Carnets 21 – Dernier mois en Asie et ascension du Kilimandjaro

Après la Birmanie, je passe une semaine idyllique à Krabi au sud de la Thaïlande, dans les bungalows Dawn of Happiness que je recommande mille fois, un vrai coin de paradis. Railey Beach, Ao Nang … je garderai un souvenir merveilleux de mes derniers jours dans le pays.

Plage de Dawn of Happiness et Railey Beach

J’enchaîne ensuite avec deux semaines à Vientiane au Laos, avec mon ami Deenu rencontré lors de mon stage dans cette ville en 2012. Fêter Noël et Nouvel An, profiter de l’incroyable diversité des restaurants de la capitale, avoir de grandes conversations et donner un coup de main dans le bar de Deenu y compris un petit concert pour mon dernier soir seront au programme pour ces deux semaines.

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Concert du dernier soir, vous noterez qu’on n’a pas perdu les habitudes niveau moyens du bord

Pas très aventurier tout ça, si ce n’est notre Nouvel An que nous décidons d’aller fêter à Vang Vieng, village en bord de rivière à quelques heures de Vientiane réputé pour ses beaux paysages et ses centaines de backpackers … mais en moto ! C’est donc parti sur la TVS Apache de Deenu pour quatre heures de route de montagne, entre villages, forêts et nids-de-poule impressionnants pour pimenter le trajet, génial !

Sur place, toutefois, je serai plutôt déçue : j’avais gardé un très bon souvenir du village en bord de rivière, surplombé de collines, touristique mais tout petit. Aujourd’hui le tourisme coréen y a explosé et il est impossible de déjeuner en bord de rivière sans entendre toutes les deux minutes les bateaux à moteur pétaradants transportant des touristes, sans oublier les innombrables hôtels qui ont poussé tout autour du village qui n’en est plus un.

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Vang Vieng

Cela ne nous empêche pas de passer une super soirée de Nouvel An au Sakura Bar avant de rentrer le lendemain.

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Plutôt sympa pour dire au revoir à 2017

Mon périple Bali – Jakarta était long et mémorable, mais je n’avais encore rien vu : mon voyage du Laos à Moshi en Tanzanie, au pied du Kilimandjaro, sera particulièrement long également. On peut considérer qu’il débute à 14h, heure de mon vol Vientiane-Bangkok, où j’ai un vol à une heure du matin le soir même, mais j’avais prévu large car je dois changer d’aéroport et faire mes dernières courses avant l’ascension du Kili. Tout se passe bien, je me retrouve donc à minuit dans mon vol pour Dar Es Salam via le Qatar, l’avion avance sur la piste, puis le pilote nous dit qu’il y a un souci et se range dans une zone de l’aéroport pour réparation. Je m’endors vu l’heure tardive, me réveille lors qu’un repas est servi pour constater que nous n’avons pas bougé, et redors quelques heures : toujours à l’aéroport ! Nous avons réussi l’exploit de passer une nuit dans un avion à l’arrêt.

Les étapes suivantes sont sortir de l’avion, attendre nos bagages pour rien pendant 2 heures, faire 1h30 de bus pour un hôtel où nous arrivons vers midi soit 11h après le supposé décollage de l’avion, je suis épuisée. Cela va mieux après une sieste et un bain et nous apprenons que nous décollons à minuit le soir même, l’avion aura une petite heure de retard bonus, mais nous finirons par arriver à Doha au Qatar puis à Dar es Salam, où j’arrive 24 heures après le vol que je devais prendre pour Kilimandjaro Airport, et dois racheter un ticket. Ce dernier vol aura 3h de retard qui auront raison de ma patience et feront que je serai vers minuit à Moshi après un périple de 63 heures sans dormir dans un lit : mon record indonésien est pulvérisé !

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Et ce tampon-là, vous l’avez ? (Canceled : vol annulé)

Néanmoins, ces émotions sont vite oubliées, car je suis à Moshi pour escalader le Kilimandjaro avec deux amis, JB et Julien. Le premier débarque une heure après moi mais se retrouve face à un zombie à moitié endormi, il faudra attendre le lendemain pour de vraies retrouvailles. Il m’apporte également tout l’équipement nécessaire pour l’ascension car il va faire un poil plus froid que l’été ininterrompu que je vis depuis mai.

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Le matériel nécessaire pour l’ascension

Nous retrouvons Julien au petit dej, il est accompagné de Jeff, un Indien de 18 ans qui a décidé d’escalader le Kili quelques jours auparavant. Pour commencer notre séjour tanzanien, on opte pour une visite « d’une plantation de café et d’une cascade » d’après l’hôtel. C’est en fait bien mieux : nous arrivons après une demi-heure de « route » à un village Chagga, l’une des trois principales tribus tanzaniennes avec les célèbres Masaï et les Sukuma, les plus nombreux. Un guide nous présente le village, les plantes utilisées par la tribu, les traditions locales … on aime particulièrement la racine à mettre avec son argent pour qu’il ne disparaisse pas trop vite ! La cascade est également plutôt impressionnante, mais je suis plus touchée par la densité de la forêt et les innombrables arbres fruitiers.

Visite d’un village Chagga près de Marangu

Encore une bonne surprise : nous n’allons pas visiter une plantation de café, mais faire nous-mêmes notre propre tasse, du tri des grains au breuvage ! Ecaillage, tri, torréfaction sur le feu, broyage sur l’air de Jambo Bwana font partie du processus. Les grains de café verts n’ont pas d’odeur, en revanche quand ils sont grillés ils prennent leur caractéristique robe noire et un parfum absolument divin ! La boisson est plutôt surprenante au départ mais nous nous habituons vite à son goût à la fois riche et léger.

« Maheshamaref ! » (Tchin, plus précisément « aie une longue vie ! »)

Un briefing sur notre trek qui commence le lendemain conclut cette première journée africaine. Le 13 janvier, nous partons pour la montagne. Nous prenons la voie Machame, réputée pour être l’une des plus belles. L’ascension dure 4 jours et la descente deux, la difficulté n’est pas la randonnée (c’est globalement peu escarpé) mais l’altitude : avec la pression de l’air réduite, on peut ressentir un « mal de l’altitude » (nausées, migraines) qui peut avoir des conséquences graves. Ce point ne nous rassure pas vraiment, car les symptômes peuvent commencer à 3000 m comme ne jamais se déclencher.

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C’est parti !

A la Machame Gate, où nous commençons la marche à 1800m d’altitude, nous faisons connaissance avec notre groupe : deux Grecs professeurs d’université en Arabie Saoudite, et un père et son fils néozélandais vivant en France âgés de respectivement 67 et 19 ans, incroyable ! sans oublier le fameux Jeff. Nous avons hâte de commencer mais notre équipe doit d’abord se préparer : en effet, nous serons accompagnés d’une vingtaine de personnes cette semaine : le guide Bariki et ses assistants (pour redescendre quelqu’un en cas de problème), le cuisinier, et assez de porteurs pour déplacer les tentes, provisions, chaises, sacs … une sacrée organisation ! Nous marchons toutefois seuls avec le guide car les porteurs sont beaucoup plus rapides que nous (avec des baskets et une quinzaine de kilos sur le dos, voire sur la tête, une belle leçon d’humilité. Il y a même des porteuses !)

Tristement, mon souvenir de ce moment sera surtout les réflexions envers les femmes par la demoiselle qui nous enregistre : « tu es la seule fille du groupe, tu dois finir ! ils te porteront si tu n’arrives pas jusqu’en haut !  » / « tu es mieux avec juste des hommes, les femmes sont des pétasses » / « c’est pour qui le repas végétarien ? ah la fille évidemment ». Malaise de mon côté, mais qui ne ternit ma motivation à grimper la montagne dans cette équipe entièrement masculine, au contraire ! C’est parti pour l’escalade !

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Jour 1 : entre Machame Gate et Machame Camp

Le premier jour, nous marchons essentiellement dans de la forêt tropicale, et la deuxième moitié de l’après-midi se fait sous la pluie, on n’aura pas ramené nos ponchos pour rien ! Les craintes que j’avais sur l’altitude, mon niveau de randonnée après 6 mois peu actifs … fondent comme neige au soleil (c’est le cas de le dire) dès que je fais quelques pas sur le sentier. Mettre un pied devant l’autre dans un cadre aussi joli me fait oublier tout le reste. Je me sens bien, heureuse. La pluie ne diminue pas cette sensation, au contraire. Nous arrivons en fin d’après-midi à notre premier camp, Machame Camp (promis, après ça change de nom !).

Il est au milieu des arbres, mais nous constatons quand même qu’il y a de nombreux autres groupes disséminés dans la forêt, cela nous fera de la compagnie ! Nous prenons notre premier dîner ensemble dans la tente « cantine » d’abord du pop corn et du thé pour patienter jusqu’au repas, puis le dîner en lui-même. Il comportera toujours de la soupe en entrée, ce qui fait vraiment du bien, et j’aurai à chaque repas ma casserole attitrée avec un plat végétarien comme un mélange de légumes, un curry, des haricots, un ragoût de pommes de terre … accompagnés de féculents variés. J’ai un très bon souvenir de la nourriture de cette semaine ! Je récolte également ce soir-là mon nouveau surnom : « dada » qui veut dire « soeur » en swahili, les Tanzaniens s’appellent ainsi entre eux, mais étant la seule fille du groupe de 25 personnes, ce mot prend une signification particulière pour moi !

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Apéro à la Kili : popcorn et thé bien chaud !

On papote un peu avec le groupe, on se raconte quelques histoires, avant de se dire bonne nuit, ou « Lala Salama » en swahili après le briefing du lendemain. J’ai un peu froid en sortant de la tente mais me fais violence pour rester dehors et observer les étoiles, car le ciel est fantastique, si beau que l’on ne sait pas où poser les yeux. Pour donner une teinte rigolote à ce moment déjà mémorable, j’entends les commentaires de mes deux amis qui découvrent comment sont les toilettes sur le Kili (une fosse plutôt répugnante, cela donne une conversation bien drôle, même si je sais que je vais y passer après !) sur fond de ciel étoilé : je m’en souviendrai ! J’ai la chance d’avoir une tente à moi toute seule, et m’endors comme un bébé une fois emmitouflée dans mon sac de couchage.

Après un petit dej bien complet (toasts, porridge, fruits …) et un premier aperçu du Kili qui émerge des arbres, nous partons pour notre deuxième journée : la forêt tropicale fait place à une forêt éparse et sèche et l’on peut déjà avoir des points de vue sur les flancs de la montagne. Cela grimpe bien, on aperçoit des « corbeaux au cou blanc » et un aigle, ainsi que de petites fleurs rouges qui n’existent que sur le Kilimandjaro. Vers la fin de la matinée, nous dépassons la forêt et nous retrouvons dans un paysage rocheux de montagne, avec quelques rivières à enjamber.

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Jour 2 : entre Machame Camp et Shira Camp

La marche est un peu plus technique, il y a quelques rochers à escalader, mais cela reste facile. Nous arrivons pour le déjeuner au Shira Camp, situé à 3800 m d’altitude (ce nombre avait une signification pour moi car c’était l’altitude la plus haute à laquelle j’étais allée sans problème, à la station suisse de Zermatt, on se rassure comme on peut !) Je fais une petite sieste dans ma tente avant que nous ne partions nous balader un peu. Si au déjeuner le temps était couvert, la vue de l’après-midi est splendide, qu’il s’agisse des flancs de la montagne encore nuageux en contrebas ou du fantastique Kilimandjaro tout enneigé qui nous toise de toute sa hauteur dans un paysage désertique.

Le Shira Camp : le Kili en haut et ses flancs en contrebas

Notre guide Bariki nous raconte que la première fois qu’il a grimpé le sommet, il avait 15 ans et a eu si froid qu’il est redescendu en courant jusqu’en bas. Nous faisons le plein de photos avant de revenir au camp, non sans faire un peu de yoga parce qu’on a bien marché (bon ok, c’était surtout pour rigoler).

Je dors aussi profondément cette nuit que la précédente. Le lendemain, le programme est de monter à 4600m au camp « Lava Tower«  (tour de lave) pour acclimater notre organisme à l’altitude, puis de redescendre à 3800 m au camp Baranco pour dormir. L’ascension se fait dans un paysage rocailleux et presque désert, nous apercevons nos premières neiges, notamment au niveau de la Lava Tower où tout est enneigé et où nous déjeunons en compagnie de corbeaux et de chipmunks.

Jour 3 : Chemin entre le Shira Camp et la Lava Tower / La Lava Tower

Puis nous redescendons, et la première partie de cette descente est vraiment pénible, car nous longeons une rivière et devons tenir en équilibre sur des rochers peu stables presque tout le long. Un petit souffle de nostalgie lorsque j’entends un groupe de québécois commenter la descente avec quelques « tabarnak !« . Nous sommes récompensés par un paysage somptueux une fois en bas avec vue sur la Lava Tower.

Il nous faut encore descendre une heure ou deux jusqu’au prochain camp et c’est plutôt difficile, car il pleut, et le chemin est constitué en grande partie de rochers, il faut vraiment se concentrer pour éviter de tomber. J’aperçois pour la première fois des sortes de palmiers que je pense être typiques du Kilimandjaro vu l’altitude à laquelle nous sommes. Au bout de ce qui me semble une éternité, alors que les deux jours de montée sont passés vite, nous arrivons au Baranco Camp, à 3800 m de hauteur, tout trempés, et filons nous réfugier à la tente. Des porteurs nous apportent du thé et la traditionnelle bassine d’eau chaude pour se laver à laquelle nous avons droit matin et soir. Je lis un peu (entre soirées sous la tente et les pauses de l’après-midi, je dévorerai assez rapidement le pavé de Zola que je m’étais réservé pour cette semaine) puis c’est l’heure du dîner, et d’une nuit plutôt calme, mais qui me vaudra la décision d’arrêter de boire à partir de la fin d’après-midi parce que se lever en pleine nuit pour aller aux toilettes à 3800 m, c’est vraiment difficile !

Les palmiers / le camp Baranco, et son fameux mur sur la droite

Le lendemain est une journée plutôt sportive : nous allons grimper un « mur« , le Baranco Wall, qui surplombe le camp, puis nous redescendrons dans une vallée avant de monter à notre dernier camp, le camp Barafu. L’escalade du mur se fait sans problèmes, au contraire, je trouve cela plutôt amusant, on voit également l’aisance des porteurs.

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Jour 4 : A l’assaut du mur, entre Baranco Camp et Barafu Camp

En haut, on fait quelques photos, et on est épatés par l’énergie de certains porteurs qui se mettent à sauter partout et chanter, leur bonne humeur est contagieuse ! Puis c’est parti pour la descente, nous passons par un paysage qui a tout du film post-apocalyptique, avant de descendre dans la vallée.

En haut du mur / le paysage pendant la descente

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Une fois en bas, on assiste à une belle démonstration de stupidité : le paysage est magnifique, arboré, une rivière coule, toute fraîche des glaciers … et certaines personnes à côté de nous vont uriner dans la rivière. Normal, non ? Je fulmine, il y a 300 rochers tout autour de nous, pourquoi aller se soulager dans l’eau potable ? En plus ce sont des Français. Bref, passons, et on poursuit l’ascension jusqu’au camp où nous déjeunons et alors que nous avions un temps d’hiver et 4 couches de vêtements une heure auparavant, le soleil pointe le bout de son nez et je me retrouve dehors en tee shirt à savourer mon ragoût de pommes de terre et légumes. C’est donc vrai que l’on parcourt les quatre saisons en escaladant le toit de l’Afrique !

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A la soupe

Nous repartons pour le camp Barafu sur des airs de chansons Disney (à cette altitude je n’ai pas mieux niveau inspiration). La fin tarde à arriver surtout que nous avançons sur des rochers brisés et que je crains pour mes chaussures. Nous finissons par découvrir le dernier camp, entièrement bâti sur des rocs, avec une vue sur un flanc de montagne monumental en face de nous. J’appréhendais ce dernier camp car c’est le plus haut et j’avais peur du froid et des effets de l’altitude, sans compter que nous nous lèverons à minuit ce soir pour l’ascension finale. Et bien c’est tout le contraire : il fait beau, je peux donc me laver dans la tente chauffée par le soleil, je n’ai pas d’effets de l’altitude, et miracle, je capte un peu de réseau et reçois des encouragements de mes proches, qui me dopent le moral déjà au beau fixe !

 

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Le camp Barafu, 4600m

Le dîner est assez tôt pour nous permettre de dormir un peu, et Jonathan, le jeune néozélandais, nous propose un peu de Kilimandjaro beer : ce sera une des meilleures bières de ma vie ! Nous choisissons de nous lever à une heure du matin pour partir à deux heures. La dernière montée au sommet se fait en un seul coup pour éviter les effets de l’altitude, et de nuit car le temps est mauvais l’après-midi. Nous allons donc monter pendant 7h, de nuit, pour arriver au sommet, après une nuit où je réussis à dormir malgré quelques ennuis, et un réveil où il faut enfiler environ 4 couches de vêtements. C’est donc vêtue d’un tee shirt, d’un pull, de deux polaires, d’une veste de ski, de collants, d’un legging, d’un pantalon de ski, de trois paires de chaussettes et deux paires de gants que je me lance à l’assaut de mon premier sommet, éclairée par ma frontale. Au début, il ne fait pas trop froid, les guides nous ont prévenus que le froid était plutôt pour les deux heures avant le lever du soleil. Je me sens bien. On ne voit pas la montagne, il fait nuit noire, mais on voit les lampes de toutes les personnes devant nous, nous faire comme un chemin éclairé, c’est plutôt motivant. Lorsque le froid et le vent se font sentir, c’est un peu plus difficile, et j’avais prévu de la musique au cas où pour me donner du courage, mais je n’en ai pas envie (il faut dire que cela m’obligerait à enlever mes 2 paires de gants quelques secondes) et poursuis mon chemin, en file indienne avec mon groupe.

Le ciel commence à s’éclaircir tout doucement et teinter de gris le paysage. Puis, petit à petit, des lueurs blanches, puis jaunes, puis orangées apparaissent. Le soleil ! Nous commençons à mieux voir autour de nous : c’est tout enneigé ! Et un beau pic nous sépare du jour naissant. Ce lever de soleil restera dans ma mémoire comme l’un des plus beaux que j’aurai vus.

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Jour 5 : Bientôt au sommet !

Mais il est temps de poursuivre notre montée, car nous ne sommes pas encore arrivés ! La première étape est d’arriver à Stellar Point, où nous arrivons tant bien que mal après environ deux heures de marche après le lever de soleil, je commence à ressentir une forte fatigue, mais suis ravie d’être arrivée jusqu’ici, d’autant plus que la vue à l’intérieur du cratère qu’est le Kili est saisissante !

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Stellar Point – vue à l’intérieur du cratère

Ensuite, la dernière étape est de longer le cratère de Stellar Point à Uhuru Peak qui est le point culminant du Kilimandjaro, on se met rapidement en route. Je n’ai plus d’énergie et avance à pas d’escargot, épuisée. Cette dernière montée aura raison de ma forme physique : je réalise que la fatigue m’a empêchée de constater que je fais une hypoglycémie et suis sur le point de m’évanouir. J’alerte juste à temps le guide qui m’accompagne, « Mister Coleman« , et m’assois et mange quelques noix. J’attends un peu de reprendre des forces puis me remets tranquillement en route, et vois que JB, qui est devant moi, a écrit nos noms dans la neige : ça y est, ça va mieux ! J’arrive enfin au sommet où m’attendent JB et les néozélandais. Julien arrive juste après moi : on a réussi ! On mange et se repose, avant d’attaquer la séance photo au sommet, qui sera mémorable !

En chemin vers Uhuru Peak

Le Kilimandjaro culmine à 5895 mètres, ce qui en fait le toit de l’Afrique et la plus haute montagne isolée du monde. J’ai lu environ 200 articles sur les effets de l’altitude et de la basse pression de l’air sur l’organisme, qui causent une faiblesse générale, sans compter le froid au sommet. Et bien, dans notre cas … rien du tout ! nous passerons une bonne heure au sommet, au soleil, à papoter, faire des photos, danser de joie, contempler le paysage, notamment une vue sur le mont Meru, et sur un gigantesque glacier qui ressemble fortement au Mur de Game of Thrones. On a escaladé le Kili !

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Vient ensuite le temps de la descente. On croise Jeff, qui n’aura pas marché avec nous cette semaine, car il a plus de difficultés, mais il ira quand même jusqu’à Stellar Point, on admire sa détermination ! Puis il faut descendre quelques heures dans une couche de cailloux et de poussière sans aucune stabilité, je galère, manque plusieurs fois de me tordre la cheville, et ai mal partout à la fin car je force sur mes pieds et mes orteils sont écrasés à l’avant de ma chaussure. Nous descendons à notre rythme avec Julien et l’un des assistants guides, mais j’arrive au camp Barafu complètement vidée. Je m’en fiche, j’ai escaladé une montagne !

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Après une sieste et le déjeuner, nous partons pour le dernier camp, où je suis très soulagée de constater que la descente est bien moins difficile que les précédentes, et où nous pouvons admirer le toit de l’Afrique une dernière fois.

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Le dernier jour sera une descente dans les paysages des deux premiers jours puis un retour à l’hôtel. Le soir, c’est dîner d’adieu : les guides sont présents pour nous remettre un tee-shirt Kilimandjaro et un diplôme attestant notre ascension. Je tiens à faire une photo avec Bariki, qui nous a guidés toute la semaine avec bonne humeur, et « Mister Coleman« , qui m’a emmenée au sommet tant bien que mal. Sur mon diplôme, j’ai tenu à ce que Bariki rajoute après mon nom « Dada », un surnom banal en Tanzanie, mais pas pour moi : Dada est cette personne qui a grimpé sept heures dans la nuit et le froid, avec 4 couches de vêtements, un paquet de problèmes digestifs, une hypoglycémie et 4 heures de sommeil, pour escalader une montagne, et aujourd’hui j’ai peine à croire que c’était moi.

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Jour 6 : On l’a fait !

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