ma mémoire, les poissons tout autour de moi, les coraux aux couleurs éclatantes, et très rapidement, j’aperçois un requin tout près de moi, puis un autre. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine : je nage avec des requins ! 

J’en avais aperçu un lors de ma plongée à Bora mais ici la visibilité est bien meilleure et c’est un enchantement de les voir évoluer dans la mer d’une façon si particulière. Je suis ravie et profite au maximum de cette baignade en cherchant les requins et en explorant les coraux en snorkeling.

Cette journée sera un de mes meilleurs souvenirs de Polynésie. Nous quittons Rangiroa le lendemain pour Tahiti où nous attendent Marie et Pauline qui partent le soir même. Après la découverte de la maison de Renaud avec piscine et vue magnifique, nous partons pour le Méridien boire un verre au coucher du soleil. Le plus beau que j’aurai vu ici d’ailleurs : la vue sur Moorea, le calme absolu du lagon, l’embrasement furieux qui suit le coucher de soleil, donnant à ciel et mer des teintes vert, rose, orange, avant de transformer l’eau en océan d’or fondu, qui nous laisse sans voix. 

Nous rencontrons également des amis de Renaud et cela fait du bien de discuter un peu du Burning Man : je réalise que cette expérience incroyable est bel et bien terminée, malgré l’enchaînement de sensations fortes de ces dernières semaines qui ne m’a pas aidée à prendre du recul. Je réalise également que oui, j’y retournerai, c’est sûr : cette année ou plus tard, mais je reviendrai à Black Rock City.

La tradition de Renaud est de manger aux roulottes de Papeete le dernier soir quand quelqu’un lui rend visite : direction le centre-ville où je mange un très bon chao men végétarien avant de faire mes adieux à Marie et Pauline. J’ai vécu tant de choses avec Marie que je suis vraiment nostalgique à l’idée que je ne la vois plus pendant un an environ. Petite nuit de 4h ensuite dans un énorme lit gonflable chez Renaud : nous nous levons à 5h car Renaud nous emmène et il travaille à 6h, et nous comptons bien explorer un peu Papeete pour ce dernier jour. 

Marché de Papeete

Après un petit déjeuner hors de prix (35 euros pour deux, on s’est un poil fait avoir), nous partons explorer la capitale, pas bien grande, mais qui a quand même son charme avec son parc en bord de mer,  son marché coloré, et surtout son street art : chaque année, de grands noms du street art débarquent pour créer des oeuvres monumentales sur les façades des immeubles lors d’un festival. 

Nous avons la chance d’en voir une en cours de réalisation, et mon coup de coeur va à une oeuvre brésilienne (promis, c’est pas fait exprès) et à un visage de vieille femme dont les yeux reflètent l’île de Tahiti. On rejoint ensuite Renaud pour notre « sortie baleine« .

Chaque année, les baleines remontent de l’Antarctique pour s’accoupler ou mettre bas dans les eaux chaudes de Polynésie. Dans ce cas, elles passent ensuite deux-trois mois sur place le temps que le baleineau grandisse et  prenne des forces, bien qu’il n’y ait rien à manger pour les mamans sur place – le baleineau se nourrissant de lait maternel

Il y a donc un grand nombre de baleines en Polynésie de juillet à octobre ; elles peuvent même entrer dans les lagons – comme nous l’avons vu à Huahine ! – lorsqu’elles sont menacées par un prédateur comme l’orque (en anglais « killer whale« ). Les « sorties baleines » visent à leur rendre visite, voire nager à leurs côtés avec moult précautions vu qu’une baleine a à peu près le gabarit d’un autobus, et qu’il faut éviter au maximum de les perturber, surtout si elles ont un baleineau.

Même si ces derniers sont curieux et aiment s’approcher des humains et des bateaux pour voir !

Nous voilà donc partis avec Renaud et Olivier à guetter le souffle des baleines à l’horizon. Je croise les doigts autant que je peux, tout en me disant que je suis déjà très heureuse d’avoir vu tous ces animaux marins dans leur environnement naturel, raies manta, dauphins, requins …

Marie et Pauline nous ont raconté que les raies reconnaissaient les humains à leur champ magnétique et pouvaient ainsi rendre régulièrement visite à certains d’entre nous, et aiment les caresses comme les chats … j’ai vu et appris tant de choses que je n’aurais jamais soupçonné !

Et maintenant je vais peut-être voir les géantes de la mer, venues d’Antarctique jusqu’ici … 

Soudain, nous apercevons le souffle d’une baleine : à l’eau ! Le groupe se lance à la rencontre de la baleine avec masque, tuba et palmes tout en essayant de faire le moins de bruit possible. C’est parti pour de longues minutes à scruter le grand bleu à la recherche des cétacés, un peu trop longues car j’attrape un mal de mer infernal à force d’être battue par les vagues et de ne pas distinguer le haut et le bas. Enfin, nous la trouvons, et le but est d’attendre qu’elle remonte à la surface pour respirer, ce qu’elle fait toutes les vingt minutes environ. Le bébé, lui, remonte plus souvent. Soudain, une forme blanche commence à émerger des profondeurs (la visibilité n’est vraiment pas très bonne) : c’est le baleineau ! Il est déjà gigantesque à mes yeux d’humaine, et passe vraiment tout près de nous.
Je ne sais pas ce que je ressens de plus fort entre l’émotion de le voir enfin, sa façon d’évoluer si aérienne et légère, et mon mal de mer bien intense. Je distingue à peine la baleine, immense, qui remonte à son tour. Nous les voyons une deuxième fois et Renaud est littéralement à deux mètres du bébé cette fois-là. Je suis sans mots.

Nous remontons dans le bateau, ce qui permet à mon mal de mer de diminuer un peu, et prenons le chemin du retour lorsque d’autres baleines croisent notre chemin : nous filons à l’eau et nous dépêchons de les rejoindre. Je suis un peu loin pour voir la baleine sous l’eau, et lève la tête pour l’apercevoir à la surface. Elle est si immense, majestueuse, je me sens minuscule, je suis scotchée.

Nous disons au revoir aux baleines, remontons sur le bateau et commençons le chemin retour. J’ai alors la sensation d’émerger du brouillard dans lequel j’étais (le mal de mer ?) et toute ma joie éclate : je viens de vivre un moment exceptionnel ! J’ai nagé avec des baleines ! Je me promets que ce n’est pas la dernière fois.

Notre dernière soirée à Tahiti se fait autour d’un dhal de lentilles que j’ai cuisiné pour nous trois, contente d’avoir une vraie cuisine à disposition, et non pas notre réchaud-boîte de conserve. Le lendemain, Renaud nous conduit à l’aéroport et nous dit « je reviens ! » Quelques minutes plus tard, il réapparaît avec deux colliers de coquillages, cadeau traditionnel d’au revoir. « Hors de question que vous quittiez Tahiti sans ça ! » Cette conclusion me semble à la hauteur du voyage incroyable que nous venons de vivre.

Quelques photos supplémentaires :

Rangiroa :

Tahiti :