Carnets 11 – La Polynésie – Rangiroa et Tahiti

J’ai du mal à accepter de ne pas pouvoir plonger à Rangiroa alors que je suis venue pour ça. Finalement, je parviens à me dire que je retournerai en Polynésie quand j’aurai une meilleure expérience de la plongée, j’ai le temps. Et cela me permettra d’aller à Fakarava, similaire à Rangiroa mais avec trois fois plus de requins dans la passe !
Après une journée farniente pendant qu’Olivier plonge, et une soirée où on fait trois quarts d’heure de vélo avant de trouver un snack ouvert, on part pour « l’île aux récifs« , conseillée par une Française qui avait l’air ravie que l’on passe dans sa boutique et a appelé pour réserver à notre place – il n’y a décidément pas tant de visiteurs à Rangiroa …  Nous faisons donc la connaissance de Léon, Tahitien particulièrement cool en tee-shirt Red Hot Chili Peppers et casquette de base-ball. Il nous faut une heure de bateau pour y arriver car on traverse tout le lagon, ce qui nous permet une nouvelle fois de constater son immensité. 

Une fois sur place, c’est la carte postale : sable fin, eau turquoise, cocotiers, poissons … Entre l’océan et le lagon, d’énormes rochers de corail noir bloquent les vagues, et derrière l’eau est claire comme une piscine, avec un léger courant. 

On fait un peu de snorkeling pour constater que la vie sous-marine est bien présente, puis dégustation de noix de coco fraîchement tombée de l’arbre. Je reçois mon nom tahitien de l’ami de Léon : Uo Uo (Uo signifiant « blonde » !). On se dirige ensuite vers les rochers de corail et c’est incroyable : ce n’est pas visible de loin, mais juste derrière les rochers, l’eau forme des piscines naturelles d’eau parfaitement claire. Il est possible de sauter des rochers et c’est parti pour une séance plongeon vraiment sympa.

Ensuite, on traverse la lagune avec de l’eau jusqu’à la taille avant de retrouver Léon qui s’affaire près du barbecue à côté d’une plage magnifique où se promènent une bonne vingtaine de petits requins à pointe noire. On nous offre une bonne Hinano bien fraîche et du pain coco : un pain à base de farine et de noix de coco râpée. J’en ai déjà testé plusieurs fois mais celui-ci est incomparable, il vient d’être cuit au feu de bois, est chaud et croustillant, un délice ! Je goûte également du riz préparé avec des fruits secs et du maïs. 

Session tressage de paniers à la fin du repas

Nous passons un super moment à discuter avec le groupe dont deux Lillois avec qui on sympathise. Tout le monde s’accorde à dire que la nourriture est exceptionnelle et les Tahitiens sont tout fiers !
Au moment de faire la vaisselle, les requins pointe noire débarquent tous près de la plage, visiblement habitués. Cela ne me plaît pas vraiment mais c’est assez drôle à voir. 

Nous faisons un dernier tour sur l’îlot, l’occasion d’apercevoir un surprenant « crabe coco » à la carapace bleue, capable de briser une noix de coco avec ses pinces, et de prendre plusieurs photos dignes d’une carte postale avant de partir.

Je pense que l’on rentre sur Rangiroa : pas du tout ! Après une heure de bateau, nous faisons une pause à la passe de Tiputa où nous sommes rapidement rejoints par des dauphins. Pas de sauts dans les vagues cette fois-ci, mais ils sont incroyablement joueurs et passent de bonnes minutes à s’approcher tout près du bateau, devant, en dessous, se retourner à la surface … 
Nous passons une bonne demi-heure en leur compagnie, je n’en ai jamais vu d’aussi près ! Je suis enchantée et laisse rapidement tomber la prise de photos pour profiter du moment et guetter leurs yeux rieurs.

Alors que j’imagine que la journée est finie, c’est encore faux : le bateau retourne dans le lagon et nous dépose à « l’aquarium » dont nous ne tardons pas à confirmer le nom : des bancs de poissons multicolores partout, une visibilité exceptionnelle : tous à l’eau ! Ce moment restera gravé dans ma mémoire, les poissons tout autour de moi, les coraux aux couleurs éclatantes, et très rapidement, j’aperçois un requin tout près de moi, puis un autre. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine : je nage avec des requins ! 

J’en avais aperçu un lors de ma plongée à Bora mais ici la visibilité est bien meilleure et c’est un enchantement de les voir évoluer dans la mer d’une façon si particulière. Je suis ravie et profite au maximum de cette baignade en cherchant les requins et en explorant les coraux en snorkeling.

Cette journée sera un de mes meilleurs souvenirs de Polynésie. Nous quittons Rangiroa le lendemain pour Tahiti où nous attendent Marie et Pauline qui partent le soir même. Après la découverte de la maison de Renaud avec piscine et vue magnifique, nous partons pour le Méridien boire un verre au coucher du soleil. Le plus beau que j’aurai vu ici d’ailleurs : la vue sur Moorea, le calme absolu du lagon, l’embrasement furieux qui suit le coucher de soleil, donnant à ciel et mer des teintes vert, rose, orange, avant de transformer l’eau en océan d’or fondu, qui nous laisse sans voix. 

Nous rencontrons également des amis de Renaud et cela fait du bien de discuter un peu du Burning Man : je réalise que cette expérience incroyable est bel et bien terminée, malgré l’enchaînement de sensations fortes de ces dernières semaines qui ne m’a pas aidée à prendre du recul. Je réalise également que oui, j’y retournerai, c’est sûr : cette année ou plus tard, mais je reviendrai à Black Rock City.

La tradition de Renaud est de manger aux roulottes de Papeete le dernier soir quand quelqu’un lui rend visite : direction le centre-ville où je mange un très bon chao men végétarien avant de faire mes adieux à Marie et Pauline. J’ai vécu tant de choses avec Marie que je suis vraiment nostalgique à l’idée que je ne la vois plus pendant un an environ. Petite nuit de 4h ensuite dans un énorme lit gonflable chez Renaud : nous nous levons à 5h car Renaud nous emmène et il travaille à 6h, et nous comptons bien explorer un peu Papeete pour ce dernier jour. 

Marché de Papeete

Après un petit déjeuner hors de prix (35 euros pour deux, on s’est un poil fait avoir), nous partons explorer la capitale, pas bien grande, mais qui a quand même son charme avec son parc en bord de mer,  son marché coloré, et surtout son street art : chaque année, de grands noms du street art débarquent pour créer des oeuvres monumentales sur les façades des immeubles lors d’un festival. 

Nous avons la chance d’en voir une en cours de réalisation, et mon coup de coeur va à une oeuvre brésilienne (promis, c’est pas fait exprès) et à un visage de vieille femme dont les yeux reflètent l’île de Tahiti. On rejoint ensuite Renaud pour notre « sortie baleine« .

Chaque année, les baleines remontent de l’Antarctique pour s’accoupler ou mettre bas dans les eaux chaudes de Polynésie. Dans ce cas, elles passent ensuite deux-trois mois sur place le temps que le baleineau grandisse et  prenne des forces, bien qu’il n’y ait rien à manger pour les mamans sur place – le baleineau se nourrissant de lait maternel

Il y a donc un grand nombre de baleines en Polynésie de juillet à octobre ; elles peuvent même entrer dans les lagons – comme nous l’avons vu à Huahine ! – lorsqu’elles sont menacées par un prédateur comme l’orque (en anglais « killer whale« ). Les « sorties baleines » visent à leur rendre visite, voire nager à leurs côtés avec moult précautions vu qu’une baleine a à peu près le gabarit d’un autobus, et qu’il faut éviter au maximum de les perturber, surtout si elles ont un baleineau.

Même si ces derniers sont curieux et aiment s’approcher des humains et des bateaux pour voir !

Nous voilà donc partis avec Renaud et Olivier à guetter le souffle des baleines à l’horizon. Je croise les doigts autant que je peux, tout en me disant que je suis déjà très heureuse d’avoir vu tous ces animaux marins dans leur environnement naturel, raies manta, dauphins, requins …

Marie et Pauline nous ont raconté que les raies reconnaissaient les humains à leur champ magnétique et pouvaient ainsi rendre régulièrement visite à certains d’entre nous, et aiment les caresses comme les chats … j’ai vu et appris tant de choses que je n’aurais jamais soupçonné !

Et maintenant je vais peut-être voir les géantes de la mer, venues d’Antarctique jusqu’ici … 

Soudain, nous apercevons le souffle d’une baleine : à l’eau ! Le groupe se lance à la rencontre de la baleine avec masque, tuba et palmes tout en essayant de faire le moins de bruit possible. C’est parti pour de longues minutes à scruter le grand bleu à la recherche des cétacés, un peu trop longues car j’attrape un mal de mer infernal à force d’être battue par les vagues et de ne pas distinguer le haut et le bas. Enfin, nous la trouvons, et le but est d’attendre qu’elle remonte à la surface pour respirer, ce qu’elle fait toutes les vingt minutes environ. Le bébé, lui, remonte plus souvent. Soudain, une forme blanche commence à émerger des profondeurs (la visibilité n’est vraiment pas très bonne) : c’est le baleineau ! Il est déjà gigantesque à mes yeux d’humaine, et passe vraiment tout près de nous.
Je ne sais pas ce que je ressens de plus fort entre l’émotion de le voir enfin, sa façon d’évoluer si aérienne et légère, et mon mal de mer bien intense. Je distingue à peine la baleine, immense, qui remonte à son tour. Nous les voyons une deuxième fois et Renaud est littéralement à deux mètres du bébé cette fois-là. Je suis sans mots.

Nous remontons dans le bateau, ce qui permet à mon mal de mer de diminuer un peu, et prenons le chemin du retour lorsque d’autres baleines croisent notre chemin : nous filons à l’eau et nous dépêchons de les rejoindre. Je suis un peu loin pour voir la baleine sous l’eau, et lève la tête pour l’apercevoir à la surface. Elle est si immense, majestueuse, je me sens minuscule, je suis scotchée.

Nous disons au revoir aux baleines, remontons sur le bateau et commençons le chemin retour. J’ai alors la sensation d’émerger du brouillard dans lequel j’étais (le mal de mer ?) et toute ma joie éclate : je viens de vivre un moment exceptionnel ! J’ai nagé avec des baleines ! Je me promets que ce n’est pas la dernière fois.

Notre dernière soirée à Tahiti se fait autour d’un dhal de lentilles que j’ai cuisiné pour nous trois, contente d’avoir une vraie cuisine à disposition, et non pas notre réchaud-boîte de conserve. Le lendemain, Renaud nous conduit à l’aéroport et nous dit « je reviens ! » Quelques minutes plus tard, il réapparaît avec deux colliers de coquillages, cadeau traditionnel d’au revoir. « Hors de question que vous quittiez Tahiti sans ça ! » Cette conclusion me semble à la hauteur du voyage incroyable que nous venons de vivre.

Quelques photos supplémentaires :

Rangiroa :

Tahiti :

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Carnets 10 – La Polynésie – Bora Bora et Rangiroa

A l’aéroport de Huahine, Marie et Pauline nous rappellent de demander à aller dans le cockpit, ce que je fais en arrivant à bord. Au bout de quelques minutes, l’hôtesse vient me voir et claironne : « venez, je vous accompagne ! » Je me retrouve donc entre les deux pilotes à essayer de réaliser ma chance, non sans une pensée pour le Burning Man lorsque j’enfile le casque de pilotage pour la deuxième fois en un mois. La vue sur Huahine est brouillée par les nuages, mais un superbe panorama sur Raiatea se dessine en milieu de vol alors que je discute avec mes voisins.

Puis c’est l’enchantement : les deux pics de Bora apparaissent, auréolés de nuages, et suivis des couleurs bleu turquoise et vert jade de son lagon, vers lesquels nous nous approchons de plus en plus … Je me souviendrai toujours de l’atterrissage dans cette palette de couleurs.

On m’avait déconseillé Bora Bora : très chère, trop touristique, inadaptée aux backpackers …
Je ne regrette pas une seconde d’avoir persisté. Mes cinq premières minutes sur place valent le voyage. L’intensité des couleurs est incomparable à tout ce que j’ai pu voir dans ce style. Le trajet de l’aéroport, situé sur un motu (îlot en bordure de lagon), à l’île principale se fait en bateau, et je suis euphorique !

Vue sur l’île depuis l’aéroport

Nous finissons par arriver à Vaitape, le port, où Dino vient nous chercher et nous conduire à notre Airbnb (réservé à l’arrache la veille). Une fois sur place, surprise ! Vue sur le lagon depuis la terrasse, coin d’ombre où planter la tente, chaleureux accueil de la maman de notre hôte qui sera aux petits soins pour nous tout le séjour, et deux petits chatons adorables en bonus.
Les deux autres occupants du logement débarquent ensuite : ils travaillent en France sur une machine à rendre l’eau potable au moyen d’énergie solaire, et sont en mission ici pour en installer une. Il ne nous faut pas longtemps pour constater que l’un d’eux a les mêmes goûts musicaux que nous et de discuter au calme du meilleur album d’Opeth … à Bora Bora … plutôt improbable !

Notre programme ici sera farniente, plage même si le temps n’est pas des plus ensoleillés, et plongée. Nous fêtons notre arrivée au Sofitel, à deux pas de notre logement, où je ne résiste pas en voyant un burger végane à la carte, et où nous peinons à réaliser notre chance d’être dans cet endroit paradisiaque.

Le lendemain, petit tour à Vaitape en stop : jolie église, apéro au bord de l’eau, constatation que le prix des fruits est exorbitant… 

Nous sommes pris en stop quasi instantanément en sortant du bar : un adorable Tahitien nous bombarde de conseils sur les activités à faire sur l’île, mais hélas le temps étant pluvieux, il vaut mieux éviter la randonnée, et finalement nous ne ferons que de la plongée et de la plage.
Le vendredi, 7h30, départ pour deux plongées non sans appréhension de ma part – pour celleux qui auraient loupé les épisodes précédents, j’ai eu beaucoup de mal à avoir mon PADI – et c’est ma première plongée en mer.
Pour la première, nous allons à la « station de nettoyage des raies manta », située dans le lagon, à 20 mètres de profondeur, dans une crevasse. La visibilité à cet endroit n’est pas très bonne, ce qui est apprécié des raies car elles sont timides ! D’ailleurs, il ne faut pas les effrayer, et éviter de trop bouger quand elles s’approchent.

Le stress monte un peu mais est contrebalancé par le trajet en bateau dans les eaux turquoise du lagon. Nous nous mettons à l’eau et mon appréhension s’envole alors que je nage au-dessus des coraux multicolores, tout en descendant jusqu’au fond du lagon, où nous nous arrêtons au fond, sur le sable, et attendons les raies en restant immobiles. J’ai une grosse montée de stress à ce moment-là mais parviens à me calmer plutôt rapidement, et c’est le moment que choisit la première raie pour s’approcher. Le spectacle est vraiment incroyable pour moi, la voir nager en ondulant sereinement, puis en voir une autre arriver, et une autre … au total nous verrons six mantas ainsi qu’un petit requin !

Je ne suis globalement pas très rassurée pendant cette première plongée, et serai trop stressée au début de la deuxième pour suivre le groupe, bien que la visibilité soit incroyable : nous sommes en plein océan, le fond est à 20 mètres, et on le voit aussi bien que dans une piscine ! D’autre part, en chemin vers la deuxième plongée, nous avons fait une rencontre inattendue : un banc de dauphins qui est passé tout près du bateau, et même une baleine dont nous avons aperçu le souffle un peu plus loin dans l’océan. 
Que d’émotions pour cette journée, auxquelles s’ajoute pour moi la fierté d’avoir bien géré ma première plongée – tant pis pour la deuxième, il y en aura d’autres ! Nous fêtons cela dans le premier bar qui se présente – et qui s’avère muni d’une piscine !

Le lendemain, nous faisons nos adieux aux chatons, aux métalleux, et à notre mamie tahitienne qui nous reconduit à l’aéroport en voiture, en nous parlant de la corruption sur l’île – morceau choisi : alors qu’elle grouille d’hôtels à mille euros la nuit, les habitants n’ont même pas l’eau potable, du maire qui s’en met plein les poches … et nous informant que Dino qui nous a conduit le premier jour est le premier Mister Tahiti ! Nous quittons Bora et son magnifique lagon avec des étoiles dans les yeux. 

Notre dernière île sera l’atoll de Rangiroa.
Toutes les îles que j’ai vues jusqu’ici faisaient partie de l’archipel des îles de la Société (et du groupe des Îles Sous le Vent, joli non ?), mais là on se dirige vers l’archipel des Tuamotu, à 400 kilomètres de Tahiti, dont fait partie Rangiroa, atoll constitué d’une bande de sable large de 100-200 mètres entourant un immense lagon, le deuxième plus grand du monde. Rangiroa signifie d’ailleurs « ciel immense » en tahitien, et je trouve ce nom parfait.

L’atoll vu d’avion.

Pour notre première nuit sur place, nous avons un peu craqué notre budget et réservé une nuit dans le meilleur hôtel de l’îlot principal de l’atoll (qui est relativement minuscule et comporte une demi-douzaine d’hébergements à tout casser). Nos sommes accueillis par un collier de fleurs de tiaré (la tradition polynésienne pour souhaiter la bienvenue, pour celleux qui l’ignoraient !), puis découvrons notre bungalow en bord de plage avec jacuzzi privé, et la piscine à débordement avec vue sur le lagon … cela valait le coup de dépenser en une nuit mon budget pour 5 jours complets !

Sans retouches …

Après une journée jacuzzi-lecture, nous constatons rapidement que le restaurant de l’hôtel n’est pas un bon choix et filons vers le principal atout de Rangiroa : la passe de Tiputa, une ouverture entre deux îlots de l’atoll, et la raison pour laquelle je suis venue ici : les animaux marins (requins, dauphins, raies manta…) sont nombreux à emprunter ce passage entre océan et lagon, ce qui en fait un des meilleurs spots de plongée au monde. Le but est donc de dîner dans un des snacks situés à proximité de la passe, et d’y jeter un oeil en même temps, depuis le temps qu’on en rêve avec Olivier !

Il fait nuit et un vent infernal secoue Rangi (il ne cessera pas durant cinq jours). Direction Tiputa à la lumière de la frontale. Celle-ci éclaire tout d’abord un cent-pieds, scolopendre bien hostile (rouge, muni de cornes, plutôt grand et dont la piqûre est extrêmement douloureuse). Nous marchons donc en plein vent dans le décor surréaliste de mer en furie des deux côtés de la bande de sable, par une nuit noire, avant de trouver le seul snack ouvert près de la passe. La serveuse nous conseille de nous mettre au bord « pour voir les requins ». Des requins ?? A peine installés, nous constatons qu’elle a raison, une bonne quinzaine d’entre eux se promène dans l’eau bordant le restaurant, à quelques mètres de nous à peine. Des petits « pointe noire » aux gros « dormeurs » qui portent bien leur nom – l’un d’eux fait bien 3 mètres de long.
La scène est si belle et inattendue, je suis toute contente et passe le repas à observer mes animaux préférés à la lueur de la frontale.

La journée du lendemain est placée sous le signe de la piscine, du soleil (qui fait du bien après les nuages de Bora) et du farniente après un super petit déjeuner où nous goûtons notamment de la confiture de coco maison, un délice. 

Sans retouches bis …

Nous rejoignons ensuite notre logement pour les jours restants, « chez Olga », non sans recevoir un collier de coquillages en souvenir, le traditionnel cadeau d’au revoir (je n’ai pas très envie d’écrire « adieu »). La dénommée Olga est une adorable tahitienne qui nous informe que l’on ne doit pas hésiter à l’appeler, « mais pas maintenant, je joue à la pétanque ». Je suis enchantée par notre chambre au-dessus des vagues

Nous enfourchons les vélos mis à disposition et partons explorer Avatoru, de l’autre côté de l’îlot principal de Rangi, où il n’y a pas beaucoup plus de choses qu’à Tiputa : un hôtel, deux ou trois snacks, une église, quelques maisons, et la deuxième passe qui est tout aussi agitée que celle de la veille. Ah si ! il y a quand même une cave à vin, car un Français a tout de même été assez fou pour venir essayer de planter des vignes sur ce tas de sable … et y arriver !

Nous dînons à une roulotte – où je mange mon premier chao men végétarien, et suis presque émue de ne pas manger pour la énième fois du riz nature ou des frites – et rentrons à la chambre nous coucher sur fond de fracas des vagues contre les rochers.
Le lundi, mission plongée : nous visitons différents clubs de plongée car je compte faire le maximum et nous en réservons trois dont une l’après-midi même. Nous partons pour la première en début d’après-midi : à peine être montés sur le bateau et avoir parcouru quelques mètres, nous croisons une raie manta qui ondule tranquillement à la surface du lagon. Ensuite, le projet est de traverser la passe de Tiputa pour aller dans l’océan, de se mettre à l’eau près de l’île, et de plonger en longeant la côte jusqu’à la passe.

Je vis alors un moment particulièrement difficile. Les vagues sont des murs de plusieurs mètres de haut et le Zodiac se les prend de plein fouet, mais surtout, je suis absolument terrifiée par la plongée à venir et le fait de ne pas pouvoir remonter vu que le départ et l’arrivée sont différents (et les vagues à la surface). Cette peur n’est pas rationnelle car il est toujours possible de mettre fin à une plongée, mais avec mon peu d’expérience je suis littéralement paralysée, et il m’est impossible de me mettre à l’eau en même temps que le groupe, même si Olivier fait tout ce qu’il peut pour me rassurer (contrairement au moniteur, mais passons). Je finis par abandonner après avoir mobilisé toute ma volonté pour essayer de me convaincre que cela ira mieux sous l’eau. Du coup, Olivier descend avec le moniteur et je me prépare à me faire secouer par les flots pendant une heure.
Le Tahitien qui conduit le bateau me rassure et me dit : « on va voir les dauphins ! », pendant que j’essaie d’accuser le choc que je viens de vivre. Soudain il m’appelle, je tourne la tête et vois un dauphin jaillir des vagues en faisant un bond de 2-3 mètres de haut. Je n’en crois pas mes yeux ! Il est si proche que je distingue son « sourire ». C’est tout un banc de dauphins qui se met à s’amuser dans les vagues, avant de disparaître, mais nous en verrons encore quelques uns avant de récupérer les plongeurs et de rentrer sur l’île.

La suite de mes aventures à Rangiroa dans le prochain carnet !

Quelques photos et vidéos supplémentaires :

Bora Bora :

Ukulélés traditionnels tahitiens

Rangiroa : 

Vue sur l’atoll de Tikehau pendant le trajet vers Rangi

Passe d’Avatoru : à droite, l’îlot principal où est située la majorité des habitants, hôtels …

Carnets 9 – La Polynésie – Moorea et Huahine

J’atterris à Tahiti après quelques heures de vol depuis l’île de Pâques et suis accueillie par un groupe de musique tahitienne alors qu’il est 1 heure du matin, puis par mon meilleur ami Olivier rayonnant alors qu’il vient d’enchaîner 36 heures de voyage.

En route pour l’aéroport le lendemain, je m’étale à moitié dans une flaque de boue (alors que tout le reste du chemin est complètement sec). On s’arrête à une supérette, on sort et on est abordés par un pickup : « Vous allez à l’aéroport ? » « Oui » « OK, montez à l’arrière ! vous voulez une bière ? » et c’est comme ça qu’on rencontre « Pépé Mercier » et Gabriel qui nous offrent le lift pour l’aéroport, quelques bières fraîches, des conversations sur la vie et la famille dont j’essaierai de me souvenir, des spécialités locales comme le « Tahiti drink », un nouveau surnom pour Olivier qui s’appellera désormais « Umi-Umi » (Umi signifiant barbe en tahitien)…. Ils nous proposent de nous accueillir chez eux à notre prochain passage à Tahiti et d’aller dîner ensemble, bref, on a du mal à les quitter (ou plutôt leur rappeler que notre vol est dans une demi heure) mais on décolle pour Moorea tout enchantés de notre première rencontre polynésienne.

« La durée de vol sera de 7 minutes » … et nous voilà à Moorea, et là, je n’en crois pas mes yeux : eau turquoise, reliefs volcaniques recouverts d’un tapis de verdure, soleil, végétation tropicale, … ça y est, je suis en Polynésie.

Je garderai un souvenir merveilleux de Moorea, certainement car c’est la première île polynésienne que j’ai vue (ayant passé une seule nuit à Tahiti). Le relief est magnifique, l’eau cristalline. Notre pension au bord de la mer possède un ponton qui permet d’aller faire du snorkeling et de rencontrer une bonne vingtaine d’espèces de poissons, une murène, et même notre premier requin, une nuit. On se déplace en stop et on attend à peine quelques minutes avec le pouce levé avant que d’adorables Tahitiens ou franis (petit nom des Français) ne s’arrêtent. 

Les côtés négatifs nous apparaissent rapidement aussi : les prix, la galère pour se déplacer sans voiture (on ne verra pas les autres côtes de l’île, trop loin pour y aller en stop), l’alimentation essentiellement à base de frites, poisson et pizzas. Notre auberge ne dispose pas de cuisine donc on bricole un réchaud avec une boîte de conserve et de l’alcool à brûler, trouvé par miracle dans une station service. 

Fiers de nous, on cuisinera nombre de repas avec notre réchaud bricolage, sur le ponton, en compagnie des autres backpackers de l’auberge, des poissons (dans la mer, pas dans l’assiette!), et des étoiles au moment du dîner. On fait une exception pour une soirée avec Giovanni, rencontré sur place, sur le thème pizzas-bières-Stupeflip et grandes conversations – si on n’était pas sur un ponton donnant sur le lagon, j’aurais l’impression d’être en France (surtout avec les gens qui se plaignent du bruit au bout de 2 minutes et le prix prohibitif des pizzas 🙂 ), mais ça ne nous empêche pas de passer une super soirée dont je me souviendrai !

Nos journées à Moorea sont placées sous le signe du repos, dont Olivier et moi avions bien besoin. Snorkeling, lecture, plage … et admiration des paysages incroyables de l’île. Rien que la plage à quelques minutes de marche de la pension est une des plus belles que j’ai jamais vues.

On parvient quand même à se motiver une après-midi, en quête de fruits frais. Après avoir trouvé mangues, avocats, petites bananes et pommes locales pour un prix vraiment correct, on s’arrête à un snack où la propriétaire nous conseille d’aller visiter le Moorea Tropical Garden, juste en face : il y a une vanilleraie et une dégustation de confitures. On se lance dans l’ascension de la colline.

Une fois arrivés, on est enchantés : la vue sur la baie est splendide et une adorable grand-mère nous accueille en précisant qu’outre la vanilleraie on peut voir des jardins, des anguilles et une cascade pour se baigner. Une cascade ? C’est parti pour une petite marche en forêt tropicale un peu sportive parce qu’on est en tongs et maillots de bain. On finit par trouver la cascade et s’y installer côte à côte, dos à la chute d’eau, c’est aussi agréable qu’inattendu ! S’en suit la dégustation de confitures avec le panorama sur la baie. On en achète une mais on l’oublie là-bas, sûrement l’émotion !

Après un dernier repas à « cuisine ponton » et la dernière Hinano (la bière locale) de Moorea (cela deviendra notre tradition de fêter l’arrivée sur chaque île et le départ !), on lève le pouce pour l’aéroport. Quelques minutes plus tard, une famille Tahitienne nous emmène, les filles portent des couronnes de fleurs, on est aux anges, c’est parti pour notre prochaine île !

Arrivée sur Huahine : les deux îles qui la constituent et le pont qui les sépare

A Huahine, je retrouve Marie et Renaud, rencontrés au Burning Man, et je fais la connaissance de Pauline, l’amie de Marie, qui passe aussi un bon mois en Polynésie. Etant nombreux, on a loué une voiture pour voir le maximum de l’île – en outre, Olivier et moi sommes à une demi-heure de route des autres. Une fois la voiture récupérée, nous voilà partis pour sillonner l’île avec notre bolide, ce qui rappelle quelques souvenirs pour Marie et moi qui avons déjà passé une douzaine d’heures de voiture ensemble dans la FunMobile pour le Burning Man.

Nos retrouvailles ont lieu sur la plage de Faré, au nord de Huahine, où le soleil se couche et où on peut apercevoir la grande île de Raiatea, centre culturel polynésien et une des îles les plus peuplées de Polynésie, en face. Le plan de notre première soirée : spectacle de danses tahitiennes et pizzas sur la plage. Je suis bluffée par les danseuses, leur agilité et leur technique, l’amplitude du mouvement de leur hanches, leur élégance et leur sourire. Ils invitent le public à danser, ce qui permet pour les autres restés sur les chaises de se rendre compte de la difficulté de la danse ! Marie, Renaud et Olivier sont invités à danser, je ne suis pas mécontente d’être restée sur ma chaise d’autant que Marie danse depuis toujours alors que moi … bref !

Destination ensuite notre camping : une bonne demi-heure de route de montagne non éclairée sur fond de musique metal plus tard, on plante notre tente au bord de la mer et on passe notre première nuit en tente en Polynésie.

Le lendemain, le programme de mes amis est de faire un « four tahitien » à côté de notre camping au sud de l’île : un grand trou creusé dans le sol où cuisent à l’étouffée poissons, viandes et gâteaux dans des paniers en feuille de palmier tressés spécialement pour l’occasion. Je les rejoins peu après pour une après-midi plage et snorkeling, où je nage dans une eau si cristalline qu’on dirait une piscine, et où je vois mes premiers poissons-clown jouer à cache-cache dans une anémone, entre autres nombreux poissons multicolores. 

On fait un arrêt par une boutique de paréos peints à la main par Miri-Miri, une Tahitienne très franche et drôle à l’accent irrésistible. Elle nous propose une démonstration de nouage de paréo : c’est moi qui hérite du rôle de modèle et me voilà tour à tour habillée pour la maison, la soirée, la plage, en deux pièces … avec les commentaires et humour à la polynésienne : « ça c’est la tenue pour que le mari puisse t’agripper et te garder près de lui. Si tu veux l’envoyer balader tu peux dénouer, comme ça … » oui, la société tahitienne est encore très patriarcale et fortement basée sur le couple. On rit bien en tout cas et mes amies repartent avec deux paréos peints main, je me serais laissée tenter si j’avais un peu plus de place !

Cette belle après-midi se termine par un tour sur le pont entre les deux îles où on aperçoit une raie et des requins, et un fantastique coucher de soleil depuis la côte Nord de l’île d’où l’on aperçoit Raiatea et même Bora Bora au loin et son relief caractéristique plus d’infos sur Bora à suivre ! On dîne aux roulottes – food trucks locaux où manger frites, viande et poisson, et parfois des plats chinois – du port, en recevant la visite de toute une famille de raies qui passent près du quai. Les conversations tournent autour du Burning Man, du destin … je suis vraiment contente d’avoir retrouvé Marie complètement par hasard (à l’époque où on a planifié notre voyage en Polynésie, on ne se connaissait pas !) ici au bout du monde.

Le lundi, c’est road trip sur l’île suivant l’itinéraire conseillé par Brunelle, la Couchsurfeuse qui héberge Pauline et Marie. Nous commençons par un petit musée dans une habitation tahitienne traditionnelle sur pilotis surplombant la lagune de Huahine où on apprend sur la géographie de l’île – particulière vu les deux îles reliées, le lagon et les lagunes qui l’entourent – et la culture polynésienne. Notamment les marae qui sont des plateformes en pierre et représentent à la fois un site religieux, reliant les hommes aux dieux et aux ancêtres, et politiques où avaient lieu des cérémonies comme l’intronisation d’un chef, la réunion de plusieurs chefs … Plusieurs sont visibles à Huahine, en bord de mer ou en pleine jungle !  Justement, Pauline, Olivier et moi partons pour une petite randonnée en forêt pour voir des marae et un point de vue sur la côte.

Je suis vraiment contente de marcher en forêt, cela change des plages et cocotiers ! Arbres fruitiers partout, végétation touffue, un énorme et fantastique banian du Pacifique, des lianes de vaniller, un marae à moitié envahi par la nature égaient notre balade. Sans parler des habituels coqs que l’on croise même en forêt. Minute culture :  un banian – arbre symbolique de l’Inde figurant sur leur drapeau – est un arbre dont les graines germent sur une autre plante. Cela peut être sur les racines ou branches du banian originel, ce qui explique que les banian ressemblent à un enchevêtrement de racines, branches et feuilles particulièrement joli. On rejoint ensuite un point de vue sur le côté est de l’île, riche de tant de nuances de bleu et de vert que les mots me manquent pour les décrire ! 

Au loin, on devine la plage de l’ancien Sofitel qui est notre prochaine étape : paradisiaque, quasi abandonnée, on est presque tout seuls sur ce coin de paradis. C’est comme si le temps s’était arrêté … 

 

Pour finir cette après-midi, direction Faie où on voit les anguilles sacrées du lieu, noires et particulièrement imposantes, puis un magnifique point de vue sur la baie entre les deux îles. Le panorama avec la baie, l’océan qui se dessine derrière les îles, la végétation très dense et les canopées des arbres tout autour de nous, est digne d’un tableau, et Huahine commence à mettre sérieusement à l’épreuve mes façons de décrire la beauté sans me répéter !

On rentre ensuite à Fare où on a l’occasion de discuter un peu avec Brunelle le temps d’un apéro. Non sans quelques péripéties car j’essaie désespérément de joindre le camping que j’avais réservé à Bora Bora depuis la France, par téléphone en étant tombée sur un Tahitien avec qui j’avais discuté et qui m’avait confirmé ma réservation … j’appelle l’office du tourisme qui me dit que le camping n’existe plus et qu’il n’y en a pas à Bora. Très bien … heureusement, je trouve en dernière minute sur Airbnb un particulier proposant son jardin pour qu’on y plante notre tente. Et c’est notre dernier nuit au camping Hiva, où on n’aura même pas testé la plage, mais on aura bien exploré l’île !

Quelques photos supplémentaires :

Moorea (alias « lézard jaune » en Tahitien) :

Plantation de vanille

Huahine (alias « sexe de femme » en tahitien, car sa forme évoque une femme enceinte):

Banian du Pacifique