Partir en tour du monde avec moins de 9 kg sur le dos

Quand on est une jeune femme comme moi, ce n’est pas évident de se promener avec un sac d’une dizaine de kilos sur le dos. J’en ai fait l’expérience en partant en mission pour le travail : cadeaux pour expats, ordinateur professionnel, chargeur, documents, … mon sac à dos pesait 14 kg. Si la charge est acceptable pour un petit trajet, on déchante vite lorsqu’il faut prendre les transports, monter des escaliers, attendre debout … J’étais partie sur la route du « voyager léger » !

D’autres éléments m’ont aidée lors de cette préparation : mon coup de foudre pour les cosmétiques solides, dont je vous reparle plus bas, et mon but ultime – pas encore garanti à l’heure où j’écris cet article ! – pouvoir mettre mon sac en cabine. Pourquoi ? Mon itinéraire étant plutôt chargé par moments, j’aimerais éviter que mon sac se retrouve à Katmandou quand je serai à Santiago ! Je préfère avoir un petit sac supplémentaire en soute où je mettrai couteau, briquets et éventuels liquides et garder l’essentiel sur moi. Mais la hauteur maximale du bagage peut poser problème pour certaines compagnies, donc pour l’instant je me focalise surtout sur l’aspect majeur du randonneur : le poids !

Première étape : lister tout ce dont on a besoin

DSC_0877

Cela peut se faire en regardant ce que l’on va faire de notre voyage et ce dont on va avoir besoin pour y arriver. Morceaux choisis dans mon cas :

  • randonnée, camping en Amérique du Nord : tente, sac de couchage, matelas, housse étanche, matos de camping, habits chauds pour la nuit …
  •  plage en Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Thaïlande … : masque ou lunettes, tuba, maillot de bain, lunettes de soleil …
  • festival Burning Man au Nevada : un tas de trucs dont je vous parlerai dans un prochain article !
  • se battre contre les moustiques sur une grande partie du parcours
  • attendre de longues heures dans les aéroports, avions : liseuse pour ma part !
  • prendre des photos et vidéos : appareil photo ou caméra
  • rester en contact avec mes proches : tablette ou PC
  • s’habiller, se laver, être un minimum présentable … : fringues, cosmétiques, serviette …
  • survivre en cas de maux divers : quelques médicaments, pansements …
  • faire du sport (course à pied et fitness pour moi) : baskets, tenue de sport, brassard pour mettre le téléphone en courant …
  • visiter des villes : baskets confortables, petit sac, gourde …

Faites une liste complète qui comporterait le maximum d’idées pour être sûr de ne rien oublier, on verra comment les trier après !

Deuxième étape : voir si vous pouvez vous passer de certains objets une partie du voyage.

Quelques exemples :
Il me faut une tente sur la première moitié de mon voyage uniquement (itinéraire ici) : Amérique du Nord et Océanie. Arrivée en Asie, je n’aurai plus besoin de la totalité de mon matériel de camping, que je pourrai globalement revendre/donner ou, pour les objets vraiment importants, renvoyer chez moi.

Idem pour le masque et le tuba qui ne me seront pas très utiles en Amérique du Nord : je peux les donner à un ami qui me rejoint en Polynésie.

Pour les médicaments, pareil : inutile de porter 500 grammes de médicaments sur soi en permanence. Avoir de quoi pallier une urgence (paracétamol, lopéramide, antibiotiques …) dans un sac zippé, et les racheter en cas d’utilisation, permet d’économiser de nombreux grammes sur le dos.

Troisième étape : faire la liste complète de ce que vous allez porter au moment où vous serez le plus chargé.

Dans mon cas, il s’agit de l’Amérique du Nord où j’aurai tout mon matériel de camping sur moi (hop 2,7 kg !). Et c’est parti, on liste tout même ce qui pèse quelques grammes. Mettez tout ça dans un tableau et accompagnez-les du poids correspondant. Alors, verdict ?

On conseille maximum 20 % de votre poids pour le poids d’un sac de rando, ce qui ferait 11 kg pour moi. J’estime que c’est trop et je vise entre 8 et 9 kg pour le poids du sac. C’est déjà beaucoup à porter pour une randonnée, mais correct, surtout en considérant qu’à la moitié de mon voyage je me délesterai de 2,7 kgs bien sentis !

_DSC0081.JPG

Et je serai légère comme une plume ! (Modèle : Elodie)

L’étape suivante est d’examiner chaque ligne que vous avez écrite en vous demandant :
– si vous ne pourriez pas vous passer de cet objet :
Le « au cas où »/ »ça peut servir » est globalement à bannir si vous ne voulez pas vous retrouver avec 15 kgs sur le dos !
– si pour l’utilité de l’objet, vous avez pris l’option la plus légère :
Je ne me voyais pas du tout investir dans un nouvel appareil photo alors que je suis satisfaite du mien. Et là, il passe sur la balance : 645 grammes avec la housse ! A moins de le mettre au régime, je voyais mal comment ne pas opter pour un appareil plus léger, ou carrément une autre solution comme une GoPro qui pèse moins de 100 grammes.
– si, pour l’utilité de l’objet, vous avez pris l’option la moins volumineuse : il n’y a pas que le poids à considérer, je pense notamment aux matelas de camping qui peuvent être légers mais prendre beaucoup de place ! Le volume est également un critère important pour le choix de la tente.
– si vous n’avez rien en double : deux tee shirts identiques ? Une brosse à dents de rechange ? Vous préférez les porter pendant tout le voyage ou en acheter un sur place quand l’occasion se présentera ? Et à moins d’aller en pleine nature, elle se présentera !
Pour vous aider dans cette étape, voici comment j’ai procédé :

Matériel de camping + sac

– La tente : je vous écrirai sûrement un article dédié, mais le but ici est de trouver la tente avec le meilleur compromis poids / volume / prix / solidité / confort pour vous ! Personnellement j’ai opté pour la Lightent Ferrino. 1,4 kg !
– Le sac de couchage : idem, les critères étant poids / volume / prix / chaleur. J’ai pour l’instant un Warmn’light 600 de Lafuma mais j’hésite à acheter un meilleur sac de couchage.
Le matelas : mêmes critères, je préférais autogonflant, j’hésite entre plusieurs modèle.
– Le sac : le poids est également un critère majeur, avec le volume utile, le prix et le confort de portage. Je m’oriente pour l’instant vers un sac Décathlon 40L mais verrai au moment où j’aurai choisi tout le reste du matériel.

Matériel électronique

Idéalement, je voulais faire de belles photos, avoir l’option vidéo, lire (beaucoup) (tout le temps), pouvoir écrire facilement à mes proches ou sur ce blog, et avoir un écran assez grand pour les moments de tri de photos, vidéos de sport voire films. Mais en chiffrant les grammes, aïe !

J’ai tout de suite écarté mon appareil photo de 650 grammes et pense pour l’instant prendre une caméra type GoPro, mon téléphone, une tablette et un clavier Bluetooth, et ma fidèle liseuse. Mais j’hésite encore vraiment à embarquer 735 grammes de tablette alors que mon téléphone pourrait suffire … Bref, je n’ai pas encore tranché sur ce point, je reviendrai quand j’aurai le verdict !

Pesez également les étuis séparément, cela peut vous aider à constater que certains étuis sont un peu lourds ! Pour ma part j’ai remplacé l’étui de ma liseuse par une simple pochette en tissu qui pesait presque 50 grammes de moins.

Vêtements

Pour les vêtements, c’est surtout le nombre qui pèse quand vous partez en voyage. Un tee-shirt en coton ou en synthétique représente plus ou moins le même poids, en revanche emporter 3 tee-shirts supplémentaires aura un impact considérable sur votre total ! La solution est donc de prendre le minimum, de faire beaucoup de lessive – au savon, ça pèse moins lourd – et de racheter des vêtements quand le tee shirt commence à être un peu trop délavé.

Dans le cadre d’un voyage incluant de la randonnée, de nombreuses possibilités s’offrent à vous en matière de choix de vêtements : coton, synthétique classique, synthétique optimisé en termes de régulation thermique … L’article de Randonnée Passion sur le sujet vous renseignera mieux que moi  .
Minute Végane : L’article montre globalement que la laine n’est pas obligatoire en randonnée, et qu’on fabrique aujourd’hui des synthétiques aux propriétés similaires à la laine mérinos souvent prisée par les randonneurs (léger, antibactérien…)

Hygiène, cosmétiques …

Je pense qu’ici, une simple photo peut faire beaucoup :

IMG_20170501_191639

A gauche : déodorant, savon, shampooing , dentifrice /éponge de konjac, lingette nettoyante/démaquillante lavable, cup menstruelle. Poids total : 167 grammes
A droite : déo, gel douche, shampooing, dentifrice/serviettes hygiéniques, coton, gant de toilette. Poids total : 370 grammes (et si les bouteilles étaient pleines ce serait plutôt 500!)

Tant au niveau du poids que de la place perdue – et on en parle des bouteilles qui fuient ? -, je pense que la partie gauche gagne haut la main ! En outre, je pense que ces quantités couvriront 6 mois de voyage (savon mis à part)  car j’utilise les cosmétiques solides depuis Noël et ils ont très peu diminué de volume. Ce qui n’est clairement pas le cas de la partie droite, en particulier des serviettes et cotons qui sont à usage unique.

Et niveau impact environnemental, entre le plastique de l’emballage et l’huile de palme utilisée pour obtenir les sulfates (présents dans quasi tous les gels douches, lotions, shampooings liquides) … disons qu’on est fier de passer au solide !

Pour les femmes, la cup menstruelle permet également une économie importante de place, poids, et impact sur la planète (si on pense au nombre de serviettes/tampons utilisés dans une vie…).  A noter que pour les femmes ayant du mal avec la cup (j’en ai fait partie avant de sauter le pas !) il existe une autre option : les serviettes hygiéniques réutilisables (comme les Plim), qui ont un poids et encombrement similaires !

Pour ma part, j’ai acheté mes produits (sur la photo : toute la partie de gauche sauf le savon et la cup) chez Lamazuna qui propose des produits bio, faits en France et non testés sur des animaux.

Histoire d’être objective (ou presque…), je dois quand même préciser que les produits solides sont différents des produits liquides, inutile donc d’attendre un effet identique. J’ai une amie qui m’a dit trouver peu efficace le déo solide. Personnellement, c’est avec le dentifrice solide que j’ai eu un peu de mal : la sensation est vraiment complètement différente du dentifrice en pâte (on a l’impression de se brosser les dents à l’eau parfumée à la menthe !), ce n’est pas désagréable et l’effet y est, mais nécessite un certain temps d’adaptation. D’autre part, il faut aussi prévoir un petit sac de congélation pour éviter qu’ils s’effritent au contact d’autres objets (brosse à cheveux… oui c’est du vécu).

Verdict ?

Et voici enfin mon tableau : Je suis actuellement au score honorable de 8,655 kgs !
Sachant que j’avais pas mal de besoins (matériel de camping/électronique, sport …), je pense que ce total peut être largement amélioré. Je réfléchis aussi à d’autres options comme un chargeur solaire… mais globalement je resterai sous la barre des 9 kgs, ce qui est déjà très bien !

Bien sûr, dans le cas d’une randonnée, les 3/4 de ce tableau seront inutiles et j’essaierai de laisser cela en auberge. Par contre il faudra rajouter le poids de l’eau et de la nourriture … Mais l’idée est d’avoir un sac le plus léger possible à tout moment !

 

     
Catégorie Objet Poids Peut varier ?
Electronique Portable + étui 158
  Tablette + étui 735  
  Clavier 417  
  Chargeur 40  
  Ecouteurs 15  
  Liseuse + étui 198  
  Caméra + accessoires 250 x
Hygiène Shampooing solide  60  
  Déo solide  30  
  Brosse à dents 17  
  Dentifrice solide 20  
  Peigne 30  
  Brosse 52  
  Lingettes démaquillantes 2  
  Oriculi (nettoyeur oreilles) 10  
  Savon multifonction 140  
  Crème solaire 100 x
  Anti moustique 100 x
  Spray douleurs musculaires 30  
  Baume du tigre 50  
  Cup 14  
  Lime à ongles 6  
  Mascara 20  
  Sac congel 10  
  Baume à lèvre maison 20  
  Eponge konjac 5  
  Sac en tissu pour trousse de toilette, linge sale, balade à la journée
30  
Accessoires Echarpe 100 x
  Lunettes de soleil + étui 47  
  Gourde
83  
  K Way 134  
  Couteau 30  
  Briquet 13  
  Kit timbale couverts 225 x
  Serviette microfibre 123  
  Frontale 85 x
  Tongs 283  
  Réchaud canette 10 x
  Cadenas 100 x
Vêtements Culottes 50  
  Short 170  
  T shirt 100  
  Pull 157  
  Polaire 330 x
  Chaussettes 100  
Affaires de sport Legging 100  
  Débardeur synthétique 100  
  Brassière 82  
Plage Maillot 140  
Camping Tente 1370  
  Sac de couchage 615  
  Matelas autogonflant 480 x
  Couverture de survie 50  
  Housse étanche pour sac à dos 40 x
Papiers Passeport + pochette + photocopies papiers 260  
  Stylo 10  
Sac Sac 640 x
Médicaments Quelques médicaments 50  
  Vitamine B12 102

Non comptés : pantalon, baskets, montre que j’aurai sur moi.

Cette liste risque d’évoluer un peu, je viendrai régulièrement donner des nouvelles de ma future maison !

J’ai eu une aide précieuse de cet article du site tourdumondiste.com même s’il est beaucoup plus minimaliste que moi, et de celui-ci de la voyageuse sportive Caro Hardy !

Préparer son tour du monde : itinéraire, budget, billets d’avion …

La ora na ! (Bonjour en Polynésie)
Non je ne vous ai pas oubliés, j’ai juste été prise dans un tourbillon d’évènements, comprenant notamment des étapes de préparation du tour du monde, ce qui a plus ou moins causé ce retard impardonnable ! Pour me rattraper, je vous présente cet article très dense sur la préparation de mon tour du monde dans le détail.
Il exclut la partie « achat de matériel » car je souhaite voyager avec 9 kg sur le dos maximum et ai beaucoup de choses à dire sur le sujet : c’est ici que ça se passe !
Installez-vous confortablement, et c’est parti, je vous emmène !

Etape 1 : choix de l’itinéraire ou du budget.

(Pour moi : plus d’un an avant le départ)

DSC_0262

Comme point de départ au voyage, vous avez globalement deux possibilités :
– vous voulez faire le tour du monde / un grand voyage mais sans préférence de destination par contre vous avez une contrainte sur le budget
– ou alors, vous avez de grandes préférences sur l’itinéraire, quitte à avoir un budget important (ou vous venez de gagner au loto).

Pour le premier cas, si vous avez une contrainte sur le budget, il convient de choisir des pays en fonction du coût de la vie sur place. Une semaine aux USA ou en Thaïlande n’aura pas le même impact sur votre compte bancaire. Je vous en parle dans l’étape 2 !

Je me trouve dans le deuxième cas car j’avais beaucoup de souhaits à intégrer à mon voyage :
– faire le festival Burning Man aux Etats-Unis
– faire un road trip aux Etats-Unis et/ou au Canada
– Aller en Polynésie et sur l’île de Pâques
– faire le tour complet
– aller sur les cinq continents (pas en Antarctique hein!)
– et quelques autres, je vous livrerai la liste complète dans un prochain article !

Ce qui m’a menée à définir un itinéraire précis, quitte à atteindre un budget conséquent et à attendre plusieurs années avant de pouvoir faire le tour du monde. Ce qui m’amène à l’étape 2 : déterminer quelle somme réunir !

Etape 2 : calculer le budget prévisionnel

(Pour moi : plus d’un an avant le départ)

dscf3234

J’avais calculé un premier budget tout au début de ma préparation du tour du monde (j’ai choisi l’itinéraire en 2011 !)

J’y avais inclus :

  •   les billets d’avion sur la base d’une estimation :
    Après m’être baladée sur de nombreux sites d’agences de voyage spécialisées « tour du monde », j’ai estimé 5500€ pour le total de mes billets d’avion.
  •  le coût d’un jour dans chaque pays :
    J’avais compté le nombre de jours passés dans chaque pays que j’ai multiplié par le coût moyen d’un jour : 50 € (USA, Canada, Polynésie, Chili, Nouvelle Calédonie, Tanzanie, ..) ou 25 € (Indonésie, Thaïlande, ..). J’avais trouvé ces chiffres dans le tableau de préparation fourni par le site Connaisseurs du voyage, qui me convenaient car je comptais loger au maximum en camping/couchsurfing.
    J’ai donc estimé 6000€ au total à l’époque.
  • et une marge de 1000 €
    pour les coûts annexes (assurance, frais bancaires, activités spéciales). Je ne comptais pas le Burning Man car à l’époque je le voyais comme un rêve inaccessible !

On aboutit donc à 12 500 € que je me suis ensuite appliquée à réunir entre 2011 et 2017 !

Etape 3 : acheter les billets d’avion (ou pas !)

(Pour moi : 8 mois avant le départ)

DSC_0598

Il y a plusieurs options selon vos souhaits de voyage :
– acheter des vols secs un par un, en avance ou au fur et à mesure du voyage
– avoir recours à une agence spécialisée pour acheter d’un coup tous les billets d’avion
– utiliser un « billet pass tour du monde » (proposé par les alliances OneWorld et Star Alliance, peu coûteux mais avec des contraintes sur l’itinéraire)
Il faut savoir que certaines agences proposent des billets « Tour du monde » sous la forme d’un forfait où les destinations sont déjà définies, cela peut être pratique pour limiter le budget. C’est le cas par exemple de Connaisseurs du voyage.
De mon côté, j’ai opté pour la 2e solution parce que c’était plus simple à gérer et cela pouvait notamment comporter la possibilité de décaler gratuitement mes vols, ce qui me semblait primordial pour mon voyage. Du point de vue du coût, j’aboutis à 8 centimes le km sur mon itinéraire, ce qui est similaire voire inférieur au prix des mêmes vols secs seuls, et inférieur au prix « pass tour du monde » des alliances OneWorld et Star Alliance pour l’itinéraire que j’avais choisi.

J’ai fait des demandes de devis sur les sites de 3 agences ; je leur ai précisé mon itinéraire ainsi que mon souhait de pouvoir décaler gratuitement mes vols (souvent le cas sur les billets tour du monde).
Voici mon retour d’expérience :

  •  Zip World : réponse une semaine après la demande, budget total : 4400 €, possibilité de décaler gratuitement tous les vols sauf un
  •  Connaisseurs du Voyage : réponse 10 jours après la demande, budget total : 5400 €, possibilité de décaler gratuitement tous les vols sauf un
  • Travel Nation : il y a visiblement eu un loupé car ma demande a été traitée beaucoup plus tard que les deux précédents.

Verdict : j’ai choisi Zip World et j’en suis très contente, j’y ai également eu recours pour souscrire à une assurance (même interface que pour les vols) et aux visas électroniques (ils nous filent un coup de main !). Le site fonctionne un peu comme une conversation par SMS : pour faire une modification (sur les vols ou autre) vous pouvez leur envoyer un message et vous êtes alerté dès qu’ils ont répondu.

Etape 4 : La paperasse !

(Pour moi : 4/5 mois avant le départ)

dscf1091.jpg

Une fois les billets choisis, place aux réjouissances que sont :

  •  renouveller le passeport si besoin
    (c’était mon cas, l’ancien était trop rempli !)
  • obtenir les visas nécessaires :
    dans mon cas, deux visas s’obtiennent directement à l’aéroport (Indonésie, Tanzanie), deux visas électroniques sont à faire par internet (USA/Australie), les autres pays ne demandent pas de visa !
  •  faire les vaccins/traitements (paludisme ..) nécessaires :
    c’est en cours de mon côté sachant que j’ai de nombreux vaccins à mon actif !
    Minute végane : penser à prendre sa supplémentation en B12 😉
  • souscrire à une assurance voyage :
    de mon côté, ayant payé mon voyage avec une Visa Premier, j’ai trois mois d’assurance incluse ; pour la suite j’ai souscrit à Globe Partner d’ACS après avoir consulté le comparatif du site tourdumondiste.com (une vraie mine d’or !)
  • souscrire à un compte en banque supplémentaire si besoin : je vous en causerai dans un futur article, car je ne suis pas encore fixée à ce sujet !
  • demander son permis de conduire international si besoin
  • scanner ses papiers d’identité / billets d’avion et les stocker en ligne
  • faire les formalités liés à son départ de France : trouver que faire de son logement, demander un congé ou quitter son job, réexpédier son courrier, résilier les différents contrats (téléphone, électricité, transports…)
  • et enfin, informer ma banque de chaque pays que je visite un mois à l’avance pour qu’ils ne me bloquent pas ma carte.

Pour ce qui est du travail, voici les différentes possibilités :

  • demander un congé sabbatique :
    c’est possible si vous avez 3 ans d’ancienneté dans l’entreprise, 6 ans d’ancienneté totale, que vous n’avez pas bénéficié de congé sabbatique/de formation/ de création d’entreprise les 6 années précédentes. Si vous ne remplissez pas les conditions, l’entreprise peut éventuellement vous l’accorder quand même, mais ce n’est pas garanti. Si vous les remplissez, dans une grande entreprise (>200 salariés), le congé sabbatique ne peut pas vous être refusé. Il peut être reporté en revanche (plus d’info sur cette page)
  • demander un congé sans solde :
    beaucoup moins cadré par la loi, il peut être refusé par l’employeur. (Ce qui a été mon cas !)
  • démissionner : c’est donc ce que j’ai fait ! A noter qu’il est largement préférable de négocier une rupture conventionnelle, plus avantageuse pour vous financièrement car vous bénéficiez d’une allocation de l’employeur.

Etape 5 : réserver des logements, activités, transports …

(Pour moi : 3/4 mois avant le départ)

Kenya (148)
Une fois tout cela fait, on peut souffler un grand coup ! Et regarder la question du logement et du transport.
Mon but est de voyager le moins cher possible. Et bien sûr, selon les destinations, cela implique d’être un minimum prévoyant. Le last minute ne marche pas avec les hôtels/auberges et les transports, c’est plutôt le contraire ! Les auberges/bus bon marché sont en général réservés à l’avance et cela implique qu’ils risquent d’être pleins si vous vous y prenez trop tard. Idem pour la location de voitures aux Etats-Unis ou au Canada.
Pour les transports :

Cela se traduit pour moi par la réservation d’un vol low cost Kuala Lumpur/Chiang Mai, ainsi que l’achat du Pass Air Tahiti pour visiter la Polynésie. Le reste viendra plus tard !
Pour les logements :

Ici en revanche je suis très prévoyante ! Je compte privilégier :

  •  les couchsurfings : ce type d’hébergement bien connu des baroudeurs se fait gratuitement et chez l’habitant. En contrepartie, il faut respecter un minimum son hôte et éviter de le considérer comme un hôtel : petit cadeau, cuisiner un bon repas chez lui (mon option préférée quand on voyage léger !), faire une balade avec lui … au minimum passer du temps avec lui s’il vous semble intéressé et disponible !
  •  les campings : est-il besoin de préciser pourquoi ? Pas cher, dans la nature, libre, … 🙂
  • les auberges de jeunesse : notamment en Asie, très peu chères et permettent de rencontrer d’autres backpackers ! Dans les pays type USA/Canada, les tarifs piquent un peu.
  • les logements payants chez l’habitant type Airbnb : aussi sympa que Couchsurfing, mais plus fiable généralement. Payant, mais souvent un bien meilleur plan que l’hôtel voire l’auberge (dans les grandes villes des USA ou au Japon par exemple).

Il faut toutefois faire attention ! Couchsurfing étant gratuit, je me suis déjà fait lâcher le jour même … et là bonjour la nuit en auberge en dernière minute. Du coup ma solution est de réserver des logements à annulation gratuite sur le site Booking.com et de les annuler dès que je suis sûre de mon couchsurfing. Pas terrible comme solution c’est vrai, mais je préfère ça à dormir dehors !

Et enfin, au sujet des activités, je vous en parlerai au long de ma préparation, la seule chose que je fais pour l’instant est de passer mon PADI !

Etape 6 : acheter le matériel

(Pour moi : 3 mois avant)
On se retrouve sur cet article pour savoir quel matériel j’ai choisi afin de faire mon tour du monde avec moins de 9 kg sur le dos !

 

Alors, qui plaque tout et me rejoint ?

Etre végane au supermarché

Entre le récit de mes pérégrinations chinoises et brésiliennes, j’ai eu l’idée de m’aventurer dans un territoire encore plus mystérieux et rebutant …

Le SUPERMARCHE.

Véritable monde parallèle où la nourriture pousse dans du plastique … Je plaisante. Mais j’avais très envie d’écrire cet article pour plusieurs raisons :

1. Pour faciliter aux véganes/végétariennes/etc débutantes (ou pas) leurs courses en supermarché
2. Pour vous permettre d’expliquer à vos proches ce qu’ils peuvent vous acheter sans risque, en particulier s’ils ne sont pas familiers du concept (grand-mères, …)

Si c’est votre cas, voici une petite intro explicative : Une personne végane est une personne qui ne consomme pas de produits d’origine animale. Cela veut dire : viande, poisson, crustacés/ »fruits » de mer, gélatine animale, oeufs, lait (vache ou chèvre), et donc leurs dérivés comme le foie gras, le fromage, les yaourts.

Toutefois j’aimerais préciser certaines choses, car vu la tendance marketing actuelle « healthy green sans gluten », on a tendance à tout mélanger ;), une personne végane :
– ne mange pas forcément bio
– ne mange pas forcément sain/light (vous avez le droit de lui faire des frites, à moins qu’i.el.le vous précise le contraire)
– ne mange pas forcément uniquement des produits naturels (personnellement j’aime beaucoup les Dragibus !)
– ne mange pas forcément que des légumes 😉
– ne bannit pas forcément le gluten, les OGM, le sucre … de son alimentation.

Evidemment, il y a des véganes qui mangent bio, sain, sans gluten etc… N’hésitez pas à leur demander si vous avez un doute. Personnellement, je fais partie des véganes que je qualifierais de « classiques » : je ne mange ni 100% bio, ni toujours très sain (mais j’essaie), ni sans gluten, et je ne vois aucun mal à manger des frites de temps en temps.

Si cela vous semble évident, tant mieux ! Personnellement, je ne compte plus le nombre de fois où on m’a demandé si « les chips étaient autorisés », si je mangeais sans gluten (jamais sans ma baguette tradition !) … j’ai également une amie végane qui a passé un repas de famille à se nourrir de ratatouille parce que son hôte s’était dit végétarien -> légumes -> ratatouille, sans riz ni rien donc ! de mon côté j’ai aussi vécu un beau « je suis végétarienne – cool j’adore les légumes!! ».

En revanche, se passer d’ingrédients animaux n’est pas chose aisée, en particulier au supermarché où 99% des produits préparés industriellement contiennent du lait ou des oeufs. D’où cette petite liste qui, je l’espère, pourra vous faciliter la vie si vous avez la flemme de lire les étiquettes de tout ce que vous achetez, même si les produits animaux (lait, oeufs) sont écrits en gras car allergènes, et ce que vous soyez végane aguerri.e ou débutant.e car c’est toujours pratique. Et en grande gourmande que je suis, on va commencer par les gâteaux !

Vous serez certainement heureux.se.s d’apprendre que les produits suivants sont véganes :
– les Oréo classiques* (l’astérisque signifie la présence d’huile de palme, voir précisions en fin d’article),
– les cookies Granola de Lu*
– les Belvita Tartiné Choco Noisette*. Oui, je suis comme ça, je balance mes meilleures cartes tout de suite.
– les spéculos (en tout cas ceux de la marque Lotus*, pour les autres il faut vérifier les ingrédients, les Bastogne ne le sont pas). A nous les crumbles et verrines !
– les gâteaux Figolu*
– les gâteaux de la marque Céréal (anciennement Céréal Bio) suivants : Sablés sésame et pavot, sablés bio chocolat noir intense*, palets de céréales à l’avoine, « Les petits dej croustillants – Amaranthe et chocolat » (mon coup de coeur!)
– les gâteaux de la marque Jardin Bio suivants : Gaufrettes chocolat noisettes, Gaufrettes citron, Pain d’épices au sirop d’agave
– le pop corn micro-ondable Menguy’s*
– le chocolat noir (mais vérifier dans la liste des ingrédients, dans certaines marques il y a du beurre ou du lait, par exemple le Côte d’or contient du beurre), y compris certains chocolats noirs aux amandes, noisettes ou quinoa soufflé
– les bonbons Haribo suivants : Dragibus, Dragibus Soft, Dragibus Bi Cool, Fraizibus, Starmint, Bouteilles Cola mistral, Langues acides, Pasta Frutta, Acidofilo, Carensac, Pain Zan, Zanoïd
– les bonbons Les Rigobio « Sbulinours » et « Sbulifruits »
– les galettes de céréales – type galette de riz – nature et au chocolat noir

img_20170107_182927

Crumble aux pommes et spéculos Lotus

Je cite des marques mais cela doit être similaire pour les autres marques de supermarché : regardez quand même les ingrédients en cas de doute.

Continuons sur notre lancée sucrée :
– toutes les confitures et compotes (je précise, on ne sait jamais…), la pâte à tartiner aux spéculos Lotus* ainsi que certaines pâtes à tartiner chocolatées comme par exemple la marque Nocciolata sans lait (d’ailleurs elle est divine !) et bien sûr la crème de marrons !
– les céréales pour petit déjeuner en général (la marque Jordans par exemple sauf le muesli au chocolat au lait, mais certains mueslis de la marque contiennent de l’huile de palme) à moins qu’elles contiennent du chocolat blanc ou au lait
– les biscottes, pains grillés, pains … sont globalement végétaux à moins de comporter la mention « brioché » (ou « pain au lait »…): vérifiez les ingrédients en cas de doute.
– le cacao en poudre, même le sucré type Nesquick, sauf le Banania qui contient du miel, non consommé par les végétaliens

img_20170214_141846

Pêche végane et sans huile de palme au supermarché

Au rayon frais :
– les yaourts à base de soja
– certains riz au lait de coco comme la marque The Coconut Lab et le « risotto au lait de coco » Mamie Nova
– les margarines « St Hubert Bio »* et « St Hubert végétal »* – en général les autres contiennent du lait.
– les pâtes feuilletées/brisées/sablées qui ne comportent pas la mention « au beurre » (à vérifier sur l’étiquette)*,les pâtes à pizza, les galettes de sarrasin (vérifier l’étiquette)
– les « hachés végétaux » (pour préparer une bolognaise) Sojasun, Céréal Bio
– les « steaks »/ »émincés »/ »nuggets » végétaux de la marque Sojasun, Céréal Bio. Les autres marques (Herta, Carrefour Veggie, Sojade …) proposent des produits végétaux mais certains contiennent des oeufs, dans le doute, l’étiquette vous renseignera. Ne pas se laisser avoir par l’emballage vert, le logo en forme de V et le nom qui fleure bon le végétal… 🙂

img_20170115_140132

Galette des rois, pâte feuilletée achetée en supermarché

Pour les produits frais, le houmous, le guacamole et les salades de légumes et céréales sont majoritairement végétaux, mais lisez la liste des ingrédients au cas où, il m’est déjà arrivé d’acheter du guacamole contenant du fromage blanc par erreur …

Bon, pour ce qui est des fruits, légumes et jus, on est d’accord, vous pouvez y aller ! A noter que dans légumes j’entends aussi légumes secs/légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges et blancs…), que je conseille fortement aux personnes débutant l’alimentation végétalienne car ils sont rassasiants et riches en protéines. Vous pouvez même faire des meringues avec, je vous en parlerai plus tard (le suspense est à son comble !)

Au niveau des féculents, ça va vous sembler bête si vous êtes végane aguerri.e, mais pour les autres : les féculents secs sont quasiment tous véganes ! (riz, céréales, semoules, pommes de terre, frites, gnocchi, pâtes non farcies, préparation pour purée – à préparer avec du lait végétal 😉 ) Je précise parce que j’ai réalisé compte que de nombreuses connaissances croyaient que les pâtes contenaient des oeufs. C’est le cas de certaines pâtes comme les pâtes fraîches, certaines lasagnes, les pâtes « alsaciennes » … mais le reste est globalement végétal.

Rayon snacks salés, au cas où vous devez offrir l’apéro à un.e végane :
– les chips (évitez les aromatisés au poulet, même si je ne suis pas persuadée qu’ils en contiennent, et ceux au fromage), les tortillas, les bretzels
– les fruits secs, noix de cajou, mélanges salés
– les olives (en évitant celles fourrées aux anchois), cornichons…

Pour la marque Jardin Bio, vous pouvez retrouver tous leurs produits véganes ici.

Petit mot sur l’huile de palme : je viens de passer un article entier à vous conseiller des produits dont certains à base d’huile de palme. Je ne vais pas vous expliquer ici pourquoi il faut limiter sa consommation. Malgré cela, l’huile de palme reste un produit d’origine non animale, et les produits que j’ai mentionnés dans cet article peuvent être utiles à des végétaliens en pleine transition pour ne pas se passer complètement de ses produits préférés.
D’autre part, je me dois de préciser que la déforestation pour l’élevage et la production de soja destiné à nourrir la viande (au moins industrielle) est tout aussi importante que celle due à l’huile de palme, si ce n’est plus : 5800 km² de forêt a disparu sur l’année 2014, une grande partie étant due à l’élevage (source ici) et à la culture de soja (bien que des accords aient été signés en 2016 pour diminuer la déforestation due au soja – source GreenpeaceEt si le destin des orang-outangs, tigres et rhinocéros de Sumatra est tragique, la déforestation en Amazonie menace des espèces en voie de disparition : 627 espèces animales en 2008 (source ici).
Autant dire que si je recommande de limiter très fortement l’huile de palme, dans cette liste qui visait à conseiller des produits de supermarché entièrement végétaux à des personnes s’intéressant au végétalisme, je n’ai pas hésité à donner le maximum de pistes. Et si vous cuisinez pour quelqu’un, il suffit de lui demander si i.el.le consomme de l’huile de palme.

Si c’est votre cas, les étiquettes des produits n’étant pas forcément claires, je vous recommande le site openfoodfacts.com, moteur de recherche pour vérifier en un clin d’œil si le produit contient de l’huile de palme ou peut en contenir. Néanmoins, passant par l’Indonésie dans le cadre de mon tour du monde, je reviendrai probablement vous parler de l’huile de palme et notamment de son utilisation dans les cosmétiques depuis que j’ai appris que tous les cosmétiques sous forme liquide contiendraient des dérivés d’huile de palme.

J’espère que cette petite liste vous sera utile, même si je ne pense pas vous avoir évité de décortiquer complètement les étiquettes… Elle peut en tout cas être rassurante pour un végétarien/lien en transition ou ses proches !

Prochaine étape : être végane au Brésil (cette fois c’est pour de bon !)

Etre végane en Chine

En attendant de vous mettre à jour sur le voyage (ne vous y trompez pas, je trépigne littéralement d’impatience dans ma tête), il me tenait à cœur de vous parler de mon expérience de végane en Chine, car :

  • c’est lors d’une mission de deux mois en Chine pour le travail que j’ai pris la décision de devenir végane
  • c’est l’un des pays où j’ai le plus embrassé ce mode de vie, une façon simple de se nourrir à base de fruits, légumes et riz, malgré un quotidien assez éprouvant (lever 6h tous les matins…)
  • c’est un pays particulièrement différent du nôtre, et « être végane en Chine » est beaucoup plus challenge qu’une bonne moitié des pays que j’ai choisis pour mon TDM.

Avant de débuter, j’aimerais insister sur le fait qu’il ne s’agit là que de mon expérience personnelle, pas d’une généralité immuable ! Je vais également aborder des aspects chinois plus culturels : malgré ma bonne connaissance du pays et de la famille sur place, cela ne fait pas de moi une experte sur le sujet, mais peut vous aider un peu à comprendre les locaux que vous rencontrerez.

Je suis donc partie trois fois en Chine pour des périodes de deux mois environ, au fin fond de la campagne du Guangdong. J’ai passé un peu de temps à Hong Kong pendant cette période, mais je l’aborderai dans un autre post car c’est complètement différent !

img_20151018_171909

Vous vous aventurez dans cette contrée à vos risques et périls

Mon voyage était pour le travail mais cela ne m’a pas empêchée de vivre dans le pays et de pouvoir en tirer quelques conseils.

La nourriture chinoise, de manière générale, va surprendre le Français qui a l’habitude de manger dans les restaurants chinois de France des nems (spécialité vietnamienne), samosas (spécialité indienne), plats en sauce qu’on ne retrouvera pas en Chine (indice : ils comportent zéro os ou arêtes), voire des sushis dans les plus cosmopolites ! En Chine, tout est très différent, les odeurs, les goûts, les aspects … même le riz : je le trouve bien meilleur qu’en France !
Par ailleurs, la nourriture a une dimension sociale, partagée : au restaurant il est très commun de partager les plats, et de nombreux restaurants proposent une table à plateau tournant pour que les convives puissent goûter à tout.
Du point de vue du végétarisme, aller au restaurant en Chine est compliqué. Le côté positif de ces grandes tables est que cela multiplie les chances d’avoir de quoi manger à table, surtout que de nombreux plats proposés sont végétariens voire végétaliens (à base de tofu ou légumes) : pas la majorité de la carte, mais assez pour être sûr de ne pas manger la même chose chaque jour. De plus, la manière de cuisiner est plutôt végé friendly, la majorité des plats étant élaborée à base d’ingrédients végétaux tels que de la sauce soja et de l’huile, mais mieux vaut demander pour en être certain.

img_20151024_134105

Commander des dim sum véganes : la fierté.

Le seul problème étant … de communiquer.
Peu de Chinois « ordinaires » (serveurs, employés …) parlent anglais, les cartes des restaurants sont généralement pas ou mal traduites à moins d’être dans un resto chic (et encore).
D’autre part, si vous parvenez à communiquer en anglais ou en chinois, attention : dans la culture chinoise, il est difficile d’admettre qu’on ne connaît pas la réponse ou qu’on n’a pas compris la question. Mieux vaut répondre par l’affirmative. Par exemple, si vous posez la question : « Pour aller au temple c’est à gauche ? – Oui – C’est à droite ? – Oui » Je suis sérieuse !
A ce moment-là, il vaut mieux ne pas hésiter à multiplier les questions pour essayer de capter la réponse, voire de demander à un autre interlocuteur.
Le mieux étant la communication écrite : je vous ai mis un petit mémo en fin d’article.

Croyez-moi, la communication écrite marche beaucoup mieux que l’oral : mes collègues et moi avons testé ça à plusieurs reprises dans les taxis, à essayer de prononcer de x manières différentes le nom du lieu où on allait (et je parle chinois!), par contre en montrant le nom écrit ça passait comme une lettre à la poste.

Revenons au véganisme.
Si certains plats sont végétariens et donc probablement végétaliens, ça ne veut pas non plus dire que la nourriture est globalement végé. On peut avoir cette image d’un pays bouddhiste donc végétarien. Or ce n’est pas le cas ! Comme les Français, les Chinois aiment beaucoup manger de la viande ou du poisson, même si c’est dans des quantités moindres que les Occidentaux. Vous risquez d’être nez à nez avec une tête de poisson ou des crabes vivants attachés au détour d’une rue, sans compter les odeurs. En particulier, dans les plats type nouilles ou riz, il est fréquent de trouver plein de petits morceaux de viande ou de poisson, difficiles à détecter avec un coup d’oeil rapide : faites attention, regardez bien ou renseignez-vous (le must étant d’être accompagné d’une personne bilingue…).

Quelle a été ma solution ? Tout simple : me nourrir au marché, à l’épicerie, au supermarché.
Lors d’une de mes missions, j’avais un appartement avec cuisine : là, c’était royal, je pouvais cuisiner fruits, légumes, haricots de soja, azukis … et riz pour mes repas. Les fruits et légumes étaient d’une grande variété dans ma région (le Guangdong, situé au Sud de la Chine) et les primeurs présents partout. Si cela est votre cas, vous allez vous économiser un maximum de soucis, néanmoins il y a quelques trucs à savoir :
– les ingrédients au supermarché (sel, épices, farines…) ne sont pas forcément traduits : prévoir une appli ou un dico pour faire les courses !
– au niveau des protéines, le tofu peut être … surprenant par rapport à celui qu’on connaît, j’ai eu l’impression qu’ils consommaient plus du tofu soyeux (d’ailleurs au restaurant les plats de tofu étaient souvent à base du tofu soyeux!). D’autre part les légumineuses ne sont pas les mêmes, et se font plus rares dans mon expérience, à part les azukis et haricots de soja j’ai eu du mal à trouver autre chose. Si vous partez en Chine pour une longue période, il faudra peut-être prévoir des lentilles ou une supplémentation en fer.
le « pain » en Chine est rarement vegan, c’est souvent de la brioche, même s’il ressemble trait pour trait à un pain au céréales…

Mes petits plats avec les moyens du bord : morceaux choisis.
Comment ça il y a des mangues dans tous les plats ? C’est faux.

J’ai aussi pu séjourner dans un hôtel, et là ce n’était pas du tout aussi simple.
Si je pouvais toujours acheter d’excellents fruits exotiques un peu partout, il n’en allait pas de même pour le reste de mon alimentation. En plus avec ma cantine pas très végé friendly, j’avais l’estomac dans les talons en arrivant le soir. Voici donc un résumé de ce que j’ai pu manger à ce moment-là :

  •  du riz cuit et chaud, en vente à emporter un peu partout
  •  du tonyu : lait de soja chaud (et « frais », en tout cas c’était excellent !) en vente à emporter dans certains fast-foods
  •  des noix diverses, des flocons d’avoine, du lait de soja acheté en supermarché
  •  des chips ou autres snacks apéros (vu que le reste de mon alimentation était pauvre en graisse …)
  •  des nouilles déshydratées (attention à vérifier qu’elles sont végé)
  •  des légumes crus coupés en bâtonnets
  •  et c’est à peu près tout ! Ce qui convient pour quelques jours, mais au long terme c’est assez compliqué et difficile à concilier avec une vie professionnelle ou étudiante, à moins de manger globalement frugivore.  Moralité : je vous conseille vraiment de privilégier les lieux avec cuisine type appartement ou auberge de jeunesse !

Avant de finir cette partie conseils pratiques, petite alerte sur le rapport aux animaux en Chine qui est un peu surprenant quand on n’a pas l’habitude. Selon les régions de Chine où vous irez, vous pourrez vous apercevoir que les Chinois mangent plus ou moins « de tout », du chien, des pattes de poulet pour ne citer qu’eux… Au restaurant, vos voisins sont tout à fait susceptibles d’avoir une tête de poisson sur la table, qui sera mangée comme le reste. J’y reviendrai plus bas mais disons qu’il faut parfois avoir le coeur bien accroché. Idem si vous vous égarez vers le rayon poisson ou viande du supermarché où tout est open air … Et je ne parle pas que de la nourriture mais aussi des chats errants particulièrement écorchés que vous pourrez croiser, ou autres animaux de compagnie.

Enfin, malgré ces points un peu délicats mais pas du tout propres à la Chine, je me suis sentie comme un poisson dans l’eau dans ce pays où manger du tofu est socialement acceptable 😉 et ai globalement mieux survécu au restaurant en Chine qu’en France (surtout quand j’étais accompagnée de bilingues, mon chinois n’étant pas assez au point…) Il y a un petit temps d’adaptation mais j’ai trouvé la culture plus vegan friendly de manière générale (consommation de peu de produits laitiers, et la viande et le poisson en quantités assez petites), malgré la taille assez hallucinante du rayon lait au supermarché (lait qui venait de Thaïlande …) En 2016, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les problèmes d’obésité et de diabète, la Chine a dévoilé un programme visant à réduire de 50% la consommation de viande. Vous imaginez la même chose en France ? Pas moi !

img_20151018_170014

Votre serviteure en mal de rizières inondées

Petit dico :

素 végétarien (en lettres « sù », se prononce « sou »)
viande (Ròu « jaou ») – 猪肉 viande de porc, poulet, …
poisson (yù « yu »)
我不吃 je ne mange pas… (Wǒ bù chī « wo bou tcheu »)
鸡蛋 d’oeuf (jīdàn « dji dane » -> je ne mange pas d’oeuf : Wǒ bù chī jīdàn )
牛奶 de lait de vache (niúnǎi « niou naï ») (si c’est le lait d’un autre animal, le deuxième caractère reste le même)
奶酪 de fromage (Nǎilào « naï lao »)
奶油 de beurre (năiyóu « naï yao »)

A bientôt pour de nouvelles aventures en Véganie,

Fox

Mon tour du monde vegan friendly

Bonjour à tous,

il me semble normal de commencer mon blog par une présentation de mon projet que j’ai pompeusement intitulé Grass For Pillow et dont le sous-titre pourrait être : Faire le tour du monde en étant végane et survivre 🙂

Je vais donc faire le tour du monde en 5 mois à partir de juillet 2017, car c’est mon rêve depuis une dizaine d’années. Petit projet embryonnaire au début, il a grandi, grandi dans ma tête pendant mes études secondaires et mes débuts en tant qu’ingénieur dans une grande entreprise. Et enfin, il est prêt à voler de ses propres ailes ! Entre temps, j’ai eu le temps de devenir végane, et de réaliser que j’avais envie de faire plus que voyager pour mon plaisir, que je voulais partager mon expérience, et être utile. J’ai donc eu l’idée de documenter mon tour du monde pour faire connaître un peu le véganisme et montrer qu’être végane en voyage, c’est possible !

DSCF2552.JPGAu Japon : petit plat, grande fierté d’avoir réussi à commander vegan 😉

Depuis que je suis végane (bientôt deux ans), j’ai eu l’occasion de voyager un peu en Europe et en Asie et j’ai constaté que selon le pays, cela pouvait être compliqué de se nourrir, mais jamais impossible. Chaque pays est à découvrir et à apprivoiser. Avant d’aller plus loin, voici quelques exemples de survie végane en milieu étranger :

– en Finlande : j’y ai passé deux semaines pour le travail, et comment dire … on est accueilli à l’aéroport par un panneau « venez déguster du burger de renne! ». Finalement, miracle : les supermarchés proposaient des produits véganes ! comme de la mozzarella végétale ou des yaourts de soja. Sans compter le fait que les Finnois parlent systématiquement anglais, j’ai fini par m’en sortir !

– au Japon : aaaah, les onigiri … assortis d’une vingtaine de minutes à essayer de détecter quelle boulette parmi le rayon de 20 sortes de boulettes de riz ne contenait que du riz. Là par contre, pas de traduction possible, il fallait avoir recours à la chance ! En anecdote un peu moins drôle, je n’ai pas mangé de ramen du voyage … et oui, ils contiennent systématiquement du porc là-bas, et je n’ai pas eu l’occasion ou le courage de demander une version végétarienne. Mais j’ai quand même énormément apprécié la nourriture japonaise (ah, le riz, les udon et les tempura de légumes!!)

– en Chine : j’y ai passé plusieurs mois pour le boulot et grâce aux marchés et super marchés locaux, ce furent deux mois à me nourrir de fruits, légumes, riz et tofu. Sans oublier de solides petits dej à base de lait de soja et de flocons d’avoine et baies de goji, dont les Chinois sont très friands. Et parmi mes meilleurs souvenirs culinaires : le tonyu, lait de soja chaud absolument à tomber, et les dim sum aux légumes !

dscf1176Dim sum, nouilles aux légumes, bon thé, à Hong Kong

Revenons à nos moutons (heureux et libres 🙂 ):  Je compte tenir ce blog pour vous raconter ma préparation du tour du monde ainsi que le tour du monde proprement dit : comment voyager en étant végane ? comment se nourrir dans un pays dont on ne parle pas la langue ? quelles spécialités du coin sont véganes ou véganisables ?  J’espère vous apporter mon expérience, des astuces et de belles histoires et photos.
Pour la petite anecdote c’est l’article d’Antigone XXI « Une semaine végane à Montréal » qui m’a poussée à communiquer sur mon futur tour du monde végane. En attendant que l’on ait « Le guide vert végane » – tiens c’est une idée ça, j’essaierai de documenter au maximum mes destinations pour pouvoir être utile aux voyageurs de passage soucieux des droits des animaux.

En parlant de programme, le voici :

– Juillet-Août : Canada et nord des USA
– Septembre : Île de Pâques, Polynésie et Nouvelle-Calédonie
– Octobre : Indonésie, Malaisie, Thaïlande
– Novembre : Tanzanie

J’ai choisi ces destinations pour plusieurs raisons, certaines parce qu’elles me rappellent des voyages inoubliables – les USA !, d’autres que j’ai toujours rêvé de voir – le Canada, l’Indonésie …, d’autres parce que je pense que je n’aurai plus l’occasion de les voir en dehors du tour du monde (îles du Pacifique).

Je prévois une durée de 5 mois pour des raisons financières. J’ai déjà réuni, depuis plusieurs années, mes économies pour me payer les billets d’avion et le coût de la vie dans ces pays.

Au sujet de l’avancement de mon projet, voici une page dédiée qui permettra de faire le point régulièrement !

A part réaliser ce rêve fou, ce projet me permettra également de me lancer dans le blogging végane friendly et de montrer qu’être végane même au bout du monde, c’est possible, et même génial !

img_20161201_174948

Votre humble serviteure prête à se passer de kale pendant 6 mois pour la bonne cause.

Qu’en dites-vous ?

Que vous évoquent ces destinations ?

Qui se lance pour le projet du Guide Vert Végane ?

Bien à vous 🙂

Fox