Carnets 6 – Le Burning Man

J’ai vécu une semaine dans le désert.

J’ai dansé jusqu’au lever du soleil.

J’ai été seule au milieu d’une tempête de sable.

Je me suis promenée avec deux guitaristes pour chanter des chansons aux gens.

J’ai écrit le nom de mon grand-oncle, décédé cette année, sur le grand temple en bois qui a brûlé à la fin de la semaine entouré de 50 000 personnes dans un silence religieux.

J’ai passé deux jours à préparer un camp de 36 personnes avec courses pour une semaine de repas pour tout le monde, nettoyage, rangement …

J’ai fait un tour dans un avion 4 places.

J’ai rencontré un homme d’une soixantaine d’années qui plaque tout pour aller silloner le monde en bateau.

J’ai trouvé mon animal totem.

J’ai rencontré des Brésiliens, Pakistanais, Australiens, des grand-mères, des bébés, des drogués, des artistes, des gens nus, des costumes improbables, mon playa boy, et un groupe de Français avec qui j’ai vécu 24h/24 et que je n’oublierai jamais.
J’ai vu un camp de concentration de Barbies destiné à montrer le mal que Barbie a fait au monde actuel.

J’ai vu des oeuvres d’art dans le silence du désert.

J’ai fait du vélo la nuit dans le paysage incroyable que forment 50 000 personnes éclairées par des LED.

J’ai pris une décharge électrique. (Mais pas de drogues)

J’ai regardé une personne dans les yeux pendant deux minutes.

J’ai fait du yoga, du trampoline, bu du thé, mangé des fruits frais bio de Californie, joué dans un bus-piscine à balles, fait des câlins, reçu des cadeaux, des massages, des cocktails, discuté de choses essentielles, fait des gaffes, un shooting, des crêpes et des rencontres incroyables.

J’ai dansé en boite en pleine après-midi, j’ai dansé dans une boite avec des flammes au plafond, j’ai dansé sur du metal, j’ai dansé en plein désert à 4h du matin, j’ai dansé sur Sia devant un frigo ouvert avec Caticha et Marie.

J’ai retrouvé les personnes que je cherchais au milieu de 50 000 personnes en pleine nuit.

J’ai dormi 3 heures en trois jours.

Je suis allée dans un hamac géant, dans un pub irlandais, dans un endroit avec plein de matelas, sous un dome de lumière qui donnait l’impression d’être dans un voyage spatial, dans une maison de 4 étages, dans une oeuvre d’art, dans le Tardis de Doctor Who, dans un bureau de poste, sur un porte-bagage, dans une foule silencieuse…

Je me suis roulée dans le sable. (c’est la tradition à l’arrivée)

J’ai passé une soirée dans un bar miteux absolument génial qui a pour toute décoration un faux chien.

J’ai tatoué leur groupe préféré au marqueur à une vingtaine de personnes pour une aprem metal.

J’ai couru à 4h30 du matin au milieu des oeuvres d’art dans le désert.

J’ai passé une semaine à entendre « Hello I am Gérald, this is my friend Ingrid, she comes from space ! »

J’ai rencontré un homme d’un certain âge qui a voyagé sur un bateau pendant 17 ans et connaissait toutes les îles du Pacifique, mais qui passait sa matinée en plein soleil pour placer les gens qui attendaient pour faire un tour d’avion. Ce même gars donnait une conférence quelques jours plus tard sur « tout plaquer, quitter son travail et aller vivre ses rêves ».

J’ai pleuré, j’ai eu des fou rires incroyables, et j’ai serré plus de personnes dans mes bras que pendant le reste de ma vie.

J’ai passé une semaine à ne rien payer, ne rien exiger, à donner, à recevoir, à remercier, à aller dans des boîtes de nuit incroyables construites pendant des mois par des personnes dont le seul but est de faire plaisir. Comme les pilotes d’avion, comme les barmaids qui servent des mojitos ou des cocktails à base de fruits frais, comme les profs de yoga, comme ceux qui construisent des oeuvres d’art monumentales, comme ceux qui ont crié « I love you » à la foule, comme ceux qui se promènent avec un brumisateur ou une bouteille de whisky, et comme tous les autres.

Je suis allée au Burning Man, l’endroit où, quand tu arrives, on te dit « Welcome home ».

Je vous raconte tout cela plus en détail dans le prochain article. En attendant, quelques photos :

L’arrivée sur la playa :
Les camps :

Yoga du matin

Bar à thé

La playa et ses œuvres d’art :

Le temple :

La « dust » :

La nuit :

Le lever de soleil sur la playa :

Le tour en avion:

Les gens :

Les toilettes :

Les couchers de soleil :

Les vélos :

Les art cars :

Mon camp, les Dusty Frogz, et notre tour Eiffel en bois construite en deux jours :

La balade avec les guitaristes :

Le temple qui brûle à la fin du Burning Man :

Merci à Steve, Gérald, Marie, Julien, Nico, Thomas, Mike, Moon, Marie, Matthieu, JB, Cat, Romain, Thibault, Lucille, Stephane, Renaud, les autres Dusty Frogz, Steven, Nick, Rita, Sarah, Chelsea, Michael, Erin, Wilfred, Matthew, et à toutes les autres personnes qui ont fait de mon Burning Man un moment extraordinaire.

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Carnets 1 – New York, Boston et Peddocks Island

New York 

    Difficile de partir pour 6 mois de voyage et de savourer les premiers jours sans penser à ce qui m’attend ou à mes derniers jours en France qui furent plutôt intenses. 
    Difficile de se retrouver à New York et de me motiver pour arpenter cette ville où je suis déjà allée alors qu’il pleut et que je suis un peu décalée. 
    Et pourtant, en quelques jours la magie opère : Central Park que je parcours une paire de fois en marchant ou en courant, ses écureuils et lumières émises par le sol (?), Chinatown, Little Italy, le ferry pour voir la statue de la liberté sur un coucher de soleil trempé de nuages. Errer au hasard dans les rues et tomber sur un super panorama du fleuve Hudson, un tag de Banksy, un petit marché bio ou un jardin communautaire.

    Capitulant devant le temps pluvieux, aller explorer le musée d’Histoire Naturelle et le MET et y rencontrer Luis qui sera mon meilleur souvenir de New York : après de grandes conversations sur l’impressionisme au musée, on part se balader à Central Park où j’en apprends un peu plus sur sa vie d’ingénieur IT pour la Navy. Après qu’il m’ait fait écouter du Erik Satie, on se met en quête d’une « cheap New York pizza » et on en trouve une à 99 centimes la part – on pouvait difficilement faire mieux ! 
    On la déguste au milieu des lumières et des touristes de Times Square après un bain de foule qui menaça plusieurs fois notre gigantesque pizza et de nombreux fous rires. Puis Luis reprend son bus pour Washington où il habite. J’ai vraiment adoré le rencontrer, il a mis un peu de piment à ces trois jours new yorkais.  Il m’a laissé un petit cadre qu’il a acheté au MET en compensation du repas. Au dos il a écrit : « You and I share the same interests : adventure and art ».


Boston & Peddocks Island

    Parfois ce sont les pires a priori qui donnent les meilleurs souvenirs. 
    J’étais plutôt fière d’avoir trouvé un plan pour camper à Peddocks Island dans la baie de Boston et m’économiser la nuit en ville, hors de prix. Me voilà donc partie, après un voyage en bus moyennement confortable et un énorme plat de nouilles dans le Chinatown de Boston, pour arpenter la ville avant de prendre le ferry pour Peddocks Island, qui je l’imagine est en fin d’après-midi. J’appelle quand même la ranger du parc dans le doute : « Le dernier ferry est à 15h30 ! » Panique, il est 15h15 et je suis à l’autre bout de la ville. Je prends un taxi qui après s’être trompé m’amène au port à 15h35 où j’apprends qu’en fait il n’y avait pas de ferry à 15h30. 
    Je parlemente avec la ranger pendant une dizaine de minutes au téléphone en lui faisant bien comprendre que je suis désespérée et vais devoir dormir dehors si elle ne m’aide pas (en gros), elle est plutôt compréhensive et me dit qu’elle va faire son possible et que je dois rester près du port. 2 minutes plus tard, une dame vient m’expliquer qu’un ferry va m’emmener sur une île où je pourrai prendre le bateau pour Peddocks Island. C’est donc parti pour 30mn de ferry absolument vide alors qu’une minute auparavant je pensais devoir débourser une centaine d’euros pour dormir en auberge.

      Et enfin, me voilà à Peddocks Island ! A part un peu d’eau potable et des toilettes sèches, il n’y a pas d’installation de camping, juste une belle clairière où monter la tente. L’île comporte aussi une église à l’ancienne, des anciens baraquements militaires, des forêts, une plage et même des cerfs – j’en rencontre un 5 minutes après m’être installée ! Je me sens vraiment bien sur ce bout de terre, véritable bol d’air après New York, juste de l’herbe, des arbres et l’océan.

      Mes voisins de camping m’ont l’air sympa donc je me lance pour aller faire connaissance. Martin d’Angleterre, Cassie de New York et leurs enfants ainsi que Brent du Minnesota et ses enfants sont vraiment adorables et me conseillent d’aller regarder le coucher de soleil sur le côté de l’île où l’on voit également la « skyline » de Boston. C’est l’occasion d’essayer – sans succès … ni beaucoup de motivation – de faire du feu tout en admirant le spectacle du soleil flamboyant au milieu des gratte-ciel au bord de l’horizon.

      Puis arrive Joseph, l’un des enfants des voisins, qui me propose un « s’more ». Je me joins à eux et c’est parti pour une soirée avec énorme feu de camp, guitare, chants à tue-tête avec toute la famille, s’mores (cracker + chocolat sur lequel on dépose un marshmallow chauffé au feu qui fait fondre le chocolat, absolument pas vegan mais je ne pouvais pas ne pas tester). L’une des filles connaît Graceland de Paul Simon par coeur, l’un des garçons me bombarde de questions sur la Tour Eiffel, les enfants nous épatent avec leur interprétation des chansons de Moana. Je me souviendrai longtemps de cette soirée !

      Le lendemain, c’est exploration de Boston et achats pour ma 2e nuit de camping et mes 8h de bus pour Montréal qui suivront. La ville est petite et se fait facilement à pied le long du « freedom trail », qui retrace l’histoire des colons américains et de leur indépendance. Maisons en briques rouges, petites églises, personnalités marquantes comme Benjamin Franklin ou Samuel Adams, une très bonne balade ensoleillée qui se termine par une énorme salade au quinoa et kale. 

        Je reprends le ferry – à l’heure cette fois – pour Peddocks Island où je croise mes voisins qui me proposent des bières. « I would have bought you a beer but I didn’t want to look presomptuous, so would you like a beer ? »
        Après un dîner tous ensemble, exploration des baraquements militaires où nous sommes guidés par les enfants qui ont déjà tout visité armés de talkies walkies. Une nouvelle soirée autour du feu s’ensuit même si Brent et Joseph ne sont pas là, et le lendemain je dis au revoir à tout le monde avec un petit pincement au coeur.
        Je me promène ensuite – avec 9 kg supplémentaires – dans le quartier de Old North Church à Boston où j’ai un coup de coeur pour ses rues tortueuses bordées de maisons en briques rouges et ses petits restaurants italiens qui ont l’air bien plus authentiques que ceux de Little Italy. Un coup d’oeil au vaisseau USS Constitution et je me dirige vers la gare routière, prochaine destination : Montréal !

      Quelques photos supplémentaires :

      Ferry de Staten Island :

      Chinatown, Little Italy :

      Musée d’Histoire Naturelle

      MET :

      Boston :

      Début du voyage

      Me voilà partie ! La première étape de ce tour du monde était le vol Paris-New York. Pourquoi New York ? Parce que c’est ici qu’a débuté l’un de mes plus beaux voyages ! Pour me suivre dans mon périple plus régulièrement qu’ici, j’ai créé une page Facebook que je vais mettre à jour le plus souvent possible.

      A bientôt pour un petit article sur The Big Apple, où la pluie ne m’empêche pas de me balader et déjà faire de super rencontres !

      Metropolitan Museum of Art