Comment j’ai préparé mon roman + Nouvel extrait

Comme je vous le disais dans mon dernier article, je suis habitée par un univers, où se croisent plusieurs histoires que j’ai envie de raconter. Ce n’est pas pour autant que je me suis lancée d’un bond dans l’écriture de mon premier jet : j’avais déjà essayé de le faire en 2016 mais quand on ne s’est pas préparé efficacement, c’est aussi risqué que de bâtir une maison sans fondations, résultat, je me suis démotivée à la première difficulté (ou presque).

C’est vrai, certains écrivains commencent à écrire sur une feuille blanche et leur histoire jaillit d’elle-même sur le papier, parce que tout est carré dans leur tête. Mais ils sont loin d’être la majorité, et correspondraient plutôt au cliché de l’écrivain en France, à l’opposé de nos collègues anglo-saxons chez qui être écrivain est un métier et comporte un certain nombre de méthodes, qui peuvent s’apprendre. Stephen King, J.K. Rowling, Bernard Werber, … ils sont nombreux à appliquer ces méthodes, je vais essayer de vous les présenter en lien avec mon expérience !

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Préparation dans le coffee shop vegan cloud Cakes à Paris. Ou plutôt, prétexte pour mettre de la couleur dans un article un peu pâlot.

 

Ecriture du scénario

Sans surprise, on commence par ce que Bernard Werber appelle le « squelette » de l’histoire. Si l’on a choisi de préparer son roman et pas de laisser venir l’histoire à mesure de l’écriture, différentes techniques sont possibles pour écrire son synopsis, qui servira ensuite de base à toute la préparation :

La méthode « flocon », inventée par l’écrivain Randy Ingermanson

Elle consiste à écrire son roman sous la forme d’une phrase, puis de l’étendre à un paragraphe, puis de l’étendre à une page par personnage, etc., en gros, de construire tout votre scénario et votre univers depuis cette phrase. Vous pouvez en trouver un résumé plus détaillé ici.

J’ai testé : pour moi, ça n’a pas forcément été efficace.

  • mon univers était déjà suffisamment construit, c’était le scénario qui manquait de substance (j’en avais une idée générale mais il me manquait les détails)
  • je n’avais pas assez d’expérience, et avais du mal à construire chaque nouvelle étape à partir de ce que j’avais écrit à la précédente.
  • je trouvais la méthode un peu « forcée ». Par exemple, j’avais du mal à passer de mon synopsis plutôt succinct à l’histoire détaillée d’un personnage : je n’avais pas vraiment de matière pour me donner des idées !
  • néanmoins je pense qu’elle peut être très efficace si on n’a qu’une très vague idée de son roman mais qu’on ne sait pas dans quelle direction partir, car elle permet de se cadrer un peu, de rester sur son idée ou ses personnages de base et de les enrichir ensuite.

 La « mind map » ou « carte mentale »

Souvent utilisée pour la créativité en entreprise, elle peut être utilisée pour l’écriture d’un livre. L’article le plus intéressant que j’ai lu à ce sujet (et le seul sans vouloir me vendre un logiciel ou me parler en langage startup..) est celui-ci, mais pour vous expliquer grossièrement, voici son fonctionnement en images !

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Ecrire le titre de son livre.

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Puis les différents thèmes à aborder : pour moi, c’étaient les différents narrateurs/personnages principaux ainsi que la situation politique du monde, mais cela pourrait être des lieux, des thèmes …

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Puis autour de chaque bulle, coucher toutes ses idées dans le sens des aiguilles d’une montre. Au besoin, repartir d’une bulle et faire la même chose !

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Et cætera … jusqu’à ce que vous n’ayez plus d’idées, ou couvert toute la feuille !

Cette méthode a été complètement efficace pour moi : je partais d’un début de scénario avec quelques idées, je me suis retrouvée avec une feuille A4 presque entièrement noircie, où se déroulait toute mon histoire !

Pour les personnes comme moi, fonctionnant de manière visuelle, c’est vraiment efficace de voir tout un personnage ou thème résumé sous forme de bulle (caractère + résumé de son histoire) ; c’était plus facile de trouver ce qui allait lui arriver avec tout cela sous le nez, et de le relier aux autres narrateurs de l’histoire, que comme ça de but en blanc !

D’autre part, écrire les idées les unes après les autres comme elles viennent, qu’il s’agisse de traits de caractère, de faits ou d’idées, m’a permis de faire jaillir des péripéties ou idées auxquelles je n’avais même pas pensé, elles formaient simplement une suite logique avec les autres traits de la bulle.

Cette méthode peut s’appliquer également à l’écriture d’un essai – en remplaçant les personnages par des thèmes à aborder, ou à n’importe quel processus créatif !

  • La boîte à idées

Pas vraiment une méthode à proprement parler, mais un outil précieux pour les deux méthodes ci-dessus. Bernard Werber s’en sert en l’appelant « le chutier » : une page dans le carnet, un fichier word, une note sur Keep, où l’on note simplement ce qui nous passe par la tête (dans plein d’articles de ce genre, j’ai aussi vu qu’on pouvait s’inspirer de ses rêves, mais je ne m’en souviens jamais..). Machin a une chérie cachée, Machine a eu un traumatisme dans son enfance, etc : dans la boîte à idées, on la ressortira quand on fera sa méthode flocon ou sa carte mentale ! Dans mon cas, je m’en suis aussi servie bien après avoir écrit le synopsis, même en pleine écriture : c’est toujours bon de considérer de nouvelles idées, quitte à ajuster un peu ce qu’on a préparé.

 

Ecriture de la « Bible » de l’histoire

Cette étape est pour moi la plus importante. Si vos personnages se mettent à agir de façon contraire au caractère qu’ils ont depuis le début du livre, ou s’ils ont très chaud sur la planète Trucmuche alors qu’elle est censée être couverte de glaces, le lecteur risque de se sentir floué.

Il est donc recommandé par de nombreux auteurs de rédiger une fiche par personnage, lieu, race extraterrestre… bref tout ce que vous seriez susceptible d’oublier en cours de route !

De plus, inventer une histoire aux personnages principaux (« backstory »), même si vous ne la dévoilez jamais ou juste par bribes, permet à l’auteur de mieux les connaître et les cerner.

Pour moi la question principale était le support : où allais-je stocker tout ça ? Après avoir testé le logiciel Scrivener (qui m’a beaucoup plu), le cahier-fourre-tout, l’application Evernote, … j’ai fini par revenir à mon outil habituel de travail : un classeur OneNote.

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La Bible de 27 Milliards

Scrivener ressemble globalement à cela aussi, mais comporte en plus d’autres outils pour l’écriture (organisation des chapitres, suivi du nombre de mots écrits…)

Il serait inconcevable pour moi de ne pas rappeler de stocker ce genre d’infos précieuses à plusieurs endroits ! de mon côté, en plus de mon ordinateur, j’ai tout enregistré sur Dropbox et dans le cloud Microsoft, on n’est jamais trop prudent avec son livre.

Mieux connaître ses personnages, lieux, espèces inventées …

Tout cela, c’est bien beau, mais j’écris quoi, dans ma fiche personnage ?

De mon côté, c’était un des aspects qui m’intéressait le plus ! Comme pendant mon tour du monde, je voulais raconter de vraies histoires, de vrais personnages, pas créer des coquilles vides flanquées d’un nom et d’une liste de choses à faire. (Hello 50 Shades !)

Je me suis donc tournée vers ceux que je connaissais le mieux : mes amis (et moi aussi !) et ai interviewé quelques uns d’entre eux pour mieux cerner mes personnages principaux.

Pour les autres personnages, je me suis inspirée d’un peu tout et n’importe quoi, de mes personnages de fiction préférés, d’un mauvais souvenir professionnel …

D’ailleurs, pour ceux qui m’ont lue pendant mon tour du monde, est-ce que vous devineriez comment j’ai appelé la grande chef du gouvernement dans mon livre ? Sachant que je l’ai rencontrée durant le voyage ?

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… et oui, le nom Yetti m’a semblé parfait !

Au sujet des lieux, races extraterrestres … je ne suis pas allée chercher très loin, je me suis inspirée de paysages que je connaissais, ou de mes rêves les plus fous. Mais j’ai lu que Bernard Werber (encore lui) utilisait Google Street View pour visiter virtuellement les lieux qu’il raconte, j’ai bien aimé l’anecdote !

 

Organisation de l’histoire

Cette étape n’est pas utile dans le cas de la méthode flocon, mais pour moi, je ne disposais que de la carte mentale avec mon histoire éclatée dessus, et il fallait en tirer quelque chose de chronologique et d’organisé. Sans oublier d’éviter que deux personnages qui sont chacun à un bout de l’univers ne se croisent !

Du coup, j’y suis allée à l’ancienne, avec un mur et des post-its. On peut également utiliser un logiciel comme Scrivener ou un tableau Excel.

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Bon, ça fait un peu fouillis, mais ça m’a vraiment aidée à m’organiser !

Cela m’a permis de voir la progression de chaque personnage en fonction du temps, les temps morts de certaines intrigues secondaires …

Pour la petite histoire, ce mur était celui de ma chambre à Saint-Cézaire où j’ai suivi la formation de prof de yoga. Cela m’a d’ailleurs bien inspirée, et j’ai même eu un éclair d’inspiration soudaine en fin de formation, me disant : « mon héros, là, il ne lui arrive pas grand-chose pendant cette période… et s’il lui arrivait ce que j’ai vécu ici ? »

J.K. Rowling utilise cette méthode sur une simple feuille (je m’incline devant son esprit de synthèse).

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Les colonnes de gauche à droite : numéro de chapitre, date, titre du chapitre, résumé, puis avancement de l’intrigue concernant la prophétie / Cho et Ginny / l’A.D. / ? (l’ordre du Phénix ? si quelqu’un a une idée… ) / Rogue / Hagrid et Graup.

Ecriture de la liste des évènements (ou des chapitres)

Pour beaucoup, je pense que les étapes précédentes sont largement suffisantes à la rédaction du premier jet. Mais pas pour moi, j’avais vu certain.e.s auteur.e.s préparer la liste de leurs chapitres et cela me tentait bien. Et l’exercice s’est avéré concluant parce que j’ai réalisé que mes post-its ne permettaient pas de tout raconter : par exemple, si sur les post-its j’avais :

Elyen-Si apprend qu’elle part en mission sur un vaisseau ennemi

Puis :

Elyen-Si commence sa mission

Je me suis rendu compte en écrivant ma liste de chapitres que cela correspondait à plusieurs évènements : elle apprend la nouvelle, elle se prépare, elle quitte sa planète, elle prend une navette spatiale pour aller sur une planète ennemie, elle fait le trajet de son point d’arrivée au vaisseau, et elle grimpe dedans ! Donc un peu plus que ce que les deux premières phrases laissaient penser !

Capture

Début de liste pour 27 Milliards.

Une fois cette liste faite, j’étais quasiment prête pour la rédaction du premier jet (d’ailleurs vous pouvez voir sur l’image que la liste me sert aussi pour suivre mon avancement et mon nombre de mots à mesure que j’écris).

Quasiment ? Hé oui, il restait une toute petite étape …

Vérification que tout est correc’

Comme disent nos amis du Québec. A savoir : que tout va bien et qu’on n’a rien oublié.
Pour cela, j’ai essayé de me poser toutes les questions possibles et imaginables : comment Machin va du point A au point B ? comment cela se fait que Machine ignore ça ? que s’est-il passé pour que … etc, etc.

Et de le faire avec un proche, à qui j’ai raconté toute l’histoire, et demandé de m’arrêter dès que quelque chose n’était pas clair pour lui, ou pas logique. Cela m’a aidée à débusquer quelques petites erreurs !

 

Et c’était parti pour la rédaction du premier jet ! Qui a eu du mal à démarrer, parce qu’en même temps j’apprends à « écrire » (comment mieux écrire des dialogues, descriptions, …), mais au bout de 3-4 chapitres, j’étais beaucoup plus à l’aise, et je me suis mise à écrire environ un chapitre par semaine.

A ce jour, j’en suis à 18% d’avancement sur le livre, autrement dit, on est plutôt bien. Je vais essayer de booster ce pourcentage en novembre dans le cadre du National Novel Writing Month (Mois national d’écriture de roman ou NaNoWriMo), je vous en parle bientôt !

Et comme promis dans le titre, j’ai publié un nouvel extrait sur Wattpad !

 

A bientôt et merci de me lire et de me soutenir 🙂

 

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Mon livre « 27 Milliards » : présentation et avancement

J’ai pris le temps avant de décider quoi faire de ce blog. Mon projet est fini et je ne trouve pas encore l’envie de reparler de voyage ici : peut-être que cela reviendra (j’ai encore plein de choses à dire, sur le Burning Man, le véganisme à l’étranger …), peut-être pas !

Mais j’ai beaucoup aimé raconter mes aventures ici, et j’ai été très touchée par les messages que vous m’avez envoyés. (Merci!!!) Notamment quand j’ai demandé votre avis sur mon idée d’intégrer mon projet de livre au blog.

Du coup, voilà un premier petit article sur le sujet, où je vais essayer de vous expliquer son histoire, qui remonte encore plus loin que mon projet de voyage, et vous donner quelques détails !

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Saint-Cézaire

Pourquoi j’écris

J’écris depuis … aussi longtemps que remontent mes souvenirs, je pense. J’ai le souvenir d’écrire des histoires ou des journaux pour mes parents depuis le début de l’école primaire.

Mais depuis 2002, j’écris surtout parce que je suis habitée par un univers. Celui des Tëloë, que je décrirais comme des humains « évolués », un peu plus forts et plus spirituels. Il a grandi depuis mes douze ans – où j’ai découvert la science-fiction grâce aux BD Yoko Tsuno et jeté les bases de mon monde. Il a subi un sérieux lifting à mes quatorze ans lorsque j’ai découvert le Seigneur des Anneaux, et entre autres le fait qu’on pouvait pousser aussi loin la création d’un univers. Au lycée, ma découverte du bouddhisme m’a permis d’enrichir la dimension spirituelle que je voulais lui donner.

Et après quelques années de pause, je me suis remise à l’écriture en 2016, en restant dans l’univers que j’avais créé ado mais avec mon regard d’adulte, qui plus est fan de science-fiction et de fantasy. Je dirais que les nombreuses heures que j’ai passées sur Starcraft II ont été très inspirantes pour l’aspect action, combats spatiaux et autres monstres.

J’écris pour faire vivre cet univers, disons que mon but pour l’instant est d’écrire un livre entier au lieu de m’éparpiller.

 

Syndrome Peter Pan de l’auteur ?

Je lis La Lettre du Dimanche, par l’écrivain Eric Galland du blog Ecrire un roman, depuis 2016. Cela m’aide à améliorer mon écriture et à me motiver. Dans une de ses Lettres, il évoquait notamment l’auteur au profil « Peter Pan » :

Ce type est à l’opposé du « Perfectionniste ». […] L’auteur papillonne d’un écrit à l’autre, butine joyeusement un peu partout. Il a le sourire facile. 😉
Il n’aime pas trop les contraintes, sauf quand c’est lui qui se les donne.
Comme il carbure au plaisir, il s’arrête assez facilement en cours de route.
En effet, le travail fini, bien fait, léché, c’est pas trop son truc. Alors quand ça commence à devenir lassant, il est toujours plus séduisant d’aller voir dans la fleur d’à côté.
Il plante un tas de projets en vrac, dans toutes les directions, sans qu’aucun n’arrive à porter du fruit. Quand il arrive à se concentrer un peu sur son roman, il peut vite se retrouver enseveli sous une montagne d’idées disparates…

[…]

Généralement, il ne souffre pas. Ou ne veut pas se l’admettre. Puisque pour lui, la souffrance n’a aucun intérêt. Il préfère rêver de l’histoire future et des multiples options qui pourraient y amener dans une aventure permanente. Parfois, dans un éclair de lucidité, l’auteur Peter Pan se rend compte qu’il ne pourra jamais être satisfait, parce qu’il est en train de fuir en avant.
C’est alors le moment de faire le point et de découvrir le monde réel.

En accostant le monde des adultes, l’auteur « Peter Pan » devra composer avec des contraintes et la souffrance. Mais il pourra surtout s’épanouir réellement, et pas dans une fuite imaginaire qui cache (mal) la peur.

Sortir enfin le livre promis […] et mourir.
Mourir symboliquement, bien sûr, pour renaître adulte.

Le chemin commence donc d’abord par une acceptation, un deuil. Oui, la tristesse a sa place dans une vie d’auteur. Et le labeur aussi. Vous voyez ? Là où le Perfectionniste doit apprendre à goûter le plaisir sans se mettre la pression, le Peter Pan, lui, doit accepter la sobriété de l’effort. Opposés, ils sont complémentaires et peuvent s’inspirer l’un l’autre.

Force est de constater que ce concept s’applique bien à moi, en tout cas à mes débuts d’autrice : des bribes d’histoires par paquets, plein de bonnes idées, mais aucune menée jusqu’au bout, même pas une simple nouvelle ! L’ingrédient manquant était clairement le « labeur » comme dirait Eric, se discipliner pour écrire. Au-delà de l’écrivain, je pense que cela s’applique à bon nombre de personnes débutant une discipline de création.

Aujourd’hui, si j’ai pris l’écriture de mon livre à bras-le-corps et suis dans l’écriture du premier jet, je pense quand même avoir des conclusions à tirer de ce « syndrôme Peter Pan » : est-ce que je souhaite vraiment être autrice ou juste écrire ce livre en particulier, pour faire connaître mon univers, ou par fierté ? « Sortir enfin le livre promis […] et mourir. Mourir symboliquement, bien sûr, pour renaître adulte. »

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Lever de soleil au Burning Man

On verra où m’emmène ce projet ! Peut-être que ce livre sera juste une belle fin à cette aventure qui aura duré 16 ans, peut-être sera-t-il un commencement. Quoiqu’il en soit, je suis déjà vraiment fière du travail que j’ai accompli, par le passé comme pour cette année – je vous en parle tout de suite.

 

Avancement

J’ai préparé mon livre pendant 4 mois à partir de février 2018 ! Eric Galland me définirait comme un auteur « mécano » : qui construit son univers, ses personnages et son histoire à l’avance pour mieux pouvoir créer, contrairement aux intuitifs qui font tout cela à mesure de l’écriture du premier jet.

Je suis actuellement à l’écriture du premier jetj’ai écrit 3 chapitres sur les 25 prévus ! Je pense le terminer d’ici la fin d’année. Ensuite viendra la phase de relecture et corrections.

Je vous expliquerai en détail cette phase de préparation dans le prochain article. Je suis allée voir du côté de Bernard Werber, Bob Mayer, J.K Rowling et Stephen King (quelle affiche !)

 

Le livre : 27 Milliards

Synopsis

Les Tëloë sont sur le point d’attaquer les Nahuat, contre qui ils sont en guerre depuis aussi longtemps qu’ils sont partis conquérir l’espace. Mais ils ont un avantage : ils peuvent « contrôler leur esprit » pour être plus efficaces au combat.
Seli est un Pilote de Kharzei, un vaisseau gigantesque, fleuron de la flotte Tëloë. Son contrôle-de-l’esprit, pour la première fois de sa carrière, semble connaître des dysfonctionnements.
Elyen-Si est une légionnaire du Souffle, une des plus secrètes unités de combat Tëloë, et elle doit embarquer à bord d’un vaisseau ennemi.
Lune est une simple journaliste, une humaine dans le monde des Tëloë. D’une simple idée d’article pour son journal, elle va se retrouver, avec Seli et Elyen-Si, dans une suite d’évènements qui ébranleront le monde.

 

Extrait

Vous pouvez lire un extrait du livre sur la plateforme Wattpad !

Et sûrement bientôt ici, une fois que je serai mieux renseignée sur les droits d’auteur.

A bientôt !

 

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Extrait du livre Ecrire un roman et se faire publier de Bob Mayer

Mon retour de voyage et mon changement de vie

6 mois après mon retour, je pense avoir suffisamment mûri le sujet « ce que mon voyage m’a apporté » pour pouvoir vous apporter une réponse. Le titre de cet article a l’air un peu exagéré et pourtant il est totalement vrai, je vais tenter de vous expliquer pourquoi.  Forcément, cela implique de raconter un peu ma vie, mais je suis à peu près sûre qu’il vous parlera dans une certaine mesure. Cela risque d’être long, donc faites-vous peut-être un thé (glacé ?) et installez-vous confortablement avant de poursuivre. 🙂

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Lake Tahoe, USA

Je plante un peu le décor.

Je sais que certaines personnes qui me lisent ne me connaissent pas dans la vie, je préfère donc vous préciser qu’avant de partir faire le tour du monde, j’étais ingénieure dans une grande entreprise industrielle, depuis 4 ans, à Paris. J’aimais beaucoup mon travail, malgré ses aspects non éthiques (environnement, plan de licenciement massif etc.). Aussi impensable que cela me paraisse aujourd’hui, j’ai d’abord demandé un congé sans solde de quelques mois à mon entreprise, pour pouvoir y revenir juste après mon voyage, et ainsi m’épargner une recherche d’emploi à mon retour. J’avais vaguement l’idée de changer de domaine de travail dans un futur plus ou moins proche, mais cela n’allait pas plus loin.

Comme vous le savez peut-être, mon entreprise a refusé de m’accorder ce congé. Dans ma tête, c’était limpide : comme je voulais absolument réaliser mon projet, j’allais devoir démissionner. Et pourtant en rentrant chez moi ce soir-là, je me souviens m’être sentie un peu comme si je venais de sauter sans parachute. Je me suis dit « toi qui voulais sortir de ta zone de confort, t’as plus de boulot ! ».

J’ai donc quitté mon entreprise un mois avant le début de mon voyage. Sans avoir la plus petite idée de ce que j’allais faire ensuite.

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Jour J

Le retour de voyage

J’ai eu la chance de pouvoir prolonger la magie du voyage en m’installant dans une des plus belles villes de France (coucou les Niçois 🙂 ). Déménagement de Paris, nouvelle ville, nouvelles personnes, mon premier mois en France a été chargé en nouveautés et cela a fait que je n’ai quasiment pas eu de « déprime post-voyage » comme j’avais pu en voir sur de nombreux blogs de voyage.

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Nice

J’avais décidé durant la fin de mon tour du monde de me donner quelques mois à mon retour en France, pour me consacrer à plusieurs projets personnels : notamment mon livre dont je parle plus bas dans l’article, mais aussi retourner au Burning Man me tentait bien, et partir à la rencontre des Dusty Frogz, mes compagnons de camp au Burning Man, qui étaient disséminés dans toute la France.

La liberté

Un des moments qui me revient le plus souvent de ce voyage où j’ai été très souvent accompagnée, est mon voyage au Québec, dans la liberté la plus totale, entre stop, rando seule, camping sauvage, contemplation de paysages magnifiques, et belles rencontres. Je ne l’oublierai jamais. C’est moins facile à appliquer en France, surtout que je partage ma vie avec quelqu’un. Mais je me suis quand même promis de revoyager seule, spontanément.

D’ailleurs c’est un conseil que j’aurais à donner si vous rentrez d’un gros voyage. Faites-vous un petit trip quelque part, prolongez l’esprit. Je suis partie quelques jours à Porto avec Andréa qui revenait de son année en Corée, cela nous a bien aéré la tête ! et rien que pendant les deux jours que j’ai passés seule avant son arrivée, j’avais l’impression d’être à nouveau en liberté totale. (J’ai pris des cours de surf dans l’Atlantique, un cours de création de son propre « azulejo », discuté avec des locaux …) je me suis sentie libre de faire ce que je voulais, à nouveau.

Porto

De manière générale, je pense qu’il est important de pouvoir voyager seul (si ça vous plaît bien sûr). J’ai un ami qui part régulièrement seul, bien qu’ils aient des enfants avec sa compagne : ils alternent le voyage seul, ou partent tous ensemble. Pour moi il est fondamental d’avoir cette liberté, de passer un peu de temps seul avec soi-même, pour mieux s’observer et se comprendre, loin de la cacophonie du quotidien.

Prendre du temps pour réaliser des projets personnels

Comme je le disais, ma première raison pour prendre ces quelques mois était d’écrire un livre. Plus précisément, un roman de science-fiction plutôt spirituelle. C’était un projet de longue date pour moi (depuis mes 12 ans) et je pense que je vous en reparlerai sur ce blog. Quoiqu’il en soit, je pense que cela a été salvateur pour moi d’avoir une activité sur laquelle me concentrer complètement, et qui me passionne, au retour de mon voyage. J’avais à nouveau un quotidien : je partais à la médiathèque de Nice avec mes 36 carnets et cahiers, pour construire mon univers, apprendre à écrire, planifier mon histoire. Je me suis sentie particulièrement vivante, à ces moments-là. J’avais l’impression de mener la vie dont j’avais toujours rêvé. J’ai repris mon travail d’ingénieur depuis, mais j’écris mon livre en même temps à côté 😉 et je reste persuadée que cette vie est là, tout proche.

D’autre part, j’ai fait une formation de professeur de yoga d’un mois, en mai, près de Grasse dans le Sud de la France.

Bali – Ubud – The Yoga Barn

J’avais fait beaucoup de yoga à Bali, j’hésitais à faire une formation de ce type à mon retour en France. Celle-ci me semblait parfaite car elle n’était pas loin de Nice où j’habitais. Mais c’était une sacrée somme à investir (je pourrai vous en reparler si ça vous intéresse). J’ai hésité pendant deux semaines avant de me dire que c’était trop d’argent, et de renoncer. Puis, un jour, en discutant en même temps, je suis machinalement retournée sur leur site, et j’ai cliqué sur payer. Et hop, c’était fait. Je pense que l’instinct nous trompe rarement !

Et me voilà à nouveau sortie de ma zone de confort, dans un petit village, à devoir suivre un quotidien strict, faire 3 heures de yoga par jour, et avec plein de choses à apprendre et à découvrir. Le baptême du feu pour moi était d’être en groupe en permanence alors que je suis plutôt du genre solitaire.  Mais je ne regrette pas une seconde : en plus de plonger dans la dimension spirituelle et philosophique énorme du yoga, j’ai appris beaucoup sur notre anatomie, les cellules, la génétique … ainsi que la kinésiologie, domaine que je ne connaissais pas qui se rapproche un peu de la PNL et que je compte bien approfondir.

Pendant cette formation, Corinne, une des autres stagiaires, m’a dit que j’avais eu énormément de chance, d’avoir pris conscience à 27 ans de certaines choses que d’autres réalisent à 50 ans.

Je suis aujourd’hui diplômée et j’ai donné mes premiers cours, ce fut un moment particulièrement émouvant pour moi, je ne pensais pas que j’aimerais autant partager ma passion avec d’autres. Cela vaut totalement l’argent investi même si je ne peux pas en vivre aujourd’hui.

Je dirais du coup que ces projets m’ont montré (me montrent !) la vie que je veux vraiment, et que je ne compte pas y renoncer. Je ne sais pas encore comment je les intègrerai dans ma vie, peut-être en travaillant à temps partiel, ou en les poursuivant à côté du travail. Mais c’est là que je me sens vivante, et mon voyage m’a aidée à le réaliser !

 

 

Parenthèse voyage …

Petit hors sujet pour vous faire voyager un peu aussi : J’ai aussi pu voyager en France (chose que j’avais rarement faite !) à la rencontre notamment des Dusty Frogz, mon camp au Burning Man, ils étaient disséminés dans toute la France : Rouen, Lille, Paris, Toulon, … Cela a été un bol d’air frais pour moi et m’a permis de prolonger la magie du voyage et du Burning Man. (pour patienter jusqu’au Burn de cette année !)

J’ai ainsi pu voir l’atelier des sculpteurs Stéphane et Woody, à Argenteuil (à qui nous devions notre belle tour Eiffel au Burn !).

Les ateliers d’Argenteuil

Ainsi que les Rendez-vous de la Cervelle, organisés par Fabienne et auxquels participe Fred, rencontrés au Burning Man également ! Des conférences hybrides auxquelles se mêlent du one-man-show, de la cuisine et de l’art, bref tout pour plaire !

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Rouen – Les rendez-vous de la cervelle

Sans compter d’autres escapades entre Lille, Londres, Zurich, Paris, Toulon … et les Burners que j’avais déjà pu croiser à Tahiti et à Nouméa. J’ai beaucoup aimé cette façon de prolonger la magie de mon voyage et en particulier de ces Burners si différents et enrichissants !

 

 

Le travail

J’ai envoyé environ une cinquantaine de CV à des entreprises qui font des énergies renouvelables. Aucune réponse. Hé oui, sur mon CV il est écrit en gros que je viens d’un secteur beaucoup moins éthique, du coup comme il y a déjà beaucoup de candidats dans les renouvelables, je suis passée à la trappe. Même si je ne perds pas espoir de travailler un jour dans ce domaine, j’ai finalement trouvé une entreprise. Qui correspondait plus ou moins à mes critères d’éthique et n’était pas une grande multinationale ne payant pas d’impôts en France. Je travaille donc aujourd’hui dans le secteur du traitement des déchets, qui me convient déjà bien mieux. Je ne regrette pas le temps passé à scruter Internet à la recherche d’un poste.

Encore mieux, j’ai passé la moitié de mes entretiens avec cette entreprise à parler de mon voyage, des imprévus… Moi qui avais peur que cela fasse un trou sur mon CV, déplaise à l’employeur ! Moralité : si à l’entretien, l’employeur ne comprend pas à quel point ce projet est enrichissant, vous ne voulez probablement pas que ce soit votre employeur. Donc cela ne devrait pas être un obstacle à votre projet !

Ma conclusion là-dessus serait que oui, le travail parfait n’existe pas, mais on peut s’en approcher, faire des compromis. Des études ont montré que le contexte (ville, lieu de l’entreprise, collègues…) fait 50% de notre expérience. Par exemple, quitter Paris pour un travail similaire dans une ville plus sympa, permettra déjà d’améliorer nettement sa qualité de vie.

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Mon nouveau trajet du matin

De mon côté, j’ai également réalisé qu’on s’accroche au CDI pour rien : aujourd’hui, on ne va pas passer toute sa vie dans la même boîte (en tout cas si on a la trentaine). Au contraire, malgré la situation prétendument difficile en France, je vois des tas de projets fleurir : crowdfundings réguliers pour projets type restaurants ou produits véganes, marques de vêtements éthiques, véganes, et/ou fabriqués en France (d’ailleurs voici un moteur de recherche qui permet de les repérer et même de les trier par région !), collectifs d’entraide pour entrepreneurs (d’ailleurs en voici un exclusivement féminin !)… peut-être que moi aussi, un jour, je sauterai le pas et sortirai définitivement du circuit classique ?  c’est possible en tout cas !

Du côté pratique

Pendant mon voyage, j’ai vécu sur le budget de 12 000 € que j’avais prévus (j’avais aussi une marge de sécurité). J’ai réussi à rester dans les clous malgré beaucoup de changements (durée plus longue, dépassement de budget pour le Burning Man, le Kilimandjaro…). C’est globalement parce que j’avais prévu un gros budget plongée que j’ai à peine utilisé vu mon peu de talent dans ce domaine (^^)  et que je n’ai pas eu de gros imprévu.

Pour ces quelques mois à mon retour de voyage, j’ai eu la chance d’être hébergée à Nice. Du coup j’ai fait une demande de RSA, n’ayant pas de revenu, cela m’a été accordé (il est aussi nécessaire d’être inscrit à Pôle emploi, donc on ne peut pas vraiment voyager en le touchant, à moins de frauder, ce qui n’est pas mon style 🙂 ). J’ai donc pu toucher environ 500€/mois pour vivre.

Quand je dis que j’ai sillonné la France, j’ai pu le faire grâce à l’abonnement SNCF TGVMax, qui permet, si l’on a moins de 27 ans inclus, de voyager en illimité dans toute la France pour 79€/mois. J’ai pu retrouver un peu de ma liberté tourdumondiste en me rendant par exemple à Bordeaux sur un coup de tête ou en allant retrouver des Burners à Rouen, Zurich …  je conseille vraiment cet abonnement !

 

Conclusion ?

Je suis partie à Londres récemment et comme il n’y avait pas grand-chose de vegan au petit dej, j’ai pris des toasts avec du beurre de cacahuète. L’odeur, le goût, la vue, mes sens m’ont instantanément transportée : à Montréal, à Boston, au Burning Man, en Polynésie, à Bali, en Tanzanie, c’était mon petit déjeuner pendant de nombreux moments de ce voyage. Ma version de la Madeleine de Proust, j’imagine !

J’ai clairement l’impression que mon voyage est bien loin maintenant. C’est presque comme un rêve, ou des souvenirs d’un passé très ancien. En revanche, son impact sur ma vie est là à chaque seconde, quand je prends le bateau pour aller travailler, quand je me promène dans ma nouvelle ville, quand j’écris mon livre, quand je fais du yoga, quand je planifie mon deuxième Burning Man – car j’y retourne cette année. Cela dépasse toute la nostalgie que je pourrais avoir de ce voyage. Je m’efforce de ne pas l’oublier.

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PS. Il me paraît impensable d’écrire un tel article sans mentionner la personne, rencontrée pendant ce voyage, qui a participé à chacune des décisions et expériences dont je parle ici. Merci d’exister 🙂

Carnets 22 – Safari en Tanzanie et fin du voyage

Après notre ascension du Kilimandjaro, nous partons pour la ville d’Arusha, située au pied du mont Meru à deux heures de Moshi. Le but : partir faire un safari dans les plus beaux parcs tanzaniens ! Je suis à la fois heureuse et mélancolique pendant le trajet car ce safari est la dernière chose qui me sépare de la fin de mon voyage. Cela ne m’empêche pas d’être envahie de bonheur à voir la nature et la vie tanzanienne tout autour de nous.

Arrivés à Arusha, nous tentons d’explorer la ville mais n’avons pas de chance : notre hôtel n’est pas dans une zone touristique et nous galérons à trouver un endroit où manger, sans compter les nombreux regards qui se posent sur moi (il faut dire que j’ai fait la bêtise de porter un short court)… Nous rentrons à l’hôtel pour le brief pré-safari. Cela permet aussi à JB notre respo négociation, de s’arranger avec le barman pour qu’il commande de la banana beer, que nous avons cherchée en ville en vain. Celui-ci débarque peu après avec une demi-douzaine de bouteilles de banana beer dont le goût, l’apparence trouble et les bouteilles en verre de récup montrent clairement qu’elles sont 100% artisanales, et notre dégustation s’apparente un peu à une scène de film

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Le lendemain, départ pour le safari ! Nous faisons la connaissance de notre groupe : un couple de Sri Lankais retraités vivant en Australie et un Hollandais qui vient d’escalader le Kilimandjaro… tout seul ! Enfin, avec toute la team de porteurs et guides etc, mais il était le seul de son groupe, nous sommes à la fois admiratifs et choqués. Notre premier parc sera le parc Tarangire, le plus proche d’Arusha. J’ai déjà eu la chance de partir au Kenya en 2010 en famille, quelle joie de retrouver les chemins de terre, les jumelles, le mode vigie 360° activé, et les animaux qui vaquent à leurs occupations en faisant semblant de nous ignorer. Au Tarangire, nous verrons des éléphants (qui sont en grande nombre dans ce parc), des zèbres, trois guépards en pleine sieste, plusieurs familles de phacochères, des impalas, …

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Le parc Tarangire

Nous dormons dans un «lodge» à proximité du Tarangire, il s’agit globalement d’un hôtel situé dans un village sauf que nous avons une tente à la place de la chambre, avec petite douche extérieure, plutôt sympa. Le dîner est cuisiné par notre chef. Je ne m’étendrai pas sur la nourriture durant ce safari : elle a été catastrophique et je n’ai aucune envie de m’en souvenir, je garde plutôt en mémoire celle du Kilimandjaro qui était bien meilleure, et mes camarades de voyage (non véganes) partagent mon avis.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le parc Serengeti, un des plus grands de Tanzanie, non sans passer par le bord du cratère Ngorongoro, un ancien volcan sur lequel nous avons une vue absolument splendide mais que nous ne visiterons que le lendemain.

Vue sur le cratère Ngorongoro

Nous avons choisi de visiter un village Masai, où tout est globalement mis en scène (on s’en doutait un peu pour 10$ par personne), mais bon enfant, j’apprécie plutôt les danses traditionnelles, et on n’est pas (trop) poussé à acheter. Mais je suis plutôt dégoûtée quand je vois l’école où les enfants jouent un rôle également (ils récitent en nous regardant et non en regardant le tableau ou le professeur, une énorme boîte pour les «dons» est mise en avant à l’entrée de l’école, la date au tableau est fausse…) et cela me révolte, mais passons.

Chez les Masai

Nous partons ensuite explorer le parc et croisons des chameaux (oui oui), des gnous, des impalas, un autre guépard installé sur une colline pour surplomber le parc, et surtout des lions ! J’en avais vu quelques uns lors de mon safari au Kenya, quel plaisir de revoir les rois des animaux (même en pleine sieste !). La journée se terminera sur une rencontre avec un hippopotame, une fois n’est pas coutume, hors de l’eau.

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Au parc Serengeti

Nous avons la chance de dormir en camping au coeur du parc, et de croiser un éléphant (de loin) au moment du petit déjeuner.

Une nuit au coeur du Serengeti

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L’éléphant du petit dej – je suis littéralement debout dans l’herbe à 20 m de lui !

C’est ensuite parti pour un «safari tôt le matin» (nous nous sommes levés à l’aube) où nous croisons plein d’animaux, des babouins aux hyènes en passant par les impalas. Ce qui me plaît le plus au Serengeti est le fait qu’il soit immense et tellement plat que cela donne une dimension surréaliste et le moindre arbre a l’air gigantesque. C’est très apaisant de voir les animaux se promener nonchalamment dans ce paysage dessiné par les dieux.

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Au parc Serengeti

Avant de poursuivre, j’ai envie de parler du couple de Sri Lankais qui faisait partie de notre groupe pendant le safari. Ils se sont connus pendant leurs études en Angleterre, dans le cas de Madame, c’était un déchirement de vivre sans sa famille dans un pays étranger. Ils ont ensuite travaillé de nombreuses années en Angleterre avant de partir en Australie pour vivre leur retraite sous un temps un peu plus ensoleillé. J’ai adoré ce couple, qui avait l’air de retraités plutôt ordinaires, mais qui s’est avéré aussi aventuriers que nous : ils venaient d’aller voir les gorilles en Ouganda, nous ont raconté leurs voyages à Belize dans des grottes façon Indiana Jones ou dans des tribus au fin fond de l’Indonésie, toujours avec beaucoup d’humour et de bonne humeur et jamais à la manière de Monsieur Casse-pieds. Je leur suis reconnaissante d’avoir maintenu une bonne ambiance dans le groupe du safari alors que c’était plutôt galère vu que nous avons eu pas mal de difficultés.

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Le lever de mon dernier jour – à l’arrière plan, la paroi du cratère

Le Ngorongoro est pour notre dernier jour, qui débute par un coucher de soleil fantastique. Nous enchaînons avec une descente dans le cratère au petit matin. Nous verrons tous les animaux possibles dans le cratère, buffles, gnous (dont un combat de gnous particulièrement hilarant), zèbres, hyènes, hippopotames, …

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Au Ngorongoro

Mais surtout, nous ferons un tour par la forêt qui recouvre les parois du cratère, et surprise ! Nous débarquerons en plein pendant le petit déjeuner des éléphants. Un calme absolu, une cinquantaine d’éléphants tout autour de nous en train de grignoter dans les feuillages, des éléphants qui passent à un mètre de la voiture, nous regardent … Je suis toute émue. Quel bel adieu pour un voyage aussi riche en animaux sauvages !

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Le petit dej des éléphants

Et enfin, nous verrons, de loin, une maman rhinocéros et son petit, tout blanc. C’étaient les seuls animaux que je n’avais pas vus durant mon safari au Kenya, mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Quelle chance nous avons eue !

Je prends la route le lendemain pour l’aéroport du Kilimandjaro, et constate avec plaisir que la mascarade de l’école masai était une exception : je n’ai jamais vus autant d’écoliers de ma vie que sur le chemin entre Arusha et l’aéroport, tous en uniforme, une belle illustration du taux de scolarisation du pays (95%) ! La suite : un vol pour Dar es Salam, un suivant pour Doha, et un dernier pour l’aéroport de Roissy. Mon voyage est terminé !

 

Ce carnet a été difficile à écrire, pour plusieurs raisons :

La mauvaise nourriture pendant quatre jours a été compliquée à gérer pour moi et mes camarades de voyage, parce que certes «on s’en fout de la nourriture» mais il y a un stade où on ne s’en fout plus.

D’autres échecs ont un peu terni notre safari mais nous avons mis cela sur le compte du fait que le guide était inexpérimenté, et avons pu obtenir un (maigre) remboursement. Mais le tout ensemble a noirci le tableau, je pense que j’aurais voulu que mon dernier souvenir de ce tour du monde extraordinaire soit différent. Je reste sur le magnifique lever de soleil et la rencontre avec les éléphants du dernier jour.

Pour ce qui est du retour de mon voyage, et de la suite des évènements, on m’a suggéré un article «après tour du monde». Je ne sais pas trop quoi dire. Lors de mon dernier vol, entre Doha et Paris, je suis passée par de nombreuses émotions, joie d’avoir accompli mon rêve, de retrouver bientôt mes proches, un peu de tristesse aussi, mais surtout j’ai ressenti un énorme vide. Ce voyage était mon projet depuis une dizaine d’années et s’est concrétisé en 2012 quand j’ai choisi mon itinéraire. Et là, il était fini, comme si rien ne s’était passé. Plus tard, en voyant des amis et en voulant évoquer un évènement ayant lieu début 2016, je disais «il y a un an ou deux», parce que les six derniers mois semblaient n’avoir été qu’une seconde dans ma vie, j’étais de retour dans mon ancienne vie, ou presque.

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Ou presque, parce que j’avais la chance de ne pas retourner à mon ancienne vie, ce qui m’aurait semblé insurmontable. Je quittais Paris pour m’installer à Nice, et ai pu être ainsi occupée à mon retour : déménagement, tour de France de mes proches (en priorité ceux qui m’avaient rejoint pendant le tour du monde car ils avaient quelques affaires pour moi ^^), revoir des personnes croisées sur ma route comme par exemple au Burning Man, ce qui m’a fait un bien fou. Mon voyage n’est pas fini, il ne tient qu’à moi de poursuivre mon aventure. Cela a commencé par acheter des billets d’avion pour le Burning Man avec un groupe d’amis, revoir les Dusty Frogs un peu partout en France, suivre mon coeur au sujet de mes choix de vie, et je ne suis pas près de m’arrêter !

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Je vous donne rendez-vous pour un article bilan sur ces six mois de voyage, si vous avez des questions que vous souhaiteriez me poser, n’hésitez pas dans les commentaires !

Encore merci de m’avoir suivie, je n’ai pas fini d’alimenter ce blog, et c’était (c’est) un bonheur de voir vos messages de soutien, en particulier quand je suis rentrée au pays !

Merci, thank you, gracias, mauruuru, terimakasi, khop khoen ka, jay zu bar, kopchai lalai, asante sana !

Ingrid.

Carnets 21 – Dernier mois en Asie et ascension du Kilimandjaro

Après la Birmanie, je passe une semaine idyllique à Krabi au sud de la Thaïlande, dans les bungalows Dawn of Happiness que je recommande mille fois, un vrai coin de paradis. Railey Beach, Ao Nang … je garderai un souvenir merveilleux de mes derniers jours dans le pays.

Plage de Dawn of Happiness et Railey Beach

J’enchaîne ensuite avec deux semaines à Vientiane au Laos, avec mon ami Deenu rencontré lors de mon stage dans cette ville en 2012. Fêter Noël et Nouvel An, profiter de l’incroyable diversité des restaurants de la capitale, avoir de grandes conversations et donner un coup de main dans le bar de Deenu y compris un petit concert pour mon dernier soir seront au programme pour ces deux semaines.

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Concert du dernier soir, vous noterez qu’on n’a pas perdu les habitudes niveau moyens du bord

Pas très aventurier tout ça, si ce n’est notre Nouvel An que nous décidons d’aller fêter à Vang Vieng, village en bord de rivière à quelques heures de Vientiane réputé pour ses beaux paysages et ses centaines de backpackers … mais en moto ! C’est donc parti sur la TVS Apache de Deenu pour quatre heures de route de montagne, entre villages, forêts et nids-de-poule impressionnants pour pimenter le trajet, génial !

Sur place, toutefois, je serai plutôt déçue : j’avais gardé un très bon souvenir du village en bord de rivière, surplombé de collines, touristique mais tout petit. Aujourd’hui le tourisme coréen y a explosé et il est impossible de déjeuner en bord de rivière sans entendre toutes les deux minutes les bateaux à moteur pétaradants transportant des touristes, sans oublier les innombrables hôtels qui ont poussé tout autour du village qui n’en est plus un.

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Vang Vieng

Cela ne nous empêche pas de passer une super soirée de Nouvel An au Sakura Bar avant de rentrer le lendemain.

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Plutôt sympa pour dire au revoir à 2017

Mon périple Bali – Jakarta était long et mémorable, mais je n’avais encore rien vu : mon voyage du Laos à Moshi en Tanzanie, au pied du Kilimandjaro, sera particulièrement long également. On peut considérer qu’il débute à 14h, heure de mon vol Vientiane-Bangkok, où j’ai un vol à une heure du matin le soir même, mais j’avais prévu large car je dois changer d’aéroport et faire mes dernières courses avant l’ascension du Kili. Tout se passe bien, je me retrouve donc à minuit dans mon vol pour Dar Es Salam via le Qatar, l’avion avance sur la piste, puis le pilote nous dit qu’il y a un souci et se range dans une zone de l’aéroport pour réparation. Je m’endors vu l’heure tardive, me réveille lors qu’un repas est servi pour constater que nous n’avons pas bougé, et redors quelques heures : toujours à l’aéroport ! Nous avons réussi l’exploit de passer une nuit dans un avion à l’arrêt.

Les étapes suivantes sont sortir de l’avion, attendre nos bagages pour rien pendant 2 heures, faire 1h30 de bus pour un hôtel où nous arrivons vers midi soit 11h après le supposé décollage de l’avion, je suis épuisée. Cela va mieux après une sieste et un bain et nous apprenons que nous décollons à minuit le soir même, l’avion aura une petite heure de retard bonus, mais nous finirons par arriver à Doha au Qatar puis à Dar es Salam, où j’arrive 24 heures après le vol que je devais prendre pour Kilimandjaro Airport, et dois racheter un ticket. Ce dernier vol aura 3h de retard qui auront raison de ma patience et feront que je serai vers minuit à Moshi après un périple de 63 heures sans dormir dans un lit : mon record indonésien est pulvérisé !

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Et ce tampon-là, vous l’avez ? (Canceled : vol annulé)

Néanmoins, ces émotions sont vite oubliées, car je suis à Moshi pour escalader le Kilimandjaro avec deux amis, JB et Julien. Le premier débarque une heure après moi mais se retrouve face à un zombie à moitié endormi, il faudra attendre le lendemain pour de vraies retrouvailles. Il m’apporte également tout l’équipement nécessaire pour l’ascension car il va faire un poil plus froid que l’été ininterrompu que je vis depuis mai.

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Le matériel nécessaire pour l’ascension

Nous retrouvons Julien au petit dej, il est accompagné de Jeff, un Indien de 18 ans qui a décidé d’escalader le Kili quelques jours auparavant. Pour commencer notre séjour tanzanien, on opte pour une visite « d’une plantation de café et d’une cascade » d’après l’hôtel. C’est en fait bien mieux : nous arrivons après une demi-heure de « route » à un village Chagga, l’une des trois principales tribus tanzaniennes avec les célèbres Masaï et les Sukuma, les plus nombreux. Un guide nous présente le village, les plantes utilisées par la tribu, les traditions locales … on aime particulièrement la racine à mettre avec son argent pour qu’il ne disparaisse pas trop vite ! La cascade est également plutôt impressionnante, mais je suis plus touchée par la densité de la forêt et les innombrables arbres fruitiers.

Visite d’un village Chagga près de Marangu

Encore une bonne surprise : nous n’allons pas visiter une plantation de café, mais faire nous-mêmes notre propre tasse, du tri des grains au breuvage ! Ecaillage, tri, torréfaction sur le feu, broyage sur l’air de Jambo Bwana font partie du processus. Les grains de café verts n’ont pas d’odeur, en revanche quand ils sont grillés ils prennent leur caractéristique robe noire et un parfum absolument divin ! La boisson est plutôt surprenante au départ mais nous nous habituons vite à son goût à la fois riche et léger.

« Maheshamaref ! » (Tchin, plus précisément « aie une longue vie ! »)

Un briefing sur notre trek qui commence le lendemain conclut cette première journée africaine. Le 13 janvier, nous partons pour la montagne. Nous prenons la voie Machame, réputée pour être l’une des plus belles. L’ascension dure 4 jours et la descente deux, la difficulté n’est pas la randonnée (c’est globalement peu escarpé) mais l’altitude : avec la pression de l’air réduite, on peut ressentir un « mal de l’altitude » (nausées, migraines) qui peut avoir des conséquences graves. Ce point ne nous rassure pas vraiment, car les symptômes peuvent commencer à 3000 m comme ne jamais se déclencher.

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C’est parti !

A la Machame Gate, où nous commençons la marche à 1800m d’altitude, nous faisons connaissance avec notre groupe : deux Grecs professeurs d’université en Arabie Saoudite, et un père et son fils néozélandais vivant en France âgés de respectivement 67 et 19 ans, incroyable ! sans oublier le fameux Jeff. Nous avons hâte de commencer mais notre équipe doit d’abord se préparer : en effet, nous serons accompagnés d’une vingtaine de personnes cette semaine : le guide Bariki et ses assistants (pour redescendre quelqu’un en cas de problème), le cuisinier, et assez de porteurs pour déplacer les tentes, provisions, chaises, sacs … une sacrée organisation ! Nous marchons toutefois seuls avec le guide car les porteurs sont beaucoup plus rapides que nous (avec des baskets et une quinzaine de kilos sur le dos, voire sur la tête, une belle leçon d’humilité. Il y a même des porteuses !)

Tristement, mon souvenir de ce moment sera surtout les réflexions envers les femmes par la demoiselle qui nous enregistre : « tu es la seule fille du groupe, tu dois finir ! ils te porteront si tu n’arrives pas jusqu’en haut !  » / « tu es mieux avec juste des hommes, les femmes sont des pétasses » / « c’est pour qui le repas végétarien ? ah la fille évidemment ». Malaise de mon côté, mais qui ne ternit ma motivation à grimper la montagne dans cette équipe entièrement masculine, au contraire ! C’est parti pour l’escalade !

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Jour 1 : entre Machame Gate et Machame Camp

Le premier jour, nous marchons essentiellement dans de la forêt tropicale, et la deuxième moitié de l’après-midi se fait sous la pluie, on n’aura pas ramené nos ponchos pour rien ! Les craintes que j’avais sur l’altitude, mon niveau de randonnée après 6 mois peu actifs … fondent comme neige au soleil (c’est le cas de le dire) dès que je fais quelques pas sur le sentier. Mettre un pied devant l’autre dans un cadre aussi joli me fait oublier tout le reste. Je me sens bien, heureuse. La pluie ne diminue pas cette sensation, au contraire. Nous arrivons en fin d’après-midi à notre premier camp, Machame Camp (promis, après ça change de nom !).

Il est au milieu des arbres, mais nous constatons quand même qu’il y a de nombreux autres groupes disséminés dans la forêt, cela nous fera de la compagnie ! Nous prenons notre premier dîner ensemble dans la tente « cantine » d’abord du pop corn et du thé pour patienter jusqu’au repas, puis le dîner en lui-même. Il comportera toujours de la soupe en entrée, ce qui fait vraiment du bien, et j’aurai à chaque repas ma casserole attitrée avec un plat végétarien comme un mélange de légumes, un curry, des haricots, un ragoût de pommes de terre … accompagnés de féculents variés. J’ai un très bon souvenir de la nourriture de cette semaine ! Je récolte également ce soir-là mon nouveau surnom : « dada » qui veut dire « soeur » en swahili, les Tanzaniens s’appellent ainsi entre eux, mais étant la seule fille du groupe de 25 personnes, ce mot prend une signification particulière pour moi !

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Apéro à la Kili : popcorn et thé bien chaud !

On papote un peu avec le groupe, on se raconte quelques histoires, avant de se dire bonne nuit, ou « Lala Salama » en swahili après le briefing du lendemain. J’ai un peu froid en sortant de la tente mais me fais violence pour rester dehors et observer les étoiles, car le ciel est fantastique, si beau que l’on ne sait pas où poser les yeux. Pour donner une teinte rigolote à ce moment déjà mémorable, j’entends les commentaires de mes deux amis qui découvrent comment sont les toilettes sur le Kili (une fosse plutôt répugnante, cela donne une conversation bien drôle, même si je sais que je vais y passer après !) sur fond de ciel étoilé : je m’en souviendrai ! J’ai la chance d’avoir une tente à moi toute seule, et m’endors comme un bébé une fois emmitouflée dans mon sac de couchage.

Après un petit dej bien complet (toasts, porridge, fruits …) et un premier aperçu du Kili qui émerge des arbres, nous partons pour notre deuxième journée : la forêt tropicale fait place à une forêt éparse et sèche et l’on peut déjà avoir des points de vue sur les flancs de la montagne. Cela grimpe bien, on aperçoit des « corbeaux au cou blanc » et un aigle, ainsi que de petites fleurs rouges qui n’existent que sur le Kilimandjaro. Vers la fin de la matinée, nous dépassons la forêt et nous retrouvons dans un paysage rocheux de montagne, avec quelques rivières à enjamber.

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Jour 2 : entre Machame Camp et Shira Camp

La marche est un peu plus technique, il y a quelques rochers à escalader, mais cela reste facile. Nous arrivons pour le déjeuner au Shira Camp, situé à 3800 m d’altitude (ce nombre avait une signification pour moi car c’était l’altitude la plus haute à laquelle j’étais allée sans problème, à la station suisse de Zermatt, on se rassure comme on peut !) Je fais une petite sieste dans ma tente avant que nous ne partions nous balader un peu. Si au déjeuner le temps était couvert, la vue de l’après-midi est splendide, qu’il s’agisse des flancs de la montagne encore nuageux en contrebas ou du fantastique Kilimandjaro tout enneigé qui nous toise de toute sa hauteur dans un paysage désertique.

Le Shira Camp : le Kili en haut et ses flancs en contrebas

Notre guide Bariki nous raconte que la première fois qu’il a grimpé le sommet, il avait 15 ans et a eu si froid qu’il est redescendu en courant jusqu’en bas. Nous faisons le plein de photos avant de revenir au camp, non sans faire un peu de yoga parce qu’on a bien marché (bon ok, c’était surtout pour rigoler).

Je dors aussi profondément cette nuit que la précédente. Le lendemain, le programme est de monter à 4600m au camp « Lava Tower«  (tour de lave) pour acclimater notre organisme à l’altitude, puis de redescendre à 3800 m au camp Baranco pour dormir. L’ascension se fait dans un paysage rocailleux et presque désert, nous apercevons nos premières neiges, notamment au niveau de la Lava Tower où tout est enneigé et où nous déjeunons en compagnie de corbeaux et de chipmunks.

Jour 3 : Chemin entre le Shira Camp et la Lava Tower / La Lava Tower

Puis nous redescendons, et la première partie de cette descente est vraiment pénible, car nous longeons une rivière et devons tenir en équilibre sur des rochers peu stables presque tout le long. Un petit souffle de nostalgie lorsque j’entends un groupe de québécois commenter la descente avec quelques « tabarnak !« . Nous sommes récompensés par un paysage somptueux une fois en bas avec vue sur la Lava Tower.

Il nous faut encore descendre une heure ou deux jusqu’au prochain camp et c’est plutôt difficile, car il pleut, et le chemin est constitué en grande partie de rochers, il faut vraiment se concentrer pour éviter de tomber. J’aperçois pour la première fois des sortes de palmiers que je pense être typiques du Kilimandjaro vu l’altitude à laquelle nous sommes. Au bout de ce qui me semble une éternité, alors que les deux jours de montée sont passés vite, nous arrivons au Baranco Camp, à 3800 m de hauteur, tout trempés, et filons nous réfugier à la tente. Des porteurs nous apportent du thé et la traditionnelle bassine d’eau chaude pour se laver à laquelle nous avons droit matin et soir. Je lis un peu (entre soirées sous la tente et les pauses de l’après-midi, je dévorerai assez rapidement le pavé de Zola que je m’étais réservé pour cette semaine) puis c’est l’heure du dîner, et d’une nuit plutôt calme, mais qui me vaudra la décision d’arrêter de boire à partir de la fin d’après-midi parce que se lever en pleine nuit pour aller aux toilettes à 3800 m, c’est vraiment difficile !

Les palmiers / le camp Baranco, et son fameux mur sur la droite

Le lendemain est une journée plutôt sportive : nous allons grimper un « mur« , le Baranco Wall, qui surplombe le camp, puis nous redescendrons dans une vallée avant de monter à notre dernier camp, le camp Barafu. L’escalade du mur se fait sans problèmes, au contraire, je trouve cela plutôt amusant, on voit également l’aisance des porteurs.

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Jour 4 : A l’assaut du mur, entre Baranco Camp et Barafu Camp

En haut, on fait quelques photos, et on est épatés par l’énergie de certains porteurs qui se mettent à sauter partout et chanter, leur bonne humeur est contagieuse ! Puis c’est parti pour la descente, nous passons par un paysage qui a tout du film post-apocalyptique, avant de descendre dans la vallée.

En haut du mur / le paysage pendant la descente

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Une fois en bas, on assiste à une belle démonstration de stupidité : le paysage est magnifique, arboré, une rivière coule, toute fraîche des glaciers … et certaines personnes à côté de nous vont uriner dans la rivière. Normal, non ? Je fulmine, il y a 300 rochers tout autour de nous, pourquoi aller se soulager dans l’eau potable ? En plus ce sont des Français. Bref, passons, et on poursuit l’ascension jusqu’au camp où nous déjeunons et alors que nous avions un temps d’hiver et 4 couches de vêtements une heure auparavant, le soleil pointe le bout de son nez et je me retrouve dehors en tee shirt à savourer mon ragoût de pommes de terre et légumes. C’est donc vrai que l’on parcourt les quatre saisons en escaladant le toit de l’Afrique !

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A la soupe

Nous repartons pour le camp Barafu sur des airs de chansons Disney (à cette altitude je n’ai pas mieux niveau inspiration). La fin tarde à arriver surtout que nous avançons sur des rochers brisés et que je crains pour mes chaussures. Nous finissons par découvrir le dernier camp, entièrement bâti sur des rocs, avec une vue sur un flanc de montagne monumental en face de nous. J’appréhendais ce dernier camp car c’est le plus haut et j’avais peur du froid et des effets de l’altitude, sans compter que nous nous lèverons à minuit ce soir pour l’ascension finale. Et bien c’est tout le contraire : il fait beau, je peux donc me laver dans la tente chauffée par le soleil, je n’ai pas d’effets de l’altitude, et miracle, je capte un peu de réseau et reçois des encouragements de mes proches, qui me dopent le moral déjà au beau fixe !

 

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Le camp Barafu, 4600m

Le dîner est assez tôt pour nous permettre de dormir un peu, et Jonathan, le jeune néozélandais, nous propose un peu de Kilimandjaro beer : ce sera une des meilleures bières de ma vie ! Nous choisissons de nous lever à une heure du matin pour partir à deux heures. La dernière montée au sommet se fait en un seul coup pour éviter les effets de l’altitude, et de nuit car le temps est mauvais l’après-midi. Nous allons donc monter pendant 7h, de nuit, pour arriver au sommet, après une nuit où je réussis à dormir malgré quelques ennuis, et un réveil où il faut enfiler environ 4 couches de vêtements. C’est donc vêtue d’un tee shirt, d’un pull, de deux polaires, d’une veste de ski, de collants, d’un legging, d’un pantalon de ski, de trois paires de chaussettes et deux paires de gants que je me lance à l’assaut de mon premier sommet, éclairée par ma frontale. Au début, il ne fait pas trop froid, les guides nous ont prévenus que le froid était plutôt pour les deux heures avant le lever du soleil. Je me sens bien. On ne voit pas la montagne, il fait nuit noire, mais on voit les lampes de toutes les personnes devant nous, nous faire comme un chemin éclairé, c’est plutôt motivant. Lorsque le froid et le vent se font sentir, c’est un peu plus difficile, et j’avais prévu de la musique au cas où pour me donner du courage, mais je n’en ai pas envie (il faut dire que cela m’obligerait à enlever mes 2 paires de gants quelques secondes) et poursuis mon chemin, en file indienne avec mon groupe.

Le ciel commence à s’éclaircir tout doucement et teinter de gris le paysage. Puis, petit à petit, des lueurs blanches, puis jaunes, puis orangées apparaissent. Le soleil ! Nous commençons à mieux voir autour de nous : c’est tout enneigé ! Et un beau pic nous sépare du jour naissant. Ce lever de soleil restera dans ma mémoire comme l’un des plus beaux que j’aurai vus.

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Jour 5 : Bientôt au sommet !

Mais il est temps de poursuivre notre montée, car nous ne sommes pas encore arrivés ! La première étape est d’arriver à Stellar Point, où nous arrivons tant bien que mal après environ deux heures de marche après le lever de soleil, je commence à ressentir une forte fatigue, mais suis ravie d’être arrivée jusqu’ici, d’autant plus que la vue à l’intérieur du cratère qu’est le Kili est saisissante !

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Stellar Point – vue à l’intérieur du cratère

Ensuite, la dernière étape est de longer le cratère de Stellar Point à Uhuru Peak qui est le point culminant du Kilimandjaro, on se met rapidement en route. Je n’ai plus d’énergie et avance à pas d’escargot, épuisée. Cette dernière montée aura raison de ma forme physique : je réalise que la fatigue m’a empêchée de constater que je fais une hypoglycémie et suis sur le point de m’évanouir. J’alerte juste à temps le guide qui m’accompagne, « Mister Coleman« , et m’assois et mange quelques noix. J’attends un peu de reprendre des forces puis me remets tranquillement en route, et vois que JB, qui est devant moi, a écrit nos noms dans la neige : ça y est, ça va mieux ! J’arrive enfin au sommet où m’attendent JB et les néozélandais. Julien arrive juste après moi : on a réussi ! On mange et se repose, avant d’attaquer la séance photo au sommet, qui sera mémorable !

En chemin vers Uhuru Peak

Le Kilimandjaro culmine à 5895 mètres, ce qui en fait le toit de l’Afrique et la plus haute montagne isolée du monde. J’ai lu environ 200 articles sur les effets de l’altitude et de la basse pression de l’air sur l’organisme, qui causent une faiblesse générale, sans compter le froid au sommet. Et bien, dans notre cas … rien du tout ! nous passerons une bonne heure au sommet, au soleil, à papoter, faire des photos, danser de joie, contempler le paysage, notamment une vue sur le mont Meru, et sur un gigantesque glacier qui ressemble fortement au Mur de Game of Thrones. On a escaladé le Kili !

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Vient ensuite le temps de la descente. On croise Jeff, qui n’aura pas marché avec nous cette semaine, car il a plus de difficultés, mais il ira quand même jusqu’à Stellar Point, on admire sa détermination ! Puis il faut descendre quelques heures dans une couche de cailloux et de poussière sans aucune stabilité, je galère, manque plusieurs fois de me tordre la cheville, et ai mal partout à la fin car je force sur mes pieds et mes orteils sont écrasés à l’avant de ma chaussure. Nous descendons à notre rythme avec Julien et l’un des assistants guides, mais j’arrive au camp Barafu complètement vidée. Je m’en fiche, j’ai escaladé une montagne !

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Après une sieste et le déjeuner, nous partons pour le dernier camp, où je suis très soulagée de constater que la descente est bien moins difficile que les précédentes, et où nous pouvons admirer le toit de l’Afrique une dernière fois.

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Le dernier jour sera une descente dans les paysages des deux premiers jours puis un retour à l’hôtel. Le soir, c’est dîner d’adieu : les guides sont présents pour nous remettre un tee-shirt Kilimandjaro et un diplôme attestant notre ascension. Je tiens à faire une photo avec Bariki, qui nous a guidés toute la semaine avec bonne humeur, et « Mister Coleman« , qui m’a emmenée au sommet tant bien que mal. Sur mon diplôme, j’ai tenu à ce que Bariki rajoute après mon nom « Dada », un surnom banal en Tanzanie, mais pas pour moi : Dada est cette personne qui a grimpé sept heures dans la nuit et le froid, avec 4 couches de vêtements, un paquet de problèmes digestifs, une hypoglycémie et 4 heures de sommeil, pour escalader une montagne, et aujourd’hui j’ai peine à croire que c’était moi.

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Jour 6 : On l’a fait !

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Carnets 20 – Birmanie – Bagan, Lac Inle, Hpa An

Bagan est le principal lieu touristique de Birmanie, un peu comme Angkor Wat au Cambodge. Ce site archéologique comporte environ 3000 temples datant du IXe au XIIIe siècle, âge d’or du royaume de Pagan, premier royaume de l’histoire du pays, avant que la capitale ne soit transférée à Inwa (voir carnets 19). C’est le plus grand site bouddhique d’Asie. Notre arrivée est mémorable : les chauffeurs de taxi savent à quoi s’attendre niveau touristes et je vais avoir droit à la séance de négociation la plus mémorable du voyage. 

Après nous être vues proposer un prix exhorbitant pour rejoindre le New Bagan où nous logeons, nous argumentons en citant le prix de Mandalay : 6000 kyats pour un trajet d’une durée similaire. Réponse des taxis : une démonstration de pipeau assez impressionnante selon laquelle les moteurs seraient différents entre Mandalay et Bagan, si j’ai bien saisi. Nous apercevons ensuite un énorme panneau indiquant le prix des taxis : 7000 kyats pour New Bagan. « Oui, mais c’est par personne » nous répond-on alors que ce n’est pas du tout marqué « par personne ». Maud arrive à descendre à 8000 kyats mais nous aimerions toutes deux payer le prix affiché et pas plus sans raison (bon OK il est 2h du matin mais cette raison n’a pas été invoquée par le chauffeur). A partir de là, pendant une dizaine de minutes, j’avance derrière Maud, qui marche tranquillement en direction de la route au milieu du parking totalement désert, et le taxi la rattrape toutes les 2 minutes pour lui lancer : « 8000 ! » ce à quoi elle répond « 7000! » avant de poursuivre son chemin. Au bout d’un moment, il craque un peu et lâche une phrase qui ressemblait à « vas-y, je t’arnaque que de 1000 kyats, arrête de me casser les pieds », on hallucine, il se rattrape comme il peut. Je finis par dire à mon amie de laisser tomber et céder à 8000 mais je ne doute pas qu’elle aurait fini par arracher victorieusement le tarif normal au chauffeur, seulement je fatigue un peu.
Arrivées à l’auberge, surprise : n’ayant pas réservé (nous étions censées arriver à 4h et attendre le matin mais le bus a eu deux heures d’avance) il faut attendre 4h du matin pour savoir si l’auberge a de la place pour nous. On aurait dû prévoir … L’adorable Birman préposé à l’accueil nous indique le rooftop où l’on peut dormir – à part qu’il fait 15 degrés. Manque de bol, il fait nuit, nous voyons bouger sur le rooftop et un cri m’échappe. Je constate : 1. que ce sont des gens et je viens de les réveiller, 2. qu’ils sont Français et bien alcoolisés, 3. qu’ils ont décidé de nous punir pour ce réveil en faisant un boucan d’enfer malgré les supplications du Birman de faire moins de bruit… Impossible de dormir, je descends et consacre l’attente à papoter avec mes proches en buvant du café pour me réchauffer. A 4h, j’apprends qu’il n’y a pas de chambre et poursuis ma nuit blanche jusqu’au matin. Je constate d’ailleurs qu’à 4h30-5h, c’est branle-bas de combat dans la rue et à l’hostel car tout le monde va voir le lever de soleil. Grosse journée pour les Birmans louant les motos qui finissent vers 20h !

Temples de Bagan – vers Shwesandaw. J’ai noté toutes les pagodes visitées en fin d’article

Ma première journée à Bagan sera donc un peu brumeuse suite à cette « nuit », mais c’est un plaisir de sillonner le site en moto électrique au milieu des temples de pierre rouge, sous un soleil de plomb. Nous en sélectionnons un au hasard et l’escaladons, et là, je suis émerveillée : des temples rouges partout, qui émergent de la forêt, c’est magnifique ! 

Temples de Bagan – vers Shwesandaw

Nous en explorons quelques uns et déjeunons dans un restaurant local avant de revenir faire une sieste bien méritée à l’auberge. Ensuite, destination un temple d’où voir le coucher de soleil, que nous avons découvert le matin même. C’est un enchantement de voir le paysage des pointes des temples émergeant des arbres dans une lumière orangée qui se teinte petit à petit du gris du soir

Temples de Bagan – pagode Shwe Gu Gyi. J’ai noté les pagodes visitées en fin d’article

L’enchantement se poursuit avec un excellent restaurant végétarien qui répond au doux nom de « The Moon, Be Kind to Animals » et où nous mangerons une fois par jour pendant notre séjour à Bagan !

La journée du jeudi débute par un petit déjeuner à la birmane parce que les toasts de l’auberge ne nous font pas rêver : c’est un plaisir de nous retrouver au milieu des locaux à déguster du thé et les classiques « Shan noodles » (nouilles légèrement piquantes, typiques du centre de la Birmanie, que j’ai testées à Mandalay). 

Bagan – restaurant traditionnel Black Rose – Shan noodles et thé vert

Maud attrape le journal et voit une photo de Kim Jong Un, elle me le montre, et lâche quelque chose à son sujet : le serveur l’aperçoit et se met à rire avec elle, avant d’en informer un de ses amis du restaurant en riant : au moins une chose qui est universelle !

 Le reste de la journée est similaire à la veille : balade entre les temples, restaurant végétarien, coucher de soleil même si celui-ci est marqué par l’arrivée en masse d’un groupe de touristes français particulièrement bruyants. On fuit pour aller boire des bières au bord de la rivière, et admire le calme de l’eau à peine troublé par quelques pêcheurs tout en discutant. On se couche tôt : le lendemain, c’est lever de soleil !

Bagan – bord de rivière près du Sunset Garden

Le lever de soleil sera magique. Le silence, l’infinité des pagodes à l’horizon, les couleurs du paysage qui passe d’argent à or, les temples qui petit à petit révèlent leur teinte rouge brique, et soudain, l’apparition d’une montgolfière, puis plusieurs, puis tout un nuage de ballons qui se met à traverser le paysage déjà féérique. Je ne réalise pas du tout que je suis en train de voir quelque chose d’aussi beau, c’est plutôt en  voyant mes photos que je reçois le choc

Bagan – lever de soleil vu de la pagode Lay Myet Hna

Bagan – lever de soleil vu de la pagode Lay Myet Hna

Après cela, le but est de faire un peu de shopping : nous nous rendons à une boutique de vaisselle faite en bambou laqué, la « Family Lacquerware shop », spécialité de la région : on voit toute la famille à l’oeuvre et les différentes étapes de la fabrication, depuis le bambou brut à sa version lavée puis recouverte de différentes couches de laque (résine issue de différents arbres), puis décorée. On explore ensuite quelques temples et fait nos adieux à notre restaurant végétarien préféré avant de prendre le bus pour notre prochaine destination : le lac Inle !

Bagan – pagode Dhammayangi

Le lac Inle est un univers à part entière. Situé en altitude, à 800 m, entouré de montagnes, il présente des villages sur pilotis, des jardins flottants, des pêcheurs qui utilisent des techniques uniques, des fabriques de tissus traditionnels notamment au moyen de fibres de lotus, et j’en passe. Nous arrivons en début de matinée à notre hôtel, l’Aquarius Inn, après avoir un peu galéré à le trouver. Cela s’avèrera un de nos meilleurs logements en Birmanie, avec un personnel aux petits soins pour nous et un bon petit dej, varié et comportant son lot de fruits frais chaque matin.

Nyaung Shwe (lac Inle) – bateaux à moteur

Il nous faut un bateau pour visiter le lac et dès les premières minutes, je suis sous le charme, apercevant les pêcheurs, les montagnes, les villages sur pilotis, les plantes à la surface… 

Habitant du lac et sa rame traditionnelle

 Nous explorons d’abord le marché de Nampan – sans écouter notre batelier qui dit qu’à 10h le marché est terminé-, particulièrement riche en fruits et légumes grâce aux jardins potagers flottants où poussent tomates, concombres, courges … et apercevons quelques unes des différentes ethnies de la région : les Inthas « fils du lac » (population majoritaire d’Inle), les Pa O qui portent une serviette en guise de coiffe, les Karen – femmes portant de nombreux colliers leur faisant un « long cou », j’en parle ici – … J’en profite pour tester une grande galette de riz soufflé, c’est délicieux !

Marché de Nampan – femme Pa O avec des piles de galettes de riz soufflé

Joyeux Noël

Ensuite, nous partons pour le sud-ouest du lac : tout d’abord – suite à un malentendu avec le pilote du bateau …l’Inle Heritage House qui est une fondation visant à préserver la culture unique du lac Inle. Maisons sur pilotis, jardins potagers, commerce local … mais surtout un centre de préservation des chats birmans, particulièrement beaux ! 

Inle Heritage House – le village sur pilotis

Inle Heritage House – le village de chats birmans

Nous déjeunons sur place et c’est un régal  salade de fleur de banane, légumes frais sautés semblant sortir droit des potagers flottants, riz rouge, thé au sésame grillé …

Inle Heritage House – la salade de fleur de banane est dans les feuilles de bananier repliées

Inle Heritage House – le restaurant

Destination différents commerces : la région est notamment célèbre pour ses tissus, notamment à base de lotus, et nous visitons une fabrique où l’on voit les métiers à tisser ainsi que la méthode pour extraire les fibres du lotus et en faire du fil. Je suis fascinée par cette technique, hélas c’est si long à faire que les tissus de lotus sont très chers. Les autres produits proposés sont des mélanges entre soie et lotus, moins onéreux mais rappelons que la soie est issue des animaux. Ensuite, nous voyons un atelier où sont fabriqués des bijoux en argent, même si nous sommes sceptiques sur le fait que les bijoux soient faits sur place (on voit une seule personne couler l’argent à notre arrivée et il s’arrête dès que nous tournons les talons, et une ou deux personnes façonner les bijoux). Le comble est atteint à la fabrique d’ombrelles qu’il nous tenait à coeur de visiter : cela s’avère un tel attrape-touristes que je tourne le dos en pleine «  »démonstration » » (quelques ombrelles qui prennent la poussière, des laques et autres souvenirs qui traînent, deux trois Birmans qui font la sieste et se mettent à faire semblant de travailler avec des objets poussiéreux à notre arrivée), je suis déçue ! Je sais bien que je les ai probablement offensés en agissant ainsi, mais le niveau de l’arnaque était vraiment trop élevé pour moi cette fois.

Fabrique de soie vers la pagode Phaung Daw Oo

Nous nous rendons ensuite à une des sempiternelles pagodes dorées, qui est agréable à voir car elle est au milieu d’un village sur pilotis, puis partons pour Indein, un peu en retrait au sud-ouest du lac, où se trouvent, devinez … des pagodes ! Enfin, plutôt des stupas : stupa est le nom de l’édifice en forme de dôme tandis que pagode désigne plutôt le site bouddhique entier. Des milliers de stupas ici, qui rappellent Bagan en version miniature, certaines en très mauvais état, d’autres prises d’assaut par des arbres … Et la surprise : le lieu est également l’habitat de nombreux chiens et chiots, ce qui fait de cette balade un beau moment !

Pagodes à Indein

Nous reprenons la direction du lac, il faut descendre un cours d’eau pendant une demi-heure. Ce trajet sera mémorable, car c’est l’heure de la douche et nous voyons de nombreux locaux faire leur lessive ou se laver directement dans l’eau de la rivière, en famille ou entre amis, d’autres pêcher, ou longer la rivière accompagné d’une vache. C’est fascinant de voir toute cette vie centrée sur l’eau !

Indein – l’heure du bain

La dernière étape de cette belle journée sera une balade dans les jardins potagers flottants du lac Inle. Nous voyons des tomates mais de nombreuses autres plantes (courges, concombres…) poussent dans ces cultures, le lac étant peu profond (2m environ), les plantes ont leurs racines dans le sol et tiennent debout grâce à des piliers de bambou, tandis que l’eau riche en minéraux leur garantit une bonne nutrition. D’autre part, nous voyons des « potagers flottants« , d’une trentaine de mètres de long – en fait je ne sais pas combien mais nous les avons croisés en bateau et c’était long  ! – pour un mètre de large, ces étendues de boue, d’herbes et de plantes semblent servir de support à différentes cultures, et nous parviendrons à en croiser deux dans l’un des minuscules canaux entre les jardins, trimballé sur le lac par les Inthas qui placent un bateau à l’avant et un à l’arrière. Un magnifique coucher de soleil sur le lac conclut cette journée inoubliable.

Lac Inle, vers l’ouest – jardins potagers flottants

Le lendemain, nous optons pour une balade à vélo à destination d’une source chaude au nord est du lac, et c’est à nouveau l’occasion d’apercevoir maisons sur pilotis, rizières, buffles … 

Entre Nyaung Shwe et la source chaude de Khaung Daing

Nous quittons le lac Inle le jour suivant, destination Hpa An, dans une région encore peu touristique de la Birmanie, l’état Karen, proche de la Thaïlande. Le hic : il y a 14h de bus, que nous ferons de nuit, et ce trajet s’avère infernal pour moi, entre mon siège qui ne s’incline pas alors que celui de ma voisine devant si, et les routes sineuses de montagne, je dors environ une heure sur 14 – non sans assister à des moments mémorables comme croiser un cochon au milieu de la route ou voir un troupeau d’une centaine de vaches investir une station-service – et ne suis pas dans le meilleur état d’esprit pour visiter. Néanmoins, nous sommes accueillies par notre hôtel, que nous avons galéré à trouver car il n’y a qu’une poignée d’hôtels à Hpa An, et les moins chers étaient pleins ; un peu désespérées nous avons envoyé un message via Facebook à celui que tout le monde conseillait, et avons pu réserver ainsi, les bons côtés de Facebook ! C’est donc Kim, la sympathique maîtresse de maison qui semble connaître quelques mots dans toutes les langues, qui nous accueille et nous propose de profiter du petit déjeuner : sympa, des chapatis (galette indienne de blé) et une garniture aux pois chiches (moins sympa, un café soluble pas très buvable). Elle débarque en nous proposant de nous joindre à un tour pour la journée : ok, c’est parti !

Hpa An – entre Kaw Ka Taung Cave et Sadan Cave

Hpa An est une région présentant de nombreuses collines karstiques qui me rappellent Guilin en Chine, ce qui donne de magnifiques paysages avec collines et rizières verdoyantes, mais aussi des grottes à explorer, entre autres sources chaudes et piscines naturelles. Mais ce n’est pas ce qui me frappe en arrivant ici. Enfants et adultes nous sourient ou font coucou à chaque occasion, les villages que nous traversons sont bien entretenus et leurs maisons sur pilotis me rappellent le Laos et le Cambodge, nous voyons les paysans cultiver le riz dans des paysages idylliques … C’est vraiment incroyable, comme si je venais d’arriver dans un nouveau pays !

Hpa An – Sadan Cave pendant le tour en bateau

Nous visitons une première grotte (Kaw Ka Taung Cave), puis la gigantesque Sadan Cave où l’on peut faire un tour en bateau dans la grotte puis les rizières, le ciel est d’un bleu azur.  

Hpa An – Sadan Cave pendant le tour en bateau

Nous enchaînons avec une piscine naturelle : dommage, on était pas au courant ! du coup je ne mouille que mes pieds tout en trinquant avec les Birmans à côté de moi, qui sont ravis et s’empressent de faire une photo souvenir. On déjeune de riz frit aux légumes au bord de l’eau, puis part pour notre prochaine destination, la pagode Kyauk Ka Lat qui est située en haut d’un rocher, le temps est toujours aussi radieux ! 

Hpa An – Pagode Kyauk Ka Lat

Après deux grottes historiques où des milliers de petits bouddhas ont été sculptés dans la pierre, nous rejoignons la « grotte des chauve-souris » (Bat Cave ˆˆ) que j’avais particulièrement hâte de voir : chaque soir, des millions de chauve-souris en sortent à la tombée de la nuit. C’est un spectacle fascinant, calme avec le coucher du soleil sur la rivière, et vraiment impressionnant car le flot de chauve-souris ne s’arrête jamais alors que nous passons une bonne demi-heure sur place !

L’enchantement de Hpa An est un peu terni le soir lorsque nous voyons notre chambre à la propreté discutable et cherchons où manger en ville : la mission s’avère délicate ! on atterrit dans un restaurant local où je mange des nouilles frites aux légumes un peu dépitée, le « Lucky », et voyons au retour à l’hôtel qu’il est écrit à l’accueil à propos de ce resto « you’re lucky if you don’t see rats on the floor », hmm ce n’était peut-être pas le meilleur choix …
Le lendemain, nous louons une moto et explorons ce que nous n’avons pas vu la veille : d’abord une piscine naturelle près de la première grotte que nous avions vue. Je mets mes pieds dans l’eau fraîche, et surprise, de petits poissons viennent me mordiller les pieds, c’est sympa ! cela m’évoque la fish pedicure, que je n’avais jamais faite car elle implique des poissons, mais là ils sont dans leur habitat naturel, alors je les laisse faire !

Hpa An – piscine naturelle à côté de Kaw Ka Taung Cave

Ensuite, destination le restaurant « Thai Village » qui est proche de la grotte des chauve-souris et figurait en 1 sur le top des restaurants de Hpa An sur Tripadvisor. Et bien, on est plutôt déçues, à part le cadre qui est joli, la nourriture n’est clairement pas exceptionnelle, il faut dire aussi que le seul plat que je peux manger à leur cadre est … le pad thaï (mon repas de la veille au soir, ou le riz frit, mon repas de la veille à midi). Destination ensuite la grotte de Bayin Nyi, qui nous attire parce qu’elle comporte une source chaude naturelle. Nous arrivons après 20 bons kilomètres à moto : le décor est magnifique, les stupas dorés à front de falaise surplombant l’eau, le tout sous le même ciel bleu éclatant que la veille. Il n’y a personne, il faut dire qu’on est un peu loin des principaux sites de Hpa An.

Hpa An – Grotte de Bayin Nyi

 On trouve le bassin, qui est désert. Alors que je me baigne toute habillée (il faut couvrir le torse et les cuisses pour éviter de choquer la population!) dans l’eau de la température d’un bain bien chaud, sous un soleil de plomb, et que Maud se prépare à me rejoindre, nous voyons débarquer une vingtaine de Birmanes de tous âges allant de la fillette à la grand-mère. Elles portent presque toutes la tenue traditionnelle et du thanaka sur les joues, et semblent enchantées de nous voir.
La moitié d’entre elles me demande ce que j’imagine être « c’est chaud ? » et aucune n’ose se baigner à part les pieds. L’eau doit être trop chaude pour elles, pensons-nous. Au bout d’un moment, la doyenne du groupe, une petite grand-mère toute ridée à l’air très sympathique, choisit de lancer le mouvement : elle se change (on est aux premières loges) et revêtit un sarong, puis entre à l’eau et se met à nager énergiquement sous l’oeil admiratif de l’assemblée. L’une d’elles nous lance : Eighty-four ! 84 ans la grand-mère, et elle semble être partie pour en vivre encore quelques uns ! Je suis toute contente d’être là, dans ce joli cadre, en train de vivre un moment unique avec des Birmanes ! Elles aussi d’ailleurs, et elles immortalisent la scène, je ne vais sûrement pas leur en vouloir pour ça, j’aurais aimé faire pareil !
Nous repartons ensuite pour Hpa An, puis Yangon en bus : 6 minuscules heures de trajet qui nous font arriver à 1h dans la capitale. Après une bonne nuit de sommeil, nous consacrons notre dernière journée en Birmanie à faire des achats au génial Bokyoke Market où se côtoient locaux, souvenirs, petits stands de thé… puis repartons pour l’aéroport où se finit notre mémorable voyage au pays du sourire.
 
Petit aparté :  Pagodes de Bagan 
Je n’ai pas voulu inonder l’article de noms imprononçables ;), voici les pagodes que nous avons vues en gros et mes coups de coeur marqués d’un astérisque.
Nagayon Paya, Lay Myet Hna* (coucher/lever de soleil), Shwesandaw Paya, Law Ya Ou Shaung, Ananda, Shwe Gu Gyi* (coucher de soleil), Buledi, Sulamani, Dhammayangi*, le Shwe Nan Yin Taw (plein de petites pagodes en face de la Dhammayangi – coucher de soleil)*, Thatbyinnyu, Shwezigon*, Tha Gyar Pone, Tha Gyar Hit, et j’en ai certainement oublié !
Je recommande grandement l’utilisation de Maps.me qui nous a permis de découvrir certaines pagodes et spots pour le coucher de soleil. Toutes les pagodes que j’ai indiquées y figurent.

Quelques photos supplémentaires :
Bagan:

Bagan – complexe Shwe Nan Yi Taw

Bagan – lever de soleil vu de la pagode Lay Myet Hna

Bagan – lever de soleil vu de la pagode Lay Myet Hna

Bagan – vers le Sunset Garden

Bagan – pagode Dhammayangi 

Bagan – je ne me souviens plus !

Bagan – pagode Dhammayangi en fond

Bagan – pagode Dhammayangi 

Bagan – pagode Dhammayangi ou Sulamani

Le lac Inle :

<img src= »https://grassforpillow.files.wordpress.com/2017/12/img_20171210_093513-1484051351.jpg » alt= » » class= »wp-image-2228 aligncenter » width= »3000″ height= »2206″

Pêcheur intha et sa nasse traditionnelle en forme de cône


Nampan Market

Inle Heritage House


Fabrique de soie vers la pagode Phaung Daw Oo


Maisons sur pilotis vers Ywama


Indein

Hpa An :


Sadan Cave

Sadan Cave


Vers pagode Kyaut Ka Lat


Carnets 19 – Birmanie – Yangon et Mandalay

J’arrive à Yangon, capitale de la Birmanie, en début de soirée. Après l’interminable file de l’immigration, mon voyage dans ce pays que je voulais absolument visiter depuis mes quinze ans commence en fanfare : mon trajet en taxi sera mémorable avec un chauffeur qui, dans un très bon anglais, me parle de : religion, méditation, famille, divorces, végétarisme – c’est moi qui lui ai demandé comment dire végétarien en birman. Il me demande pourquoi je le suis, je réponds que j’aime les animaux. « C’est une très bonne raison ! » me répond-t-il avant de me dire 4 ou 5 fois que c’est un bon choix. Je lui demande quelle est sa religion : « bouddhiste, mais pas trop fort ». Son père est chrétien et sa mère bouddhiste, il me dit : deux fois plus d’occasions de faire la fête et d’être heureux ! Nous apercevons les décorations de Noël, je lui demande s’il le célèbre vu la religion de son père : réponse, oui, et il commence à me décrire à quoi ressemble son Noël. On mange beaucoup, on attend minuit, on offre des cadeaux, bref comme en France, le froid d’hiver en moins ! Il est ravi d’apprendre à quel point c’est similaire dans mon pays. Il m’encourage également beaucoup pour la méditation, et me raconte une petite histoire à ce sujet – en s’excusant toutes les deux minutes de son niveau d’anglais alors qu’il est très bon et je comprends bien ce qu’il veut me faire passer comme message. Un vrai bonheur !

Yangon

Je retrouve ensuite Maud à l’hôtel et nous partons dîner à la recherche de la « rue de la bière » que l’on trouve finalement après avoir arpenté les rues de Yangon, toutes bouillonnantes d’activité. Nous atterrissons dans l’un des bars de la rue où nous commandons nos premières Myanmar et du tofu grillé. Aïe, le tofu s’avère particulièrement mauvais. Cela ne ternit pas ma soirée !

Yangon – pagode Shwedagon

Le dimanche, nous partons visiter Yangon en taxi. La pagode Shwedagon toute dorée, lieu Birman le plus sacré avec quatres reliques bouddhiques, une pagode avec un cheveu de Bouddha, une tentative de restaurant en bord de lac pour finalement se retrouver avec des plats bien différents de ce qu’on a commandé et abandonner, … Il n’y a pas énormément de choses à voir à Yangon mais c’est un plaisir de voir les Birmans vivre conformément à leurs traditions : une grande majorité d’entre eux porte le longyi, grand morceau de tissu souvent à carreaux, noué comme une jupe longue, et arbore du thanaka, poudre de bois de santal mélangée à de l’eau et appliquée sur les joues ou le front dans un but de protection solaire et d’esthétique. Déjà, nous trouvons l’atmosphère très particulière. C’est au retour que je réaliserai que les Birmans sont relativement « protégés » de la mondialisation dans la mesure où ils respectent beaucoup leurs anciennes coutumes, malgré quelques intrusions du monde occidental : tenue, thanaka, habitudes alimentaires – street food, petits stands de rue où prendre le thé à toute heure … Je les trouve personnellement bien moins « occidentalisés » que d’autres pays d’Asie que j’ai pu voir et cela me plaît beaucoup.

Du thanaka, le motif feuille est plutôt répandu ! Normalement c’est sur les joues qu’il est porté mais j’avais quelques doutes.

Le soir, nous partons en bus pour Mandalay, deuxième ville du pays. Après un resto indien qui nous inspirait bien plus confiance que le bouiboui du midi, nous partons pour l’aventure et passons une bonne heure à patienter à la compagnie de bus en centre-ville, à attendre que l’on nous emmène à la gare routière à une heure de route. Nous sommes arrivées en avance certes, mais l’heure tourne. Maud tente les toilettes : « c’est un trou dans le noir, on va éviter« . Effectivement … alors que le retard du pickup approche la demi-heure et que je commence à stresser un peu, l’univers m’envoie un message fort au moyen de la radio qui jusqu’ici passait de la pop birmane plutôt criarde et se met à diffuser Uptown Funk, qui me met instantanément le sourire, en 2 minutes, mon moral repasse au beau fixe ! C’est parti pour Mandalay 

Yangon – l’un des innombrables bouddhas des innombrables pagodes !

La compagnie de bus que nous prenons pour cette première nuit de bus est la Rolls des bus birmans, JJ Express: bus neuf, prêt de couvertures, écran dans le siège comme dans l’avion (avec des films et jeux, notamment Candy Crush Saga qui est très drôle à bord d’un bus sur une route en mauvais état). Nous débarquons à Mandalay dans un hostel où je constate avec bonheur que le café est gratuit : ce sera souvent le cas dans les auberges de Birmanie, et maintenant que j’écris ces lignes, j’y ai passé 5 nuits de bus parfois difficiles, et je comprends pour le café ! Puis nous partons pour un restaurant local servant des petit-déjeuners. Je garderai un super souvenir de cet endroitparmi les plus authentiques du voyage : serveurs qui crient les commandes à la cuisine ouverte, thé vert à volonté dans une thermos sur la table, un monde fou, les locaux dégustant des plats salés ou sucrés tout autour de nous, les grosses bouilloires métalliques où fume l’eau pour le thé, bref un joyeux vacarme qui nous plonge directement dans la vraie Birmanie ! Maud opte pour une crêpe à la banane et moi du riz (vous l’aviez deviné, non ?) noir gluant en porridge au sésame, un vrai délice ! Bon, j’ai eu un café au lait, donc je me rattrape avec le thé, mais je me rappellerai de ce petit déjeuner !

Petit déj birman : porridge de riz noir gluant

Le programme ensuite est d’explorer la ville en moto avec un chauffeur. Après quelques négociations acharnées – domaine dans lequel Maud est bien meilleure que moi – nous finissons par trouver un chauffeur pour la journée. Pagodes, vue sur la rivière où les femmes lavent et font sécher leur linge, fabrique de feuilles d’or où retentit le rythme des marteaux pour aplatir le métal, monastère antique en bois Shwesandaw, marché bondé Zegyo où le thanaka côtoie les fruits et légumes, murailles du Palais Royal qui permettent de belles photos … Mandalay nous plaira beaucoup !

Mandalay – Palais Royal

Notre chauffeur Thaw a fait des études d’archéologie et se retrouve à faire le guide touristique, mais nous glisse quand même qu’il espère que le gouvernement lui trouvera un job, on ne peut qu’espérer avec lui. Cela me fait un peu de peine car il est clairement passionné par l’histoire et la culture de son pays et nous raconte tout ce qu’il peut à chaque monument que nous voyons. 

« I’m black you’re white ! – Different is good! »

Au bord de la rivière, alors que nous contemplons tout heureux le panorama, baignés de soleil, nous discutons également de méditation (je saisis chaque occasion d’en parler !), il est bouddhiste et sa méditation est basée sur la maîtrise du souffle. Je suis assez surprise car j’associais méditation bouddhiste à réciter des mantras comme nous l’avons vu en Thaïlande, c’est peut-être plutôt l’affaire des moines. Voyant l’enthousiasme et la gentillesse de notre guide, je dis à Maud que cela me fait mal au coeur de lui donner moitié moins que notre chauffeur de Yangon qui s’était contenté de nous transporter. Finalement nous lui donnerons un peu plus que le prix négocié au départ.

Mandalay – monastère Shwesandaw

Notre journée s’achève sur un coucher de soleil vu du toit de l’hôtel et un excellent resto végétarien aux saveurs indiennes. 

Notre deuxième jour à Mandalay sera consacré à l’exploration des environs de la ville : nous louons une moto et partons, d’abord pour la colline de Sagaing qui offre une vue sur les environs, puis pour Inwa, ancienne capitale royale au XIV/XVe siècle, mais hélas dévastée par les tremblements de terre. C’est toutefois une balade agréable car l’accès depuis Sagaing se fait en traversant une rivière en bateau, pas de problème pour la moto, elle peut prendre le traversier, et on trouve même un Birman qui accepte de s’occuper de lui faire descendre la pente abrupte et caillouteuse menant à la rivière ! Installées dans la barque, nous voyons donc notre moto être rangée à l’avant du bateau, où elle prend toute la largeur. Trop facile, comme dirait Andréa !

Inwa – Notre vaillant destrier sur le bateau

A Inwa, pas de routes, mais des chemins en mauvais état : seules circulent les calèches et les rares motos ayant tenté l’aventure. Je ne suis pas rassurée du tout compte tenu de mes récents exploits à moto, mais profite quand même de la sérénité de l’ancienne capitale, où dominent arbres et vieilles pagodes. 

Inwa – Ce jeune moine m’a demandé une photo, j’en ai voulu une aussi, mais du coup chacun regarde son photographe…

Ensuite destination le pont U Bein, une des curiosités de Mandalay. Nous avons droit en chemin à un joli spectacle : des Birmans se baignant dans la rivière avec en fond le soleil couchant. Puis nous arrivons au pont proprement dit, qui est particulièrement long, on le quitte rapidement pour observer le coucher de soleil avec le pont au premier plan. Je me fais la réflexion que pour une fois, c’est grâce aux touristes que le paysage est aussi beau : sans les silhouettes, ce serait moins photogénique, non ?

Pont U Bein près de Mandalay

Nous rentrons ensuite à Mandalay où la conduite de nuit s’avère tout aussi sportive que de jour, et finissons par rendre la moto et dîner au même resto végétarien que la veille. Après un petit tour à la fête foraine dans la rue où Maud me gagne une brosse à dents en jouant aux fléchettes (ça c’est une vraie amie!), nous partons pour Bagan !

Quelques photos supplémentaires :

Yangon :

Temple dans le quartier chinois

Pagode Shwedagon

Mandalay :

Pagode Mahamuni

Pagode Mahamuni

Mandalay – Les bords de rivière :


Mandalay –  monastère Shwesandaw :

Mandalay – la pagode du plus grand livre du monde :

Inwa :

Pont U Bein :